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Comprendre Gaza

L’arraisonnement du « Marmara » constitue un échec pour Israël. Ce pourrait être le résultat d’une erreur d’appréciation, où Tsahal aurait peut-être pu procéder à un arraisonnement en évitant à ses soldats de se retrouver acculés à la légitime défense. Ce qui s’est passé sur le « Marmara » est comparable à ce qui se passe quand un policier se fait agresser du seul fait qu’il représente l’ordre et se sert de son arme pour sauver sa peau. On peut penser que le policier en question dégaine trop vite, mais sur le fond de l’affaire, parmi les nations qui condamnent Israël, je pense qu’il n’y en pas une seule qui aurait laissé passer le « Maramar » sans en vérifier la cargaison.

C’est l’occasion de rappeler l’histoire récente de Gaza.

Israël a décidé de mettre fin à l’occupation de Gaza en aout 2005. Sur décision du gouvernement d’Ariel Sharon, l’armée à intimé l’ordre aux citoyens israéliens de quitter les lieux mêmes où beaucoup d’entre eux étaient nés. En novembre 2005 Israël a officiellement remis à l’Autorité palestinienne le contrôle de Rafiah, poste frontalier entre Gaza et l’Egypte. Tsahal s’est replié, marquant ainsi la fin de l’occupation.

La dignité avec laquelle s’est effectuée l’exode de milliers de familles israéliennes voyant leur passé et leur avenir s’effondrer sous leurs yeux fut poignante. Le panache avec lequel la nation s’est résignée à cette décision malgré des clivages idéologiques profonds est incontestable. C’est l’honneur d’Israël que ces femmes, hommes, soldats, ouvriers, policiers, agriculteurs, intellectuels athées ou rabbins érudits aient eu la sagesse de ne pas recourir à la violence autour d’une remise en question d’un terroir qu’Israël avait pourtant encouragé à mettre en valeur pendant des décennies. Malgré le désarroi de cette population expulsée par ses propres forces de l’ordre, c’est la raison d’Etat qui a prévalu. Le gouvernement d’alors su trouver les mots pour expliquer à son opinion publique qu’évacuer Gaza était un pas en avant, sinon vers la paix, du moins vers un apaisement.

Israël a donc, de sa propre initiative, quitté Gaza en pariant sur l’idée que ce serait pour les gazaouis un tournant historique qui leur permettrait de se développer et de prospérer. Au cours de réunions bilatérales précédant l’évacuation, des responsables palestiniens exprimèrent à leurs homologues israéliens leur soulagement de voir l’occupation prendre fin. Ils affirmèrent qu’on serait enfin en mesure de voir de quoi étaient capables les palestiniens. Ils assurèrent que Gaza s’avèrerait un « miracle économique », un « Singapour du Moyen Orient », un cas d’école pour le monde entier. Pour illustrer cette vision, des projets grandioses furent évoqués: réseau routier, port en eau profonde, centrale électrique, système d’égouts, aéroport, hôtels de tourisme, toutes ambitions auxquelles les places financières ne manqueraient pas de s’associer. (source : chronique de Dov Weisglass, journal israélien « Haaretz »)

On connaît la suite : le Hamas s’empare du pouvoir et installe à Gaza un régime impitoyable. Etant affilié aux « Frères Musulmans » l’idéologie du Hamas est plutôt la promotion de l’islamisme que du nationalisme. Pour ce faire, liquidation d’opposants, discrimination des femmes et règne généralisé de l’arbitraire. Ensuite, bombardements incessants du Sud d’Israël contre la population civile alors que personne ne doute, pas même le Hamas, qu’Israël a quitté Gaza avec la ferme intention de n’y plus jamais revenir.

Les israéliens et les égyptiens décrètent alors un blocus pour signifier au Hamas qu’il doit choisir entre la poursuite du terrorisme et la libre circulation des personnes et des marchandises. Laisser passer des cargaisons sans en vérifier le contenu apparaît comme impensable vis-à-vis des habitants de Sderot, de Beersheba ou d’Ashkelon qui après avoir été exposés pendant des années aux tirs du Hamas ne comprendraient pas qu’on le laisse se rééquiper à sa guise.

On assiste aujourd’hui à ce paradoxe qui fait qu’alors que certains affirment que la terreur et la misère sont l’effet de l’occupation, c’est le contraire qui se passe sur le terrain. La Cisjordanie connaît ces temps-ci une croissance économique sans précédent, or Gaza stagne sous la botte du Hamas qui l’empêche de prospérer en mettant l’éradication de l’Etat d’Israël comme priorité. On ne peut qu’en conclure que si le Hamas se rangeait aux côté de l’Autorité Palestinienne pour négocier avec Israël le principe de deux Etats pour deux peuples, alors le peuple palestinien tout entier accèderait à la fois à l’indépendance et à la prospérité. C’est ce que l’immense majorité des israéliens souhaitent.

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