Lettre ouverte à Christine Angot

La polémique autour du clash avec Sandrine Rousseau lors de leur l’émission « On n’est pas couché » a suscité un débat surréaliste. Beaucoup de spectateurs sont intervenus pour commenter les échanges, mais peu nombreux sont ceux qui ont essayé de comprendre la nature du clash lui-même.

Vous faites probablement partie des grands écrivains de notre époque. Vous l’êtes d’abord par votre style, et ensuite parce que vos textes ont le don de refléter le « Zeitgeist », l’air du temps. Vos livres sont comme des morceaux de musique : ils déclenchent une émotion sans que l’on puisse définir au juste pourquoi ni comment.

Mais voilà : vous, comme de nombreux autres écrivains, ne savez pas parler. Quand vous vous exprimez on a l’impression que votre vocabulaire est indigent, ce qui a pour effet que quand vous trouvez le mot ou l’expression qui vous semble juste vous l’asséner sans fin comme si cela pouvait aider à la compréhension.

France 2 a eu tort de vous avoir embauchée comme chroniqueuse. Vous passez mal, et même quand vous êtes intéressante cela a quelque chose de cryptique pour ceux qui ne connaissent pas votre œuvre.

Vous vous êtes comportée de manière détestable lors du clash. S’il s’était agi d’un débat à égalité entre protagonistes vous auriez aurait eu le droit de vous emporter, et même de vous en aller. Mais justement voilà : vous officiez en tant que chroniqueuse engagée pour mener une discussion avec des invités, que ceux-ci vous conviennent ou pas. Vous étiez en situation de pouvoir et en position dominante, ce qui vous permettait certes de dialoguer de manière musclée, mais en aucun cas n’aviez-vous le droit de d’intimer à votre invitée l’ordre de se taire, ni de lui hurler « je vous interdit de… ». Le public l’a bien compris, qui a trouvé opportun de vous huer, non pas en réaction à vos propos, mais bien à votre comportement. Vous n’avez pas supporté ce désaveu – pourtant mérité – et avez déserté le plateau, ce qui était un manquement à vos obligations professionnelles comme aux téléspectateurs.

Vous faites partie de ces écrivains qui ne savent rien faire d’autre qu’écrire, ce qui est à la fois tragique et magnifique. Assumez-le en méditant sur ces vers de « l’Albatros » :

Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher 

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