La raison contre la violence

J’ai assisté à une conférence-débat où une psychologue engageait le public à s’exprimer au sujet de la violence. En conclusion elle a fait une synthèse entre les opinions des présents et son propre point de vue.

Elle a estimé que la violence étant propre à la nature humaine, il n’était pas question de l’éradiquer mais plutôt d’en limiter les effets au moyen de la raison. Elle posait également de manière implicite que la violence relevait du mal alors que la raison relevait du bien, sans quoi l’argument ne tiendrait pas. C’est ainsi qu’elle en arrivait à lier raison et morale en inférant que la première débouchait sur la deuxième.

Je pense pour ma part que l’appel à la raison contre la violence doit être dépouillé de toute connotation morale, parce que d’une part la raison est amorale et que d’autre part la morale n’est pas raisonnable. Il y a à mon avis là une confusion des genres : soit on fait appel à la raison pour démontrer l’intérêt du sujet (l’homme violent), soit on fait appel à la morale pour démontrer le bénéfice de l’objet (la victime). Penser que ces deux intérêts peuvent coïncider est à mon avis angélique.

Le monde nous apparaît comme étant régi par la loi du plus fort au sens darwinien du terme. La violence en est l’expression. C’est le mécanisme dont se sert toute création, inerte, végétale, animale ou humaine pour s’adjuger le plus de place possible. C’est donc le sujet qui dispose de la plus grande force qui l’emporte, non pas parce qu’il en a décidé ainsi, mais parce qu’ainsi va le monde.

Je pense néanmoins que la raison bien comprise peut venir à bout de la violence.

L’homme diffère de l’animal en ce que ce dernier n’est mu que par ses émotions, incapable comme il est de se projeter dans le temps. L’animal pratique donc la violence dans l’immédiateté – parfois à son détriment – et de manière irréfléchie. L’homme, en revanche, est capable de se projeter dans le temps et d’anticiper les effets de sa violence. Un homme qui bat sa femme doit apprendre que ses coups pourraient l’éloigner de lui ou la tuer. S’il ne le craint pas alors il faut lui faire apparaître qu’il risque de finir en prison. Si cela non plus ne le dissuade pas alors il n’y a rien d’autre à faire que d’essayer de l’empêcher de nuire.

La raison appliquée à la lutte contre la violence, c’est peut-être la recherche d’un équilibre dans les rapports de force.

La morale, c’est autre chose.

Jean Sébastien Bach et Utube

Un violiste de premier plan s’est prêté à une expérience édifiante, diffusée sur Utube. Travesti en musicien de rue de Washington, il a joué pendant 45 minutes du Bach devant une station de métro sans attirer d’attention particulière. Sur le millier de passants qui a défilé, six se sont arrêtés pour écouter et vingt lui ont jeté une pièce sans ralentir le pas. Il a recueilli vingt-sept dollars alors que pour l’écouter en salle il fallait en débourser cent par personne.

Ce n’est pas l’expérience qui est étonnante, mais bien les conclusions qu’en tirent certaisn commentateurs. L’un dit « si nous ne prenons pas un moment pour nous arrêter et écouter l’un des meilleurs musiciens au monde jouer la meilleure musique jamais écrite, à côté de combien d’autres choses passons-nous? Un autre dit que « l’heure de pointe du métro n’est pas propice à l’appréciation d’une performance artistique ». Ce que ces réflexions ont en commun c’est qu’elles attribuent l’indifférence des passants à une espèce d’autisme dont ils seraient frappés quant le sublime ne se manifeste pas là où on l’attend. En d’autres mots, que ces mêmes gens sont pris d’extase en salle de concert, mais restent de marbre devant une bouche de métro.

Ce n’est pas du tout mon avis.

Je pense que cette expérience démontre que l’inculture qui règne en matière de musique est abyssale. Cela rappelle ce passage de « La Recherche » de Proust, où le narrateur raconte comment « Pour faire partie du « petit noyau », du « petit groupe », des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire : il fallait adhérer tacitement à un Credo dont un des articles était que le jeune pianiste, protégé par Mme Verdurin cette année-là et dont elle disait : « Ça ne devrait pas être permis de savoir jouer Wagner comme ça ! ».

Il y a extrêmement peu de mélomanes, non seulement parmi ceux qui prennent le métro, mais aussi parmi ceux qui paient 100 dollars pour aller au concert. Si les passants en question avaient pris le temps d’écouter le violoniste, la plupart n’auraient de toutes manières pas apprécié. Le problème c’est que les consommateurs sont nourris en décibels à satiété par l’équivalent musical de la restauration rapide, c’est-à-dire l’ingestion de produits où l’effort individuel est réduit au minimum.

Les morceaux joués par le violoniste étaient respectivement des extraits de la Partita No. 3 de Bach pour violon, BWV 1006 (Gavotte en rondo) et de la Partita No. 2, BWV 1004 (Chaconne). Quelle est la proportion de gens capables d’identifier ces morceaux au vol ? Minime, à n’en pas douter.

Si les passants n’ont pas été interpellés par les sublimes accents du violoniste c’était parce qu’ils ne comprenaient rien à la musique, et pas parce qu’ils étaient pressés.

De la délégitimisation d’Israël

Berjac me fait l’honneur de me citer dans son article « Quelques images pieuses israéliennes», en estimant que mes idées « ne doivent pas être loin de ce qui se fait de plus extrémiste » dans mon pays. Comme il se garde de préciser en quoi consiste mes idées, je me suis  relu afin de vérifier s’il y avait dans mes propos quelque chose qui justifiait  cette qualification, auquel cas j’aurais tenté de clarifier. Je n’ai rien trouvé, mais j’ai fini par comprendre que ce que Berjac, se basant sur l’Histoire  pour étayer son point de vue, qualifiait « d’extrémisme » était le fait même qu’Israël revendiquait le droit d’exister.

D’une part je ne vois pas en quoi le narratif de Berjac convaincrait les juifs de plier bagage après la reconnaissance par l’ONU et cent cinquante ans de d’épopée sioniste, et d’autre part il existe des analyses très convaincantes qui disent diamétralement l’opposé de ce qu’il infère.

Pour ma part je pense que cette polémique est dépassée, mais je recommande néanmoins l’analyse de l’intellectuel israélien Ben-Dror Yemini (http://www.france-israel.org/articles.ahd?idart=408),  traduite en français par M. Macina, qui rappelle les témoignages de Mark Twain, de Baker Tristram et de Jacques Finn, qui ont laissé des textes décrivant la Palestine du 19eme siècle en termes sinistres: « …Nous ne vîmes pas âme qui vive durant tout le voyage. …ces déserts inhabités, ces buttes rouillées et infertiles… « kilomètre après kilomètre, on ne voit rien de vivant. la Palestine est en majorité vide d’habitants ».

A la lumière de cette étude il apparaît que la Palestine était pratiquement vide au 19eme siècle, époque où elle faisait partie de l’Empire Ottoman, et que chaque parcelle de terre achetée par des juifs le fut en toute légalité. Les juifs vivaient d’ailleurs en Palestine au même titre que les arabes, dont nombre avaient afflué de pays voisins en voyant  décoller l’économie grâce à l’agriculture des pionniers juifs. En 1947, Au bout d’un siècle d’une cohabitation tumultueuse entre communautés juives et arabes, l’ONU a estimé qu’après le départ des occupants britanniques il valait mieux les séparer en créant deux Etats pour deux peuples. Les juifs ont accepté, les arabes ont refusé, et depuis lors c’est la guerre.

Mais quand bien même ce narratif-ci serait fantaisiste, la question qui se pose aujourd’hui est : que fait-on maintenant ? La vraie question – brûlante- est là.

Si la réponse est que les juifs n’ont rien à chercher en Israël, qu’ils n’ont qu’à s’exiler ou à se défaire de tout pour devenir minoritaires d’un Etat probablement islamiste, alors la probabilité que les israéliens acceptent est mince.

Mais si la réponse est qu’il faut deux Etats pour deux peuples, alors les israéliens l’accepteront parce qu’ils l’ont déjà accepté en 1947, à cette réserve près que cette fois-ci il faudra que l’autre camp se résolve à mettre un terme définitif au conflit, et non pas qu’il se limite à un cessez-le-feu en échange de concessions majeures côté israélien. On est loin du compte.

Pour le moment les palestiniens se font même prier pour négocier, et gaspillent un temps précieux en prétextant la poursuite de la colonisation alors que le processus de paix a justement pour objectif d’y mettre fin. Ce n’est pas parce qu’ils ont autre chose à faire, mais parce que nombre d’entre eux (donc pas tous, heureusement) rêvent encore et toujours de liquider Israël comme le clament le Hezbollah, le Hamas et l’Iran, c’est-à-dire ceux qui donnent le ton et sans lesquels aucun arrangement n’est envisageable.

Ben-Dror Yemini termine son analyse par les mots suivants, auquel je souscris sans réserve: « Les Palestiniens méritent respect, liberté et indépendance. Mais aux côtés d’Israël. Pas à la place d’Israël. Extrémisme ?

Le Monothéïsme juif est un rationalisme

Il faut un grand effort pour conceptualiser une abstraction aussi intégrale que celle du monothéisme juif. C’est pour cette raison que le judaïsme de terrain est pragmatique, et tolère que l’on puisse se représenter Dieu comme une espèce de Roi du monde, une superpuissance à l’échelle de l’Univers. C’est le chemin que parcourt l’enfant quand il croit au Père Noël et qu’un fois adulte il comprend que c’est un concept  et non pas une personne véritable. Ce principe s’applique à la compréhension du monothéisme juif, qui n’est pas un dogme mais une quête.

L’étude approfondie de la Thora ne met pas en scène un Roi du Monde, même s’il est vrai que le style métaphorique du texte biblique peut prêter à confusion. La vérité est que le Dieu de la Thora n’a rien d’anthropomorphique. Il y a de nombreux penseurs juifs qui admettent même – quoique dans des cercles restreints – qu’ils n’ont pas la foi,  mais qui sont convaincus que le judaïsme est un mode de vie tellement remarquable que la question de Dieu en devient secondaire. En même temps ils estiment qu’il est préférable de ne pas exhiber ce point de vue de manière trop ostentatoire afin d’éviter  de semer le trouble.

La question de l’existence de Dieu est problématique  parce que du point du juif cette question n’a de sens que si l’on détermine d’abord à ce qu’on entend par là. S’il s’agit d’un être formidable qui règne sur l’Univers tout entier, alors on fait fausse route. Ce n’est qu’une projection humaine, qui tout comme l’homme lui-même, est limitée. Quand bien même il y aurait un être tellement  grand et puissant qu’il serait capable de créer  et de gérer le monde entier, il faudrait encore et toujours poser la question de savoir d’où Il vient, depuis quand il existe, pourquoi il existe, et comment il se fait qu’Il existe. La vraie question est là.

Le Dieu du judaïsme n’est pas un être, mais une référence à l’existence à l’état pur. Vu sous cet angle Dieu existe, tout comme l’existence existe, étant entendu que ce n’est pas une substance mais un état que tout le monde peut constater.

L’intellect ne peut appréhender ni l’infini du passé ni celui de l’avenir. Reste la perception de la nature dont le judaïsme tente dégager un sens. La Nature a ses lois, et ne saurait être surnaturelle. Si les objets se mettaient à flotter en l’air ce serait qu’ils obéiraient encore à une loi de la nature. C’est ainsi que l’assertion  que Dieu est bon n’est pas une appréciation morale mais exprime qu’il ne pourrait, par définition, en être autrement. Le principe qui sous-tend cela est que le mal n’est qu’absence de bien, tout comme l’obscurité n’est qu’absence de lumière, tout comme le froid n’est qu’absence de chaleur.

Donc ni l’obscurité ni le froid ni le mal n’existent en eux-mêmes. C’est à partir de cette idée simple et naturelle,  mais infiniment profonde, que l’essentiel de l’éthique juive s’est construite.

L’intervention de Dieu dans la Nature ou dans l’Histoire, la notion de récompense ou de punition en rapport avec le bien ou le mal sont des représentations pédagogiques qui ne peuvent en aucun cas être pris à la lettre dans le judaïsme.

Le judaïsme est prophétique dans ce sens que le monde est imparfait, et que l’homme dispose à la fois de l’intelligence et du pouvoir pour l’améliorer. C’est dans ce sens que le messianisme est consubstantiel à la Création et appelle à un futur où le monde serait réparé. Mais pour que cela soit possible tout se passe comme si Dieu s’était retiré du Monde après la Création.

Ce qui donne de l’épaisseur au rôle de l’homme c’est justement que Dieu n’est plus là. En d’autres mots, que l’homme est libre.

Gideon Levy ou le droit de critiquer Israël

Gideon Levy est un chroniqueur  du  journal israélien Haaretz, où il dit régulièrement son rejet de l’establishment de son pays tout en reconnaissant volontiers qu’il y jouit d’une liberté d’expression totale. Il fait indéniablement preuve de courage en affichant ses opinions en Israël, mais est en même temps conforté par une audience de par le monde, puisque ses positions sont répercutées dans des organes irréductiblement hostiles à Israël. Alors qu’il revendique son attachement à Israël, il sert d’alibi à ceux-là mêmes qui sont déterminés  à liquider son pays, avec ou sans occupation.

Bien qu’à mon avis que Gideon Levy fasse fausse route du point de vue de la pensée, force m’est de reconnaître qu’elle est d’une grande cohérence, et que son inquiétude pour Israël parait sincère. Cette contestation s’inscrit d’ailleurs dans la tradition juive de par ses accents divinatoires. Il est tellement pénétré par ses analyses que plus il est isolé, plus il raidit  sa posture, tel le prophète Jérémie prédisant la chute de Jérusalem.  Il  est doué d’une espèce de force tranquille qui fait qu’il ne doute jamais de rien. Quant à ses contradicteurs, tout se passe comme s’il mesurait la justesse de ses idées à l’aune de l’irritation de ses adversaires.

Gideon Levy dit que l’occupation israélienne est illégale – comme si lui savait avec précision où se trouvaient les frontières d’Israël – mais omet de tenir compte de ceux qui donnent le ton dans l’autre camp – Hezbollah, Hamas, Iran -, qui estiment eux que Tel-Aviv et Haifa sont également en territoire occupé.

Israël s’est retiré de Gaza et du Sud-Liban avec le résultat que l’on sait. Gideon Levy pense néanmoins qu’Israël n’a pas à poser de conditions pour mettre fin à l’occupation. Pourtant cela tombe sous le sens qu’Israël craint de se retrouver dans la situation d’avant 1967, où il n’y avait pas d’occupation, mais où le pays était néanmoins harcelé par des voisins armés jusqu’aux dents.

Gideon Levy emboîte le pas à des  nations qui condamnent  Tsahal, alors que ces mêmes nations sont d’une barbarie sans nom chaque fois qu’ils se trouvent dans des situations analogues. L’Allemagne et le japon sont encore aujourd’hui subordonnés à des conditions imposées par les Alliés en 1945. Quand ceux-ci ont mis un terme à la guerre ils l’ont fait dans des conditions épouvantables pour les civils allemands et japonais. Pourtant personne de sensé ne doute aujourd’hui que les Alliés défendaient une juste cause. Ils ont occupé l’Allemagne pendant des décennies, et n’ont mis fin à cette occupation qu’après avoir acquis la certitude que l’Allemagne ne constituait plus un danger.

Gideon Levy suggère que la paix soit imposée de l’extérieur alors que cette doctrine s’avère d’une inefficacité patente, particulièrement ces temps-ci. Pour ma part j’ai la conviction qu’Israël fera le moment venu les concessions qui s’imposeront. Non pas sous la pression de puissances étrangères ni sous l’impulsion d’un homme providentiel, mais poussé par le bon sens du peuple israélien.

La dialectique de Gideon Levy est d’une simplicité biblique : quand les palestiniens commettent des crimes c’est parce qu’Israël les y accule. Ils ne sont donc jamais coupables de rien, tout comme l’enfant qui assassine ses parents et puis en appelle à la clémence du juge en tant qu’orphelin . Gideon Levy absoud le camp palestinien de tout, puisque la cause est toujours bonne dès lors que l’on est sous occupation. Il omet de rappeler que le monde arabo-musulman est pour quelque chose dans l’enlisement de cette occupation, et surtout des évènements 1967 qui en sont l’origine.

Gideon Levy est pris d’autisme lorsqu’il est reçu et acclamé de par le monde par des ennemis d’Israël qui camouflent à peine leur antisémitisme, rebaptisé antisionisme pour la circonstance. Il est vrai qu’il ne sympathise pas avec les islamistes, mais il n’en reste pas moins que sa dialectique les sert abondamment dans leur acharnement contre Israël.

Mon propos n’est pas de faire changer d’avis Gideon Levy, mais bien d’attirer l’attention de ceux qui l’écoutent sur le caractère unilatéral de sa critique. Il le reconnait d’ailleurs lui-même d’une certaine manière, parce que quand on lui reproche son peu d’empathie pour ses concitoyens qui souffrent, il répond qu’il y a bien assez de monde pour s’en soucier, et que pour sa part il préfère se pencher sur le sort de l’autre camp. La démocratie israélienne, c’est aussi ça.

Rue du Tapin

Pavés humides
Abris sordides
Secrètes bâtisses
Fleurant la pisse

Port immense,
Quais en transes
Frêles grues
Aux ombres nues

Tant de belles
En recel
Cruel tapin
Leur seul chemin

Criards clients
Impatients
Ni nubiles
Ni dociles

Pauvres hères
En galère
Piètre clan
Si rebutant

Visite guidée
Factice musée
Muses fanées
Filles fatiguées

Leste affaire
Pour pas si cher
Sept minutes
Et droit au but

Prompte passe
Dans l’impasse
Sans nulle trace
De la face

Jambes moulues
Et corps rompus
Humeur   giclée
Ejaculée

J’ai dormi

J’ai dormi
Sans mon cœur
Mais aussi
Sans bonheur

J’ai dormi
Aux quat’ vents
Sans roulis
Sans grand vent

J’ai dormi
Au Levant
Me couchant
Hors du Temps

J’ai dormi
Sans voler
Marauder
Chaparder

J’ai dormi
Bien aussi
Séquestré
A ses pieds

J’ai dormi
Sans la voir
Sans miroir
Sans espoir

J’ai dormi
Les yeux durs
Face au mur
Quelle torture

J’ai dormi
à l’envi
Mais aussi
sans envie

J’ai dormi
dans ma chambre
tout ravi
de l’entendre

J’ai dormi
Sur les  pierres
C’était hier
En hiver

J’ai dormi
En repli
En ivresse
En détresse

J’ai dormi
Sur la neige
Si légère
Ephémère

J’ai  dormi
Dans son nid
Sans caresse
Sur ses fesses

J’ai dormi
Sans souci
Dans cette ville
Si tranquille

J’ai dormi
Sans la  peur
Que s’en aille
La douleur

J’ai dormi
En folie
Tout à l’antre
Du bas-ventre

J’ai dormi
En ses cuisses
maléfice
Orifice

J’ai dormi
Tout réjoui
Avec l’autre
Qui se vautre

J’ai dormi
Sans conscience
De ma mie
En souffrance

J’ai dormi
Affaibli
Sans mes armes
Et en larmes

J’ai dormi
Tout petit
En délit
Dans mon lit

J’ai dormi
Toute ma vie
Mais maintenant
C’est fini

Israël prêt à payer le prix fort pour la paix

Il y a, en particulier dans l’opinion publique européenne, une confusion entre les effets de l’occupation israélienne et ses causes. Dans l’esprit de beaucoup d’observateurs il suffirait qu’Israël évacue la Cisjordanie pour que le conflit soit réglé. Or le conflit existait Bien avant l’occupation. Ce qu’on oppose généralement c’est que la guerre de 1948 a produit un exode qui a transformé des centaines de milliers de palestiniens en réfugiés. Mais en réalité cet exode ne fut jamais que la conséquence du refus arabe d’accepter le plan de partage de l’Onu en deux états souverains après le départ de l’occupant britannique. Sans ce refus il n’y aurait eu ni exode ni réfugiés palestiniens. Sans ce refus il y aurait peut-être aujourd’hui à côté d’Israël une Palestine moderne, laïque et prospère.

Si on considère que l’Etat d’Israël est illégitime alors aucun arrangement n’est possible. Les israéliens ne se laisseront jamais convaincre qu’ils ne sont pas chez eux. Mais aux sympathisants sincères de la cause palestinienne (il y en a beaucoup même parmi les juifs) qui pensent qu’Israël à autant le droit d’exister que la Palestine, à ceux qui souhaitent sérieusement la paix, je suggère qu’ils se tournent vers les ennemis d’Israël pour les adjurer d’accepter l’Etat juif de manière convaincante et définitive. Pour le moment c’est loin d’être le cas. Ceux qui donnent le ton du côté palestinien sont déterminés à lutter jusqu’a ce que l’Etat juif soit liquidé. Rien de moins. Ce sont eux qui le disent.

On peut être en désaccord avec la politique israélienne, et on doit condamner les dérives de l’occupation pour autant qu’elles existent. Mais je pense que sur le fond du problème la balle est du côté palestinien, or tout se passe comme si ceux-ci craignaient d’aboutir. Les tergiversations dont ils font preuve se retournent contre eux-mêmes. Quand ils conditionnent les pourparlers à l’arrêt de la colonisation cela n’a aucune retombée positive pour eux, et ils prolongent l’occupation alors que l’objectif du processus de paix consiste à y mettre fin. L’argument comme quoi les israéliens pratiquent le fait accompli sur le terrain ne tient pas, parce que chaque fois qu’il a fallu d’évacuer des territoires en échange de la paix, Israël l’a fait.

Israël s’est construit dans des conditions difficiles sur un territoire ingrat grand comme trois départements français. La Diaspora ainsi que des nations amies ont contribué à l’édification du pays, mais cette aide est sans commune mesure avec celle qu’ont déversée les pays arabes et l’URSS. Quand on pense aux milliards affectés par les rois du pétrole l’Iran et le monde communiste dans le seul but de liquider Israël, cela donne le vertige. Au lieu de construire une nation palestinienne, ces fortunes ont été englouties en ne fabriquant que de la rancœur, alors qu’aujourd’hui Israël est aujourd’hui un membre de l’OCDE, un Etat solvable et une économie en pleine croissance.

Les Alliés ont occupé l’Allemagne bien des années après la chute des nazis. Ils n’ont fini par partir qu’après avoir acquis la certitude que l’Allemagne ne constituait plus un danger pour la paix. Dans le même ordre d’idées Israël aspire à mettre fin au conflit et est prêt à payer le prix fort pour vivre en paix avec ses voisins.

A bon entendeur Salam.