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Barenboïm et Ahmadinejad, même combat

Wagner fut un compositeur de premier rang  et un novateur en musique, mais ce n’est pas pour cette raison qu’Hitler l’avait choisi comme un des emblèmes du Troisième Reich. C’était également un écrivain qui avait théorisé l’antisémitisme post-chrétien au moyen d’écrits appelant à l’élimination des Juifs. Il leur reprochait notamment la décadence de la culture européenne, et avait appelé à la “déjudaïsation” de l’Allemagne bien avant l’avènement du nazisme. Son ouvrage  “Les Juifs dans la Musique” fut une contribution majeure à la rationalisation de l’antisémitisme moderne.

En juillet 2001 le chef d’orchestre Daniel Barenboïm s’apprêtait à donner un concert en Israël, mais face au tollé quant à son intention de jouer du Wagner il retira cette partie-là du programme. Le concert eut donc lieu, mais au bout de quelques rappels il demanda au public s’il désirait malgré tout entendre du Wagner. Il y eut de vifs échanges dans la salle, au bout desquels une partie du public en sortit la rage au cœur, ce qui n’empêcha pas Barenboïm d’entamer un extrait de “Tristan et Isolde”.

Même s’il est vrai qu’il faut dissocier l’art de l’artiste, Barenboïm aurait dû comprendre qu’il avait l’obligation morale de respecter l’ostracisme concernant Wagner en Israël, dès lors qu’il y avait encore des rescapés de la Shoah en vie.

L’argument  comme quoi ceux-ci n’étaient pas obligés d’assister à ses concerts ne tient pas, parce que les prestations de Barenboïm, enfant du pays, ne passent pas inaperçues. Il avait donc le droit de jouer du Wagner, mais aussi le devoir de ne pas choquer.

Edward Saïd était un intellectuel américain d’origine palestinienne qui s’est distingué toute sa vie par une hostilité obsessionnelle envers Israël. Ami de Barenboïm, il co-fonda avec lui un orchestre composé d’Arabes et d’Israéliens, avec pour vocation d’établir un pont entre jeunes musiciens  qui autrement n’auraient sans doute jamais eu l’occasion de se connaître. Initiative louable si elle n’avait pas été conçue avec pour objectif de discréditer Israël et d’attiser les passions au lieu de les réduire.

Un des évènements hautement symboliques de cet orchestre fut un concert devant un public palestinien en Cisjordanie. Mais Barenboïm, qui déclarait ne pas vouloir connoter politiquement son orchestre, aurait dû comprendre qu’il avait l’obligation morale de le faire jouer également devant des Juifs de ce même territoire. Finalement il s’avère que ceux-ci  n’y avaient pas droit du seul fait d’être juifs.

La République Islamique d’Iran est une théocratie qui ignore la liberté d’expression, réprime les opposants, pratique la torture, la lapidation, les amputations, discrimine les femmes et les minorités. Ce régime est en guerre ouverte contre Israël par le truchement du Hezbollah et du Hamas, organisations terroristes armées et financées dans le but explicite de rayer Israël de la carte.  Par ailleurs l’Iran est soupçonné par la communauté internationale de développer une arme nucléaire avec Israël pour cible.

La Chancelière d’Allemagne projette ces jours-ci une visite en Iran en vue d’un rapprochement diplomatique et économique entre les deux nations. Barenboïm s’apprête à être du voyage afin de célébrer cet évènement à la tête de l’orchestre de Berlin. Mais il devrait comprendre que se produire sous la bannière de l’Allemagne dans un Iran qui projette d’assassiner six millions de Juifs est un geste qu’il est probablement seul à ne pas en mesurer le poids symbolique.

Le comble c’est qu’aux dernières nouvelles ce sont les autorités iraniennes elles-mêmes qui récusent Barenboïm  parce qu’il est juif, ce qui a le mérite d’être cohérent, puisqu’il  fait  partie de ceux qui sont visés par cette nouvelle Shoah que le régime iranien appelle de ses vœux.

Mais Barenboïm a des atouts dans la vie : en plus d’être un immense musicien, il est à la fois citoyen d’honneur de la Palestine et citoyen de déshonneur d’Israël.

4 comments to Barenboïm et Ahmadinejad, même combat

  • gilbert farache

    La liste est longue des Juifs Israeliens ou non,egarés dans leur obsessionnelle auto flagellation.Ils la manifestent sous toutes formes d’actions ,de declarations,de livres ou de films.Les persecutions millenaires qui ont toujours concerné ces Juifs sans jamais les differencier de leurs coreligionnaires ne semblent pas les convaincre que nos persecuteurs feront aujourd’hui envers eux ce que nous avons subi collectivement depuis toujours.
    Peu importe cependant qu’ils persistent.Ils entretiennent notre vigilance et notre volonté de resister et de vaincre.Et à la fin leur souvenir disparaîtra dans les poubelles de notre histoire,parmi les ordures que furent
    ceux qui tentèrent de nous eliminer de Nabuchodonosor aux plus contemporains qui tentent de lui ressembler.

  • Cela ne plaira pas aux bien-pensants car c’est bien analysé et sans concessions à la mode qui trotte et enivre le camp du Bien dans sa naïveté.
    Merci Daniel.

  • Igal

    On n’est jamais mieux vendu que par ses frères.
    Barenboim fait de l’extra zèle en s’affichant autant anti israélien qu’antipathique.
    Il y a plus de 1,4 milliard de musulmans dans ce monde et majoritairement tous prônent la destruction du peuple juif, alors comment expliquer encore quelques juifs ou israéliens qui défendent leur cause de nous éliminer?? Une chose incompréhensible qui relate d’un problème psychique que les meilleurs psychiatres ne pourraient analyser ni comprendre.
    Pas d’autre choix on fera avec. Et on survivra.

  • Ephraïm

    Même après la Choa il existe des “alters-juifs ” coïncés dans une posture de kapos , collaborant avec les ennemis jurés des juifs .