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Tuerie au musée juif de Bruxelles

Quels que soient les commanditaires de la tuerie au musée juif de Bruxelles, quelles que soient leurs motivations, et même s’il ne s’agit que d’un acte isolé, il ne fait pas de doute que cela se passe sur fond de haine antisioniste, qui n’est qu’un antisémitisme recyclé faisant écho au discours antijuif distillé des siècles durant par la Chrétienté et l’Islam. L’antisémitisme étant un symptôme plutôt qu’une idéologie, quatre innocents abattus à la kalachnikov en plein jour en pleine ville dans la capitale de l’Europe, cela concerne même ceux que ne sentent pas concernés.

Les ennemis d’Israël pensent qu’en s’attaquant aux Juifs de la Diaspora – ou à leurs symboles – ils affaiblissent le monde juif. Mais si l’on cherche à suivre ce raisonnement, aussi morbide soit-il, on s’y perd parce qu’il défie la logique la plus élémentaire. En effet, chaque agression, chaque atteinte à l’intégrité morale ou physique des Juifs accentue la solidarité des communautés juives à travers le monde, et dans beaucoup de cas le désir d’aller vivre en Israël. Cette option n’existait pas avant la création de l’Etat d’Israël. C’est ainsi que l’on assiste à une recrudescence de l’émigration à chaque manifestation d’antisémitisme, or la tuerie de Bruxelles n’échappera sans doute pas à cette règle. Les antisémites sont pris dans un dilemme cornélien : contenir leur haine des Juifs est nuisible pour leur santé, mais l’exprimer renforce, souligne et corrobore la raison d’être de l’Etat juif, dont l’une des fonctions consiste à combattre l’antisémitisme partout où il sévit. Tout acte antisémite entraine donc un effet boomerang sur son auteur du fait même de l’existence de l’Etat d’Israël.

Un climat antisémite empoisonne une part croissante de l’opinion publique européenne, mais il faut reconnaître qu’en Belgique il n’y pas d’antisémitisme officiel. Cette forme de racisme y est au contraire un délit, or la police, la magistrature et le gouvernement font ce qui est en leur pouvoir pour que la loi soit respectée. Mais c’est justement parce que l’antisémitisme ne saurait s’exprimer à visage découvert dans une démocratie comme la Belgique qu’il se travestit en antisionisme. Ce n’est donc pas l’Etat qui accompagne la montée de l’antisémitisme, mais ceux parmi les médias qui diffusent sans retenue une propagande antisioniste relayant les poncifs antisémites les plus éculés.

L’antisionisme, tout comme le racisme, ne relève pas de la liberté d’expression. L’antisionisme, c’est la contestation du droit à l’existence de l’Etat d’Israël. Les médias ont en Europe un devoir de pédagogie lorsqu’ils abordent le thème du conflit israélo-palestinien. Quand des commentateurs critiquent l’Etat d’Israël dans les médias ils ont l’obligation morale de préciser qu’il ne s’agit pas de mettre en cause son existence. Ils doivent être vigilants et veiller à ce que leurs discours n’alimentent pas des velléités criminelles par le détour de l’antisionisme.

L’Europe a une dette envers les Juifs. La plupart des Etats, dont la Belgique, l’ont reconnu de manière solennelle, mais il y a encore beaucoup à faire au niveau de la mémoire collective, or c’est à l’intelligentsia qu’incombe cette tâche. Les journalistes, chroniqueurs et intellectuels doivent impérativement changer de vocabulaire s’ils désirent différencier la critique politique de l’Etat d’Israël de la harangue antisémite.

L’Histoire nous a appris que l’acquiescement – même muet et passif – à l’antisémitisme est le levier avec lequel on renverse les démocraties.

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