{"id":7428,"date":"2025-09-10T07:56:36","date_gmt":"2025-09-10T07:56:36","guid":{"rendered":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/?p=7428"},"modified":"2025-09-10T07:56:36","modified_gmt":"2025-09-10T07:56:36","slug":"raymond-aron-contre-de-gaulle-israel-dhier-a-aujourdhui","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/2025\/09\/10\/raymond-aron-contre-de-gaulle-israel-dhier-a-aujourdhui\/","title":{"rendered":"Raymond Aron contre De Gaulle : Isra\u00ebl, d\u2019hier \u00e0 aujourd\u2019hui"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Raymond Aron, philosophe, sociologue et chroniqueur politique, fut l\u2019une des grandes figures intellectuelles fran\u00e7aises du XXe si\u00e8cle. Lib\u00e9ral lucide dans un pays longtemps fascin\u00e9 par les id\u00e9ologies totalitaires, il se distingua par son refus des illusions et sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la rigueur analytique. Juif assimil\u00e9, se disant lui-m\u00eame \u00ab d\u00e9juda\u00efs\u00e9 \u00bb, il n\u2019en fut pas moins profond\u00e9ment touch\u00e9 par la question d\u2019Isra\u00ebl et par la place des Juifs dans l\u2019histoire contemporaine. C\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019il publia, \u00e0 la suite de la conf\u00e9rence de presse du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle du 27 novembre 1967, un petit ouvrage intitul\u00e9 <em>De Gaulle, Isra\u00ebl et les Juifs<\/em>. Dans ce texte, Aron exprime avec une rare vigueur son indignation et sa lucidit\u00e9 devant ce qu\u2019il consid\u00e8re comme une faute politique et morale d\u2019une gravit\u00e9 exceptionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conf\u00e9rence de presse du 27 novembre 1967 est devenue un jalon de l\u2019histoire politique et symbolique de la France contemporaine. Par une formule rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre, Charles de Gaulle, au fa\u00eete de son autorit\u00e9, qualifia le peuple juif de <em>\u00ab peuple d\u2019\u00e9lite, s\u00fbr de lui-m\u00eame et dominateur \u00bb<\/em>, inscrivant ainsi dans la m\u00e9moire nationale un moment o\u00f9 l\u2019immense prestige du chef de la R\u00e9sistance bascula vers l\u2019ombre d\u2019un soup\u00e7on. Ce fut une rupture dans les relations entre la France et Isra\u00ebl, mais aussi une blessure dans la conscience juive fran\u00e7aise. Aron, observateur lucide et souvent mesur\u00e9 des affaires internationales, r\u00e9agit avec une vigueur inhabituelle. C\u2019est que les mots du g\u00e9n\u00e9ral touchaient \u00e0 quelque chose de plus profond que la seule diplomatie : ils r\u00e9activaient, derri\u00e8re l\u2019actualit\u00e9, les fant\u00f4mes du pass\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour comprendre l\u2019indignation d\u2019Aron, il faut rappeler le contexte. La guerre des Six Jours venait de bouleverser le Proche-Orient. Isra\u00ebl, encercl\u00e9 et menac\u00e9, avait pris l\u2019initiative militaire et, en six jours, \u00e9cras\u00e9 ses adversaires. Cette victoire spectaculaire fut salu\u00e9e par une large partie de l\u2019opinion publique fran\u00e7aise, \u00e9mue par la disproportion des forces et par la m\u00e9moire encore vive de la Shoah. Les Juifs de France v\u00e9curent cet \u00e9lan de sympathie comme une r\u00e9conciliation heureuse entre leur citoyennet\u00e9 et leur appartenance m\u00e9morielle. Aron l\u2019a exprim\u00e9 dans une phrase d\u2019une justesse poignante : <em>Parce que les sympathies de la majorit\u00e9 des Fran\u00e7ais allaient \u00e0 Isra\u00ebl, les Juifs \u00e9prouvaient une joie \u00e9merveill\u00e9e, la r\u00e9conciliation de leur citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise et de leur \u201cjuda\u00efcit\u00e9\u201d : en manifestant leur attachement \u00e0 Isra\u00ebl, ils ne se s\u00e9paraient pas des Fran\u00e7ais, ils se m\u00ealaient \u00e0 eux. C\u2019\u00e9tait trop beau pour durer : eux aussi croyaient au P\u00e8re No\u00ebl.<\/em> Dans ce climat, les mots du g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9sonn\u00e8rent comme une trahison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De Gaulle avait choisi de condamner la riposte isra\u00e9lienne, en feignant de maintenir une position de neutralit\u00e9. Mais Aron d\u00e9voile l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de ce langage : exiger d\u2019Isra\u00ebl qu\u2019il ne tire pas le premier coup, c\u2019\u00e9tait, de fait, l\u2019emp\u00eacher de se d\u00e9fendre. <em>Un regard sur la carte permettait de pr\u00e9voir, sans grand risque d\u2019erreur, celui qui, logiquement, devait tirer le premier coup<\/em>, \u00e9crit-il avec ironie. En r\u00e9alit\u00e9, la France abandonnait sa posture d\u2019arbitre et se rangeait du c\u00f4t\u00e9 arabe. Ce qui heurtait Aron n\u2019\u00e9tait pas seulement ce choix, mais l\u2019explication que de Gaulle crut devoir en donner : l\u2019imp\u00e9rialisme isra\u00e9lien serait imputable \u00e0 <em>l\u2019instinct dominateur du peuple juif<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, Aron s\u2019\u00e9l\u00e8ve avec force. Il ne s\u2019agit plus seulement d\u2019une erreur d\u2019analyse g\u00e9opolitique, mais d\u2019une d\u00e9rive rh\u00e9torique lourde de cons\u00e9quences. <em>Appeler \u201cs\u00fbr de lui et dominateur\u201d le peuple des ghettos me para\u00eet, aujourd\u2019hui encore, aussi d\u00e9risoire qu\u2019odieux<\/em>, affirme-t-il. En quelques mots, de Gaulle r\u00e9activait un imaginaire qui n\u2019avait rien \u00e0 faire dans la bouche d\u2019un homme d\u2019\u00c9tat occidental apr\u00e8s 1945. Aron le souligne : <em>Aucun homme d\u2019\u00c9tat occidental n\u2019avait parl\u00e9 des Juifs dans ce style, ne les avait caract\u00e9ris\u00e9s comme \u201cpeuple\u201d par deux adjectifs. Ce style, ces adjectifs, nous les connaissons tous, ils appartiennent \u00e0 Drumont, \u00e0 Maurras, non pas \u00e0 Hitler et aux siens.<\/em> Le diagnostic est implacable. De Gaulle, sans franchir le seuil d\u2019un antis\u00e9mitisme exterminateur, puisait n\u00e9anmoins \u00e0 la source du vieil antis\u00e9mitisme nationaliste fran\u00e7ais, celui qui avait nourri l\u2019affaire Dreyfus et form\u00e9 les cat\u00e9gories mentales de g\u00e9n\u00e9rations enti\u00e8res.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aron est d\u2019autant plus choqu\u00e9 que cette phrase \u00e9tait inutile au raisonnement du g\u00e9n\u00e9ral. Elle n\u2019apportait rien \u00e0 la d\u00e9monstration. Pourquoi donc ce coup bas ? <em>Je ne sais<\/em>, avoue-t-il, tout en s\u2019interrogeant :<em> \u00e9tait-ce pour punir Isra\u00ebl de son ind\u00e9pendance militaire ? Pour flatter les r\u00e9gimes arabes dans l\u2019espoir de contrats p\u00e9troliers ou d\u2019influence strat\u00e9gique ? Pour se d\u00e9marquer des \u00c9tats-Unis en frappant indirectement leurs alli\u00e9s ? Ou encore pour interdire toute vell\u00e9it\u00e9 de double all\u00e9geance des Juifs de France ?<\/em> Aron pose les questions sans y r\u00e9pondre, mais leur simple \u00e9num\u00e9ration r\u00e9v\u00e8le combien il per\u00e7oit ce geste comme calcul\u00e9, pr\u00e9m\u00e9dit\u00e9, et non comme une simple maladresse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il en tire une cons\u00e9quence grave : <em>Le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle a, sciemment, volontairement, ouvert une nouvelle p\u00e9riode de l\u2019histoire juive et peut-\u00eatre de l\u2019antis\u00e9mitisme. Tout redevient possible. Tout recommence. Pas question, certes, de pers\u00e9cution : seulement de \u201cmalveillance\u201d. Pas le temps du m\u00e9pris : le temps du soup\u00e7on.<\/em> Cette formule r\u00e9sume l\u2019intuition centrale d\u2019Aron : un simple mot, dans la bouche d\u2019un homme d\u2019\u00c9tat de ce rang, suffit \u00e0 rendre de nouveau <em>salonf\u00e4hig<\/em> \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab acceptable dans les salons \u00bb, fr\u00e9quentable dans la bonne soci\u00e9t\u00e9 \u2014 des pr\u00e9jug\u00e9s que l\u2019on croyait disqualifi\u00e9s. L\u2019antis\u00e9mitisme, d\u00e9sormais, pouvait se dire de nouveau, se justifier par r\u00e9f\u00e9rence au G\u00e9n\u00e9ral, se glisser dans la conversation cultiv\u00e9e. En politique, les mots ne sont jamais neutres : ils fabriquent un climat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cette critique morale s\u2019ajoute une analyse strat\u00e9gique d\u2019une remarquable lucidit\u00e9. Aron rappelle que l\u2019existence d\u2019Isra\u00ebl est d\u2019une fragilit\u00e9 sans \u00e9quivalent. Les Arabes, dit-il, peuvent perdre bataille apr\u00e8s bataille et garder intacte la perspective d\u2019une victoire finale, parce qu\u2019ils disposent de la d\u00e9mographie, de l\u2019espace et du temps. Isra\u00ebl, lui, ne peut perdre une seule guerre, car la d\u00e9faite signifierait la disparition pure et simple de l\u2019\u00c9tat. <em>David, une troisi\u00e8me fois, abattit Goliath mais il demeure David, momentan\u00e9ment sup\u00e9rieur par ce que l\u2019on appelle aujourd\u2019hui intelligence, la ma\u00eetrise des techniques, mais, apr\u00e8s comme avant, sans r\u00e9serves, sans position de repli.<\/em> Cette vision, Aron la formule au lendemain de la guerre des Six Jours, mais elle reste d\u2019une actualit\u00e9 saisissante : Isra\u00ebl vit comme une garnison assi\u00e9g\u00e9e, contrainte \u00e0 la vigilance permanente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce r\u00e9alisme strat\u00e9gique se double chez Aron d\u2019un aveu existentiel. <em>Je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 sioniste, d\u2019abord et avant tout parce que je ne m\u2019\u00e9prouve pas juif<\/em>, \u00e9crit-il avec franchise. Et pourtant, il reconna\u00eet : <em>Je sais aussi, plus clairement qu\u2019hier, que l\u2019\u00e9ventualit\u00e9 m\u00eame de la destruction de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl (qu\u2019accompagnerait le massacre d\u2019une partie de la population) me blesse jusqu\u2019au fond de l\u2019\u00e2me.<\/em> Tout est dit : l\u2019intellectuel qui s\u2019\u00e9tait voulu ext\u00e9rieur \u00e0 la question juive se d\u00e9couvre, dans la menace contre Isra\u00ebl, atteint au plus profond. L\u2019histoire rattrape ceux qui croient pouvoir s\u2019en tenir \u00e0 distance.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette ambivalence traverse toute sa r\u00e9flexion. Aron refuse le nationalisme juif, mais il mesure que la survie d\u2019Isra\u00ebl est indissociable de la m\u00e9moire de la Shoah et de l\u2019avenir des Juifs partout dans le monde. C\u2019est pourquoi il voit dans la phrase de de Gaulle un danger qui d\u00e9passe la conjoncture diplomatique. Elle fragilise le lien d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9caire entre les Juifs de France et leur patrie, en rappelant que leur loyaut\u00e9 peut toujours \u00eatre suspect\u00e9e. La r\u00e9conciliation joyeuse qu\u2019ils avaient ressentie en juin 1967, en voyant la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise partager leur sympathie pour Isra\u00ebl, se trouvait brutalement bris\u00e9e. Le soup\u00e7on revenait, et avec lui l\u2019inqui\u00e9tude d\u2019un retour du refoul\u00e9 antis\u00e9mite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aron, en philosophe politique, sait que les nations se construisent aussi sur des mythes et des images. En associant l\u2019\u00c9tat juif \u00e0 une pr\u00e9tendue nature <em>dominatrice<\/em> du peuple juif, de Gaulle r\u00e9introduisait dans l\u2019imaginaire collectif une \u00e9quation pernicieuse : l\u2019imp\u00e9rialisme isra\u00e9lien ne serait pas un choix politique, mais l\u2019expression d\u2019une essence \u00e9ternelle. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce type de glissement qui a nourri les pires pers\u00e9cutions, de l\u2019accusation de d\u00e9icide \u00e0 l\u2019antis\u00e9mitisme racial moderne. Qu\u2019un chef d\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais l\u2019ait repris, m\u00eame att\u00e9nu\u00e9, \u00e9tait pour Aron une faute politique et morale d\u2019une gravit\u00e9 exceptionnelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour autant, Aron ne c\u00e8de pas \u00e0 la tentation de r\u00e9duire de Gaulle \u00e0 cette faute. Son jugement final t\u00e9moigne d\u2019une tension entre admiration et d\u00e9sillusion : <em>Le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle a sa place dans l\u2019histoire de France : tout Fran\u00e7ais, gaulliste ou non, juif ou non, souhaite passionn\u00e9ment que pour l\u2019homme du 18 juin la vieillesse ne soit pas un naufrage.<\/em> L\u2019homme du 18 Juin reste le h\u00e9ros fondateur, le garant de la dignit\u00e9 nationale. Mais en 1967, ce h\u00e9ros a terni sa gloire en choisissant d\u2019humilier les Juifs et de fragiliser Isra\u00ebl au nom d\u2019int\u00e9r\u00eats obscurs ou de calculs strat\u00e9giques contestables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet \u00e9pisode, en d\u00e9finitive, \u00e9claire durablement l\u2019attitude fran\u00e7aise au Proche-Orient. Depuis de Gaulle, une ligne de m\u00e9fiance \u00e0 l\u2019\u00e9gard d\u2019Isra\u00ebl, temp\u00e9r\u00e9e mais constante, s\u2019est transmise de pr\u00e9sident en pr\u00e9sident, jusqu\u2019\u00e0 Emmanuel Macron lui-m\u00eame. Derri\u00e8re les oscillations de langage et de style, la matrice demeure : la France se veut l\u2019interlocuteur privil\u00e9gi\u00e9 du monde arabe, et pour cela, Isra\u00ebl doit toujours \u00eatre tenu \u00e0 distance. Aron, en 1967, avait d\u00e9j\u00e0 compris que ce choix diplomatique se paierait d\u2019un prix moral, celui du soup\u00e7on r\u00e9introduit \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Juifs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ici que son analyse rejoint notre pr\u00e9sent. La guerre de Gaza, les d\u00e9bats sur la l\u00e9gitimit\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl \u00e0 se d\u00e9fendre, les critiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de la colonisation ou des gouvernements isra\u00e9liens successifs, tout cela s\u2019inscrit dans une continuit\u00e9 o\u00f9 la France se montre toujours plus s\u00e9v\u00e8re envers l\u2019\u00c9tat juif qu\u2019envers ses adversaires. Certes, la condamnation du terrorisme est d\u00e9sormais explicite et les mots sont choisis avec prudence. Mais la tonalit\u00e9 demeure : Isra\u00ebl reste suspect de \u00ab disproportion \u00bb, comme hier il \u00e9tait suspect d\u2019\u00ab instinct dominateur \u00bb. L\u2019h\u00e9ritage gaullien, consciemment ou non, continue de peser sur la diplomatie fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aron, s\u2019il vivait aujourd\u2019hui, verrait dans ces attitudes la confirmation de son intuition : ce qui semblait un simple \u00ab coup bas \u00bb en 1967 a ouvert une longue s\u00e9quence o\u00f9 la critique politique d\u2019Isra\u00ebl se double toujours, plus ou moins explicitement, d\u2019une suspicion envers les Juifs eux-m\u00eames. Les formes ont chang\u00e9, la rh\u00e9torique s\u2019est adapt\u00e9e, mais la structure demeure. Ce n\u2019est pas seulement Isra\u00ebl qui est jug\u00e9 : c\u2019est le peuple juif qui, par ricochet, redevient objet de soup\u00e7on.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019essai d\u2019Aron sur <em>De Gaulle, Isra\u00ebl et les Juifs<\/em> conserve ainsi une port\u00e9e proph\u00e9tique. En d\u00e9non\u00e7ant la dangerosit\u00e9 d\u2019une formule, il avait pressenti la permanence d\u2019un climat. Il nous rappelle que l\u2019histoire n\u2019avance pas en ligne droite : les blessures peuvent se rouvrir, les soup\u00e7ons rena\u00eetre, les st\u00e9r\u00e9otypes se recycler. En ce sens, lire Aron aujourd\u2019hui, c\u2019est comprendre que la parole d\u2019\u00c9tat a le pouvoir de prot\u00e9ger ou d\u2019exposer, de cicatriser ou de rouvrir des plaies. Et c\u2019est mesurer combien la dignit\u00e9 d\u2019Isra\u00ebl et la s\u00e9curit\u00e9 symbolique des Juifs restent, un demi-si\u00e8cle plus tard, li\u00e9es au poids des mots prononc\u00e9s par les grandes voix politiques.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Raymond Aron, philosophe, sociologue et chroniqueur politique, fut l\u2019une des grandes figures intellectuelles fran\u00e7aises du XXe si\u00e8cle. 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