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Israël ou la fatalité unilatérale

Yossi Beilin, personnalité émérite de la gauche israélienne et ex-ministre de la Justice, est maintenant retiré de la vie politique mais continue à s’exprimer publiquement à propos de la marche du pays. Il fut l’un des artisans des accords d’Oslo de 1993 censés déboucher sur un règlement du conflit israélo-palestinien, mais qui vingt ans plus tard piétinent.

Au cours d’un récent entretien télévisé avec l’éminent journaliste et intellectuel multidisciplinaire Emanuel Halperin, Yossi Beilin a évoqué les conditions dans lesquelles s’était fait le retrait israélien de Gaza en 2005. Il en avait approuvé le principe, mais estimé que le gouvernement de l’époque avait eu tort de le décréter de manière unilatérale, sans se concerter avec l’Autorité Palestinienne. Pour mémoire, peu après l’évacuation tragique de milliers de colons israéliens, le Hamas s’est emparé de Gaza et y a instauré un régime islamiste.

Mais en considérant l’Histoire depuis le rejet arabe du plan de partage suggéré par l’ONU en 1947, on s’aperçoit que chaque fois qu’Israël a été confronté à une impasse, la crise a été résolue au moyen d’un sursaut unilatéral consistant a poser un acte fort. Le premier de ceux-ci fut la déclaration d’indépendance elle-même, initiative qui en 1948  était loin de faire consensus.

Actuellement tous les sondages démontrent que l’opinion publique israélienne aspire à mettre un terme au conflit, et est disposé à en payer le prix. Cependant c’est sur la nature de ce prix que règne une certaine confusion. Si cela  consiste à renoncer à des territoires, alors une majorité d’israéliens y sont favorables. Mais s’il s’agit de renoncer à la sécurité, alors une majorité s’y oppose. Ce qui est déroutant, c’est  que les palestiniens eux-mêmes  semblent désirer un règlement, mais quand ils prennent conscience que cela implique un renoncement au rêve d’éliminer Israël ils éprouvent un blocage, et d’atermoiements en tergiversations ils s’éternisent dans le marasme.

Mais du côté israélien il y a des impératifs qui ne peuvent indéfiniment être différés parce que relevant de la nature même de l’Etat d’Israël , de son caractère juif et démocratique, et donc de sa survie. La question des frontières, le poids de l’occupation, l’hostilité du monde arabe, la pression internationale, tout cela pourrait finir par devenir intenable. Face à l’absence de volonté politique des palestiniens, il apparaît de plus en plus vraisemblable qu’Israël finira par prendre une décision unilatérale à portée historique.

Il n’est donc pas exclu que dans un avenir relativement proche, un gouvernement israélien décrète un retrait unilatéral de Cisjordanie le long de ce qui est aujourd’hui la Barrière de Séparation, ouvrage construit à l’origine pour faire barrage aux infiltrations terroristes. Ce tracé deviendrait alors la frontière définitive d’Israël en incluant la majorité des implantations juives, tout en maintenant une force de sécurité dans certains points sensibles en Cisjordanie.

Les palestiniens pourront considérer ce jour-là qu’ils auront gagné au plan politique.  Ils auront obtenu presque tout ce qu’ils exigeaient tout en pérennisant le contentieux. Ils pourront continuer à revendiquer la liquidation de l’Etat Juif et ambitionner de conquérir la terre d’Israël jusqu’à la fin des temps. Quant au futur Etat arabe de Palestine, on ne peut que spéculer sur que pourrait être sa nature, mais ce sera alors devenu l’affaire des seuls palestiniens.  Cependant on peut toujours espérer qu’ils préfèreront s’allier à Israël plutôt que de se laisser abuser par les sirènes du printemps arabe. L’opinion publique internationale et le monde arabo-musulman pourront difficilement reprocher à Israël de s’être retiré de Cisjordanie, même si les frontières ne seront pas celles qui auraient pu être établies  au moyen de négociations entre parties concernées.

Un retrait unilatéral de l’essentiel de la Cisjordanie n’est sans doute pas la meilleure des solutions, mais les prophètes d’Israël eux-mêmes n’ont jamais prédit que ce qui était susceptible d’arriver.

9 comments to Israël ou la fatalité unilatérale

  • kravi

    Bonjour Daniel,
    Pour une fois votre billet pourrait me laisser découragé. Si vous vous y mettez aussi, alors…
    Je ne peux me résoudre à cette résignation. L’hostilité du monde arabe ne cesserait que le jour où les israéliens leur laisseraient la place “du Jourdain à la mer”. Le précédent retrait unilatéral a montré les limites de sa pertinence dés la première roquette tirée de Gaza. Il y en a eu 15’000 supplémentaires sans que la pression internationale ne proteste.
    Il y a certainement d’autres actes forts similaires à la déclaration d’indépendance à poser. Comme vous le dites, l’initiative était loin de faire consensus. Une réappropriation des territoires de l’état juif ne plairait pas à tout le monde, c’est certain. Mais nous en avons vu bien d’autres.
    J’espère que l’état israélien ne suivra pas vos propos désabusés de ce jour. Quoi qu’il en soit, merci pour vos chroniques que je suis toujours avec plaisir.

    • Bonjour Kravi,

      J’ai souvent ce genre de réactions quand j’évoque un retrait unilatéral d’Israël. En réalité je ne pose pas là un souhait, mais une hypothèse de ce qui risque de se produire. Je pense qu’un gouvernement israélien pourrait décider de manière unilatérale ce qui de toutes façons a déjà été proposé aux palestiniens. Je n’ai pas d’ opinion à ce sujet parce que je ne suis pas sûr de me l’être déjà formulé à moi-même. De là la dernière phrase de ma chronique. Ce qu’il faut retenir de mon hypothèse, c’est qu’il ne s’agirait pas là d’une concession aux palestiniens, mais d’une décision politique israélienne, exactement comme pour Gaza.

  • gilbert farache

    En citant Beilin artisan de la parodie d’accords dont le secret voulu par Peres signait l’acte de decès,nous pressentions la suite de votre article.Israel finira par ceder à presque toutes les revendications selon vous et une partie -la gauche -des israeliens.Mais celà n’engagera certainement pas les Arabes dans la voie de la paix et de la coexistence.Ils sont incapables d’integrer cette notion dans leur mentalité supremaciste.Ou maître ou esclave
    tel est le credo islamique.Ce qui nous oblige à supporter encore longtemps une situation de conflit qui ne trouvera pas de solution telle que nous pourrions l’esperer entre nations civilisées.Les massacres entre musulmans dans presque tous les pays qu’ils occupent sont exemplaires de ce qui surviendra entre Israel et ses voisins.Incapables de resoudre leurs problèmes internes par la negociation,ils ne reussiront pas plus à resoudre pacifiquement celui qui nous concerne.
    En me referant aux predictions prophetiques,je n’ai auncun doute sur la fin de l’histoire que nous vivons .Leur sort est scellé,même si notre peuple subira de nombreuses pertes humaines.

  • Igal

    Bien vu Daniel.
    Je trouve cette possibilité très jouable et même viable.
    On aurait alors deux états l’un au sud: le Hamastan et a l’est
    la Palestine qui sera conjointement assistée par Israël et la Jordanie.
    C’est ce que les États Unis et L’Europe prônent.
    Quant au Hamastan, il aura l’appui discret de l’Egypte qui
    fera tout pour calmer les dirigeants du Hamas.
    Ce nouveau statut quo pourrait être un certain arrangement ferait l’affaire de tout le monde.
    Chacun de son côté pourra dire qu’il n’a pas perdu la face.
    Ensuite comme tu écris, aucune prophétie nous assure mieux.
    Bat
    Igal

  • Evelyne

    Une simple hypothèse… Une “hagada”
    Nous y voilà… enfin la fin de l’histoire de conflits de pouvoir, transormant les nations en mach de foot… enfin, la fin de l’histoire des “à qui la faute?”… enfin, une parole pragmatique qui ne diabolise pas le discours de gauche comme un romatisme désuet, mais qui reconnait la nécessité, l’urgence, l’impératif de bricoler des solutions réalistes pour atteindre l’idéal herzelien, à savoir, être un peuple souverain, plus jamais soumis à un gouvernement non juif… Notre souveraineté, notre équilibre mental et notre équilibre des forces passe par la reconnaissance du droit à la souveraineté de tous… des palestiniens aussi… qu’en feront-ils? sans doutes pas mieux qu’à gaza. mais, un jour, comme tous les peuples -internet de la terre d’aujourd’hui, les manipulations racistes, exclusives des propagandes extrémistes et irréalistes, ne passeront plus par la tête de nos enfants… devenus enfin inteligents et humains… Nos enfants et les leurs…
    vous verrez, ce ne sera pas seulement une légende!

  • helène

    Un prophète (..vous ??) c’est donc quelqu’un de tristement pragmatique ? de désabusément réaliste ? de tatonnément expérimentateur ? de banalement pronostiqueur sur un dit “nouveau” statu quo (qui n’aura rien de nouveau, l’expérience précédente nous ayant pitoyablement démontré sa vanité)

    Ou bien un prophète c’est un créateur, un réveur, un illuminé visionnaire du Meilleur pour son Peuple, conducteur vers la solution Promise, faisant fi de toute real-politik en privilégiant la foi irréductible en une auto-prophétie réalisatrice ?

    La “fatalité” chemin inéluctablement prédestiné malgré notre ‘liberté’, n’est-elle pas à l’opposé de notre Histoire et de notre Enseignement ? la négation de tout ce que notre Peuple a fait sur cette Terre, avec une volonté farouche de défier toute fatalité justement?

    Allez, quitte à prophétiser, soyons réalistes et continuons de réver et de réaliser l’impossible !(évidemment ce n’est pas de moi 🙂

    Am Israel Haï (nous sommes d’accord sur celà, rassurez moi ? 😉

  • kravi

    @Igal, ” C’est ce que les États Unis et l’Europe prônent”
    Et les israéliens, qu’en penseraient-ils ? Leur fera-t-on à nouveau le coup d’Oslo sans leur demander leur avis pour les brillants résultats que l’on sait ? Cela ferait l’affaire de tout le monde, vraiment ?
    Vous pensez réellement que l’Égypte a les moyens de calmer le Hamas ou les autres génocidaires de la bande ? Vous pensez que l’Iran deviendrait alors un élément apaisant dans la région ?
    Vous pouvez, sans rire, prétendre que plus nous nous coucherons devant les hallucinantes exigences arabo-musulmanes, plus ils nous respecteront et seront gentils ? Vous pensez qu’Antisémitisme sans frontières diminuera à mesure que l’état d’Israël rétrécira ?
    L’excellente tenue de ce blog m’oblige à rester poli.

  • Zwi Brauner

    …soyons réellement réalistes,on peut arguer qu’on a râté une occasion à un moment donné de l’histoire,Ben Gurion et Moshe Dayan immédiatement apres la victoire de la guerre des six jours, conseillaient de ne pas garder les territoires,décréter plus tard que cette région s’appellait dorénavant Judée et Samarie, n’était pas de nature à apaiser les choses,d’autre part,le terrorisme et la duplicité d’Arafat complète l’image de la faillite de la paix .
    Aujourd’hui à cause des turbulences intenses chez les voisins d’Israel et le dossier iranien,la sagesse nous dicte l’urgence d’attendre.Le ” printemps arabe “,en fait serait bénéfique pour les arabes eux même, sauf qu’il n’a pas été précédé par un quelconque siècle des lumières.Il n’existe pas chez les musulmans une mouvance d’un humanisme initié par des Diderot,Condorcet, Benjamin Franklin ou autres Washinton.
    Je dirai à mes amis juifs de gauche,la survie d’Israel dépend presqu’entièrement de l’engagement de ses citoyens , et ce n’est pas à cause de certaines erreurs politiques,qu’un peuple entier doit disparaitre.
    Dans les années soixante existait une science qui s’appelait la Futurologie dont le pape était Herman Kahn,il a disparu ainsi que sa science.L’histoire est imprévisible et les impondérables en sont le corollaire.