{"id":4071,"date":"2021-09-15T18:42:31","date_gmt":"2021-09-15T18:42:31","guid":{"rendered":"http:\/\/dh.3utilities.com:81\/wordpress\/?p=4071"},"modified":"2021-09-15T18:43:21","modified_gmt":"2021-09-15T18:43:21","slug":"le-dialogue-des-carmelites-et-la-question-de-la-mort","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/2021\/09\/15\/le-dialogue-des-carmelites-et-la-question-de-la-mort\/","title":{"rendered":"Le \u00ab\u00a0Dialogue des carm\u00e9lites\u00a0\u00bb et la question de la mort"},"content":{"rendered":"<p>Le \u00ab\u00a0Dialogue des carm\u00e9lites\u00a0\u00bb est un sc\u00e9nario de George Bernanos<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> \u00e9crit peu avant sa mort. Plusieurs \u0153uvres, dont un film<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> et un op\u00e9ra<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur base de cet ouvrage sobre et dense. Il s\u2019agit\u00a0 d\u2019un th\u00e8me chr\u00e9tien, mais c&#8217;est aussi une r\u00e9flexion sur la mort, et donc \u00e0 port\u00e9e universelle.<\/p>\n<p>Nous sommes en 1789 \u00e0 Compi\u00e8gne, en France. Blanche de la Force est une jeune aristocrate qui depuis son enfance vit la peur au ventre. Elle ne se sent pas de taille \u00e0 affronter la vie en soci\u00e9t\u00e9, et s\u2019en ouvre \u00e0 son p\u00e8re\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Je ne supporte pas le monde. Il est \u00e0 peine vrai de dire que je le crains, le monde est seulement pour moi comme un \u00e9l\u00e9ment o\u00f9 je ne saurais vivre. Oui mon p\u00e8re, c\u2019est physiquement que je n\u2019en puis supporter le bruit, l\u2019agitation\u00a0; les meilleures compagnies m\u2019y rebutent, il n\u2019est pas jusqu\u2019au mouvement de la rue qui ne m\u2019\u00e9tourdisse, et lorsque je m\u2019\u00e9veille la nuit, j\u2019\u00e9pie malgr\u00e9 tout, \u00e0 travers moi, l\u2019\u00e9paisseur de nos\u00a0 rideaux et de nos courtines, la rumeur de cette grande ville infatigable, qui ne s\u2019assoupit qu\u2019au petit jour.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle d\u00e9cide de prendre le voile et d\u2019int\u00e9grer l\u2019ordre des Carm\u00e9lites. Elle se nommera d\u00e9sormais \u00ab\u00a0S\u0153ur Blanche de l&#8217;Agonie du Christ\u00a0\u00bb, et va vivre une existence de pri\u00e8re, de silence et de contemplation.<\/p>\n<p>La mort est la valeur supr\u00eame de cette vie monacale. La vie d\u2019ici-bas doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un prodrome \u00e0 l\u2019au-del\u00e0, ce qui revient \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 la mort tout au long de sa vie.<\/p>\n<p>Quand S\u0153ur Blanche arrive au couvent il s\u2019av\u00e8re qu\u2019il ne reste que peu de temps \u00e0 la Prieure \u00e0 vivre. Les S\u0153urs assistent \u00e0 son agonie afin d\u2019apprendre comment accueillir la mort le moment venu. Mais quand le m\u00e9decin fait comprendre \u00e0 la Prieure que sa fin est proche elle enrage et s\u2019en prend \u00e0 Dieu:<\/p>\n<p>\u00ab <em>Que suis-je \u00e0 cette heure, moi mis\u00e9rable, pour m\u2019inqui\u00e9ter de Lui ! Qu\u2019il s\u2019inqui\u00e8te donc d\u2019abord de moi ! J\u2019ai m\u00e9dit\u00e9 sur la mort chaque heure de ma vie, et cela ne me sert maintenant de rien.\u00a0 Je suis seule, absolument seule, sans aucune consolation.\u00a0\u00bb <\/em>Avant de rendre son dernier souffle elle arrache son voile et s\u2019exclame<em>: \u00ab Mort\u2026 Peur\u2026 Peur de la mort\u2026 !<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>Ce spectacle surprend S\u0153ur Blanche, mais elle pers\u00e9v\u00e8re n\u00e9anmoins dans son intention de passer le restant de ses jours au couvent afin de trouver la paix de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n<p>La R\u00e9volution Fran\u00e7aise fait rage, et la situation politique se d\u00e9t\u00e9riore dans tout le pays.\u00a0 La congr\u00e9gation du Carmel est mise \u00e0 mal, les biens du clerg\u00e9 sont saisis et les ordres religieux dissous. \u00a0Les Carm\u00e9lites sont rendues \u00e0 la vie civile mais conservent le droit de rester vivre au couvent.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard les Carm\u00e9lites sont accus\u00e9es de cacher au couvent un pr\u00eatre r\u00e9fractaire. \u00a0La troupe fait irruption dans le couvent et arr\u00eate les S\u0153urs, sauf la sous-prieure M\u00e8re Marie et S\u0153ur Blanche, qui r\u00e9ussissent \u00e0 s&#8217;\u00e9chapper.<\/p>\n<p>Les Carm\u00e9lites passent en jugement au Tribunal R\u00e9volutionnaire et sont condamn\u00e9es \u00e0 mort.\u00a0 N\u2019ayant plus la possibilit\u00e9 de poursuivre leur vocation elles prononcent le v\u0153u du martyre et accueillent le verdict avec exaltation.<\/p>\n<p>Blanche vit cach\u00e9e mais est mise au courant du proc\u00e8s et veut \u00e0 tout prix sauver les S\u0153urs. \u00a0\u00a0M\u00e8re Marie lui rend visite pour l\u2019informer que pour sa part elle a d\u00e9cid\u00e9 de rejoindre les S\u0153urs pour se conformer au serment du martyre. \u00a0Elle enjoint S\u0153ur Blanche d\u2019en faire autant. \u00a0Celle-ci refuse, et s\u2019\u00e9crie dans un acc\u00e8s de col\u00e8re \u00ab\u00a0<em>Mourir, mourir, vous n\u2019avez plus que ce mot \u00e0 la bouche. Je ne veux pas qu\u2019elles meurent\u00a0! Je ne veux pas mourir<\/em>\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le jour dit les Carm\u00e9lites sont extraites de la prison pour \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9es sur la place publique. S\u0153ur Blanche est dissimul\u00e9e parmi la foule et assiste \u00e0 la mont\u00e9e des Carm\u00e9lites vers l\u2019\u00e9chafaud \u00a0en chantant le \u00ab Salve Regina \u00bb. Soudain elle se fraie un passage pour se diriger d\u2019un pas d\u00e9cid\u00e9 vers la guillotine sous l\u2019\u0153il m\u00e9dus\u00e9 des badauds. Elle entonne elle aussi le \u00ab Salve Regina \u00e0 pleins poumons et meurt sans peur avec ses compagnes.<\/p>\n<p>C\u2019est ainsi que la Prieure a v\u00e9cu sa vie dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, mais est morte dans la peur, alors que S\u0153ur Blanche a v\u00e9cu sa vie dans la peur mais est morte dans la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9.<\/p>\n<p>**<\/p>\n<p>Il est courant d\u2019entendre que la religion aide \u00e0 faire face aux vicissitudes de la vie et \u00e0 neutraliser l\u2019angoisse existentielle. L\u2019esp\u00e9rance d\u2019une vie apr\u00e8s la mort serait donc un antidote. Mais le \u00ab <em>Dialogue des\u00a0 Carm\u00e9lites\u00a0<\/em>\u00bb nous montre que m\u00eame quand on s\u2019exerce la vie durant \u00e0 se pr\u00e9parer \u00e0 la mort, le moment venu on peut s\u2019insurger contre elle, comme le fait la Prieure. \u00a0Mais la vie monacale n\u2019est pas non plus concluante pour S\u0153ur Blanche, qui ne trouve la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 que face \u00e0 la mort.<\/p>\n<p>Pour le croyant \u00ab <em><strong>\u00eatre mort<\/strong> <\/em>\u00bb pointe vers\u00a0 la vie \u00e9ternelle, mais cela ne repose sur rien de v\u00e9rifiable du point de vue \u00e9pist\u00e9mologique. Mais quand bien m\u00eame il y aurait une vie apr\u00e8s la mort, il n\u2019y a aucun moyen de savoir si la religion nous y pr\u00e9pare de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Apr\u00e8s tout, les sc\u00e9l\u00e9rats vivent ici-bas une bien meilleure vie que les Justes , \u00a0alors il se pourrait que ce soit pareil dans l\u2019au-del\u00e0.<\/p>\n<p>Mais pour l&#8217;ath\u00e9e, \u00ab <strong><em>\u00eatre mort<\/em><\/strong> \u00bb est une expression oxymorique, puisque quand la vie nous quitte on cesse, litt\u00e9ralement, <strong><em>d\u2019\u00eatre.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>*********************************************************<\/p>\n<p><em><strong>La Torah et la mort :<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>\u00a0\u00abJe prends aujourd&#8217;hui \u00e0 t\u00e9moin le ciel et la terre : J&#8217;ai plac\u00e9 devant toi la vie et la mort, la b\u00e9n\u00e9diction et la mal\u00e9diction. Alors choisis la vie afin que tu vives, toi et ta descendance.<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\"><strong>[4]<\/strong><\/a> \u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\">(\u05d4\u05b7\u05e2\u05b4\u05d3\u05b9\u05ea\u05b4\u05d9 \u05d1\u05b8\u05db\u05b6\u05dd \u05d4\u05b7\u05d9\u05bc\u05d5\u05b9\u05dd, \u05d0\u05b6\u05ea-\u05d4\u05b7\u05e9\u05bc\u05c1\u05b8\u05de\u05b7\u05d9\u05b4\u05dd \u05d5\u05b0\u05d0\u05b6\u05ea-\u05d4\u05b8\u05d0\u05b8\u05e8\u05b6\u05e5\u2013\u05d4\u05b7\u05d7\u05b7\u05d9\u05bc\u05b4\u05d9\u05dd \u05d5\u05b0\u05d4\u05b7\u05de\u05bc\u05b8\u05d5\u05b6\u05ea \u05e0\u05b8\u05ea\u05b7\u05ea\u05bc\u05b4\u05d9 \u05dc\u05b0\u05e4\u05b8\u05e0\u05b6\u05d9\u05da\u05b8, \u05d4\u05b7\u05d1\u05bc\u05b0\u05e8\u05b8\u05db\u05b8\u05d4 \u05d5\u05b0\u05d4\u05b7\u05e7\u05bc\u05b0\u05dc\u05b8\u05dc\u05b8\u05d4; \u05d5\u05bc\u05d1\u05b8\u05d7\u05b7\u05e8\u05b0\u05ea\u05bc\u05b8, \u05d1\u05bc\u05b7\u05d7\u05b7\u05d9\u05bc\u05b4\u05d9\u05dd\u2013\u05dc\u05b0\u05de\u05b7\u05e2\u05b7\u05df \u05ea\u05bc\u05b4\u05d7\u05b0\u05d9\u05b6\u05d4, \u05d0\u05b7\u05ea\u05bc\u05b8\u05d4 \u05d5\u05b0\u05d6\u05b7\u05e8\u05b0\u05e2\u05b6\u05da\u05b8)<\/p>\n<p><em><strong>Epicure\u00a0et la mort\u00a0:<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\u00ab <em>Prends l\u2019habitude de penser que la mort n\u2019est rien pour nous. Car tout bien et tout mal r\u00e9sident dans la sensation : or la mort est privation de toute sensibilit\u00e9. Par cons\u00e9quent, la connaissance de cette v\u00e9rit\u00e9 que la mort n\u2019est rien pour nous, nous rend capables de jouir de cette vie mortelle, non pas en y ajoutant la perspective d\u2019une dur\u00e9e infinie, mais en nous enlevant le d\u00e9sir de l\u2019immortalit\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>Ainsi celui de tous les maux qui nous donne le plus d\u2019horreur, la mort, n\u2019est rien pour nous, puisque, tant que nous existons nous-m\u00eames, la mort n\u2019est pas, et que, quand la mort existe, nous ne sommes plus. Donc la mort n\u2019existe ni pour les vivants ni pour les morts, puisqu\u2019elle n\u2019a rien \u00e0 faire avec les premiers, et que les seconds ne sont plus.<a href=\"#_ftn5\" name=\"_ftnref5\"><strong>[5]<\/strong><\/a><\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em><strong>Spinoza\u00a0et la mort\u00a0:<\/strong><\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0L\u2019homme libre, c&#8217;est-\u00e0-dire celui qui vit selon le seul commandement de la Raison n\u2018est pas conduit par la crainte de la mort , mais d\u00e9sire le bien directement, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il d\u00e9sire agir, vivre et conserver son \u00eatre selon le principe qu\u2019il faut chercher l\u2019utile qui nous est propre. Et par cons\u00e9quent, il ne pense \u00e0 rien moins qu&#8217;\u00e0 la mort; mais sa sagesse est une m\u00e9ditation de la vie<a href=\"#_ftn6\" name=\"_ftnref6\"><strong>[6]<\/strong><\/a><\/em>.\u00bb<\/p>\n<p>Finalement la peur de la mort n\u2019est peut-\u00eatre rien d\u2019autre que la peur de vivre.<\/p>\n<p>*********************************************************<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Ecrivain fran\u00e7ais, mort en 1948. Son \u0153uvre essentiellement d\u2019inspiration catholique est aussi teint\u00e9e d\u2019antis\u00e9mitisme.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Le \u00ab\u00a0Dialogue des carm\u00e9lites\u00a0\u00bb,\u00a0film franco-italien de Philippe Agostini et Raymond Leopold Bruckberger.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Le \u00ab\u00a0Dialogue des carm\u00e9lites\u00a0\u00bb\u00a0 op\u00e9ra de Francis Poulenc.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Deut\u00e9ronome 29:9-30:20<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref5\" name=\"_ftn5\">[5]<\/a> \u00ab Lettre \u00e0 M\u00e9n\u00e9c\u00e9e \u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref6\" name=\"_ftn6\">[6]<\/a> L\u2019Ethique, Proposition 67.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le \u00ab\u00a0Dialogue des carm\u00e9lites\u00a0\u00bb est un sc\u00e9nario de George Bernanos[1] \u00e9crit peu avant sa mort. Plusieurs \u0153uvres, dont un film[2] et un op\u00e9ra[3], ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s sur base de cet ouvrage sobre et dense. Il s\u2019agit\u00a0 d\u2019un th\u00e8me chr\u00e9tien, mais c&#8217;est aussi une r\u00e9flexion sur la mort, et donc \u00e0 port\u00e9e universelle. 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