Philippe Karsenty ou la passerelle de la Méditerranée

Philippe Karsenty, ex-financier et actuellement maire-adjoint de Neuilly, est candidat à la 8eme circonscription aux prochaines législatives, et représentera, s’il est élu, les français de plusieurs pays de la Méditerranée, dont l’Italie, la Grèce et Israël. Il se situe au centre-droit, mais n’est affilié à aucune famille politique, et brigue donc l’Assemblée Nationale en tant que candidat libre.  Mais bien que refusant d’être investi par un parti, plusieurs formations – le Parti Libéral Démocrate et le Parti Chrétien Démocrate –  le soutiennent.

Philippe Karsenty mène depuis des années un combat politico-médiatique connu sous le nom « d’affaire Al-Durah », qui vise à faire toute la lumière sur un reportage réalisé par France 2 à Gaza, où un homme et son fils ont été pris sous un feu croisé entre israéliens et palestiniens. Cet homme jeune et énergique fait preuve de ténacité, de courage et d’une remarquable suite dans les idées. Connaissant bien les pays de la Méditerranée, il pourrait jouer un rôle clé dans la communication entre ces pays et la France.

Bien que l’ex-président Sarkozy ait au début de son mandat adopté un ton plutôt amical envers Israël, cela ne s’est jamais traduit par un changement au plan pratique. On peut même dire qu’a plusieurs reprises il a indisposé Israël par des prises de positions inamicales telles que son soutien à l’admission de la Palestine à l’UNESCO ou son animosité envers le Premier ministre israélien, ainsi qu’envers celui des Affaires Etrangères.

Il est vrai qu’il est difficile pour tout président français d’infléchir la politique du Quai d’Orsay, qui depuis le Général de Gaulle a une attitude plutôt réservée à l’égard d’Israël. Il est donc peu probable que François Hollande inaugure un changement d’orientation de ce point de vue-là. Des drapeaux palestiniens ont même été hissés à La Bastille pour fêter sa victoire, ce qui est quelque peu surprenant après une campagne électorale d’où la politique étrangère a été pratiquement absente.

Les problèmes économiques auxquels sont confrontés la France et l’Europe ont été au centre de la campagne présidentielle, et c’est bien normal pour des citoyens préoccupés par le pouvoir d’achat qui s’érode, le chômage qui monte et un sentiment d’insécurité qui s’installe. Mais bien qu’Israël fasse partie du monde occidental et que l’Europe soit son principal marché, son économie résiste aux turbulences des place financières et au rouleau compresseur de la globalisation. La croissance y est excellente, le chômage est bas, et la consommation se maintient alors que l’inflation est sous contrôle. Le dynamisme de cette économie est remarquable, ceci malgré l’effort à fournir pour la défense du pays, et malgré des voisins hostiles ou insuffisamment développés pour constituer des partenaires commerciaux de poids.

La réussite d’Israël pourrait servir de modèle à bien des pays européens – dont la France – paralysés par des structures obsolètes, où les réformes imposées par la mondialisation tardent à être mises en œuvre.

Israël a beaucoup appris de l’Europe et s’en est inspiré tout au long du vingtième siècle. Cela a abouti à une démocratie moderne, un Etat de droit et une économie féconde combinée à une créativité stupéfiante. Il se peut que le temps soit venu pour la vieille Europe de s’inspirer à son tour d’Israël pour se réinventer et relever les défis qui l’attendent. Mais pour cela il faut une passerelle, or Philippe Karsenty pourrait bien en être l’artisan s’il était élu député à l’Assemblée Nationale d’ici peu.