Quand la presse se prend pour l’opposition

Les médias israéliens dans leur quasi-totalité cherchent à chasser Netanyahu du pouvoir en invoquant les enquêtes en cours à son sujet. L’argument de faiseurs d’opinion en tout genre consiste à avancer que le fait que le Premier Ministre soit sous investigation exige qu’il s’en aille parce qu’il n’est plus en mesure de remplir ses fonctions de manière adéquate.

Ses adversaires  savent qu’ils n’ont pas le  support populaire qu’il faudrait pour changer le régime au moyen d’un processus électoral. Faute de cela  ils font une chasse à l’homme et scrutent les recoins de sa vie publique et privée pour y trouver des éléments susceptibles de déclencher des enquêtes. Une fois ces enquêtes ouvertes ils organisent  un tapage autour de l’évènement pour forcer Netanyahu à se démettre.

Les chroniqueurs politiques hostiles à Netanyahu se défendent de commettre un lynchage médiatique en arguant qu’ils ne font qu’informer le public, ce qui est somme tout leur rôle. Mais la vérité est que la plupart de ces enquêtes sont déclenchées par ces mêmes chroniqueurs. Les médias qui les emploient servent ensuite de caisse de résonance au pouvoir judiciaire, qui de son côté ne semble pas trop soucieux du secret de l’instruction.

Le fait est que les fuites sont massives et relayées pratiquement en temps réel par la presse.  Il y a donc une dynamique entre médias et justice pour pousser Netanyahu à la démission sans qu’il ait été condamné ni même inculpé.

L’on peut admettre qu’un élu soit gêné dans l’accomplissement de ses fonctions lorsqu’il est l’objet d’une enquête. Mais un soupçon, une délation ou une diffamation ne peut en aucun cas l’obliger à s’effacer. Permettre cela serait substituer le règne des juges et de la presse à celui de la démocratie. Il serait trop facile pour n’importe qui de colporter n’importe quoi contre un élu qui lui déplait, quitte à ce qu’il y ait non-lieu en fin de compte.  En attendant les électeurs seraient privés de leur élu, et lui-même verrait son mandat révoqué sans raison.

L’offensive médiatique contre Netanyahu a atteint une ampleur qui défie le bon sens. Même quand ses opposants n’ont rien à lui reprocher ils demandent son départ quand une de ses relations a des démêlés avec la justice. Mieux : un membre du Parlement a récemment déclaré que Netanyahu devait être présumé coupable jusqu’à preuve de son innocence.

Ce vacarme médiatique ne fait probablement que renforcer Netanyahu dans l’opinion publique. Pour mémoire, lors des dernières élections la presse avait massivement voté contre lui, mais le peuple avait massivement voté contre la presse.   A bon entendeur salut.

6 comments to Quand la presse se prend pour l’opposition

  • BENICHOU

    Tu vas finir par nous faire croire que Bibi est un grand démocrate d’une probité sans faille. Il y a quand même de fortes présomptions et ce n’est pas la première fois qu’il est suspecté de malversations. Alors en effet quand on a affaire a quelqu’un de particulièrement roué et habile dans ses magouilles le rôle des média est peut être de forcer les choses et d’aider la justice. A vrai dire tous les citoyens savent que Bibi est corompu ce qui le sauve ce sont deux choses:
    – 1 Il est très habile
    – 2 Tout le monde sait que ses opposants ne valent guère mieux
    Mais,le coup de balai salvateur ne manquera pas de se produire car comme le dit la morale de la fable tant va la cruche a l’eau qu’elle casse.

  • Administrator

    A Alain:

    Mon propos ne consiste pas à défendre Netanyahu. Je n’ai d’ailleurs pas voté pour lui, mais pour Kahlon.

    Je suis sidéré à quel point les passions peuvent conduire à la faillite de la raison en politique. Je suis sidéré à quelle vitesse des gens à priori doués de bon sens sont prêts à renoncer à l’Etat de droit simplement parce que le résultats des élections ne leur plaisent pas.

    La raison, en l’occurrence, consiste à respecter la présomption d’innocence. C’est aussi simple que cela. Il est légitime de contester la politique d’un premier ministre, mais il n’est pas légitime d’exiger qu’il s’en aille sur base de soupçons. Si l’on admet que l’on peut destituer un leader politique sur base d’accusations d’une presse explicitement hostile alors c’en est fini de la démocratie, et c’est le début du règne de la délation, ce dont tout pouvoir judiciaire se délecte.

    Je ne conteste pas le droit de la presse d’investiguer ni de faire part de ses trouvailles. Je conteste leur revendication de démettre un homme politique sur base de leurs propres investigations et avant que la Justice n’ait tranché.

    Dire que tous « tous les citoyens savent que Bibi est corrompu » n’a strictement aucune valeur. C’est précisément cette attitude qui me semble dangereuse et qui relève du lynchage. De toutes manières les citoyens ne savent pas grand-chose, et la majorité d’entre eux soutiennent d’ailleurs Bibi, ce qui ne veut rien dire non plus.

    Encore une fois, la décence commande de respecter la présomption d’innocence, même si on n’est pas du bord de celui qui est accusé, ce qui est mon cas.

  • Chauchaud

    Je trouve anormal, ce lynchage mediatique de quelque bord soit il.
    Avant de dire que son chien a la rage, il faut faire des analyses.
    Maintenant que les accusateurs apportent les preuves, et cessent d’aboyer comme des roquets.
    De plus il semblerait que le sieur Obama continue son objectif de destruction, en voulant evincer tous les dirigeants qui ne sont pas sa ligne musulmane d’action.
    Alors ca suffit les bruits de chiotes, repandus par des fosses a merde que sont les medias, et la gauche associee a ceux ci.

  • Gyl

    A Benichou
    c’est avec des citoyens de ton genre que les tyrans prennent et gardent le pouvoir.Pour tuer son chien il suffirait de pretendre qu’il a la rage.Il est vrai que Natanyhou n’est pas le seul à subir les insanités d’une presse corrompue ,Trump face à des journaux et des TV payés par les Clinton et Soros,Fillon ,et tant d’autres victimes.Heureusement que notre premier ministre ne se laisse pas faire.Tu oublies que sans sa force de caractère,Obama nous aurait livrés pieds et poings liés à nos enemis.mais peut-être as tu été heureux de la capitulation avortée de Ehud Barak devant Arafat ,tout comme celle d’Olmert devant Abbas.
    D’un mal sort un bien: grace à des Juifs comme toi,nous restons aujourd’hui vigilants,contrairement à la generation de la shoah

  • Ephraïm

    A Gyl
    Rien à ajouter à ta réaction , claire et explicite !

  • alain leon

    a.absolument imperatif de respecter la presomption d’ innocence
    b.nous sommes presque tous convaincus qu’ il n’ y a pas d’ alternative pour Bibi

    ces tendances sanguinaires doivent cesser

    alain leon