{"id":7812,"date":"2025-10-28T10:52:08","date_gmt":"2025-10-28T10:52:08","guid":{"rendered":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/?p=7812"},"modified":"2025-10-28T10:52:08","modified_gmt":"2025-10-28T10:52:08","slug":"de-lanarchie-au-liberalisme-une-meme-defiance-du-pouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/2025\/10\/28\/de-lanarchie-au-liberalisme-une-meme-defiance-du-pouvoir\/","title":{"rendered":"De l\u2019anarchie au lib\u00e9ralisme : une m\u00eame d\u00e9fiance du pouvoir"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Tout semble opposer Pierre-Joseph Proudhon et Moshe Feiglin : l\u2019un, penseur fran\u00e7ais du XIX\u1d49 si\u00e8cle, na\u00eet dans une Europe encore monarchique et travers\u00e9e par l\u2019essor du capitalisme industriel ; l\u2019autre, homme politique isra\u00e9lien du XXI\u1d49 si\u00e8cle, agit dans un \u00c9tat moderne en proie \u00e0 des tensions religieuses et identitaires. Pourtant, \u00e0 travers le temps et les contextes, un m\u00eame souffle les anime : la foi dans la libert\u00e9 comme principe d\u2019ordre et de vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Proudhon voulait d\u00e9livrer la soci\u00e9t\u00e9 du joug de l\u2019\u00c9tat et du capital ; Feiglin cherche \u00e0 lib\u00e9rer les individus de la tutelle du pouvoir et de la r\u00e9gulation bureaucratique. Tous deux refusent de concevoir la politique comme l\u2019art de commander. Chez Proudhon, l\u2019\u00ab anarchie positive \u00bb d\u00e9signe un ordre fond\u00e9 sur la r\u00e9ciprocit\u00e9 et la coop\u00e9ration ; chez Feiglin, le \u00ab lib\u00e9ralisme int\u00e9gral \u00bb renvoie \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 responsable, capable de s\u2019autor\u00e9guler par la conscience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La libert\u00e9 proudhonienne s\u2019incarne dans le f\u00e9d\u00e9ralisme : chaque commune, chaque association administre ses affaires et s\u2019unit aux autres sans tutelle centrale. Feiglin transpose cette id\u00e9e dans un Isra\u00ebl d\u00e9centralis\u00e9, o\u00f9 les communaut\u00e9s et les \u00e9coles g\u00e8rent leurs institutions tandis que l\u2019\u00c9tat se limite \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9, \u00e0 la justice et \u00e0 la souverainet\u00e9. Chez l\u2019un comme chez l\u2019autre, la soci\u00e9t\u00e9 est un organisme vivant, capable d\u2019\u00e9quilibre et d\u2019innovation d\u00e8s qu\u2019on lui restitue son autonomie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette proximit\u00e9 de forme masque une divergence profonde. Pour Proudhon, la libert\u00e9 n\u2019a de sens que si elle s\u2019accompagne de justice : l\u2019\u00e9change doit \u00eatre \u00e9quitable, la coop\u00e9ration doit remplacer la comp\u00e9tition. Son mutualisme propose une \u00e9conomie morale fond\u00e9e sur la r\u00e9ciprocit\u00e9, o\u00f9 la prosp\u00e9rit\u00e9 na\u00eet de la solidarit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Feiglin, lui, mise sur la responsabilit\u00e9 \u00e9clair\u00e9e par la conscience individuelle. L\u00e0 o\u00f9 Proudhon veut \u00e9quilibrer la libert\u00e9 par la justice, Feiglin veut l\u2019\u00e9lever par l\u2019\u00e9thique. Le premier l\u2019enracine dans la relation sociale ; le second, dans la dignit\u00e9 int\u00e9rieure de l\u2019individu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leur rapport \u00e0 l\u2019\u00c9tat traduit cette opposition. Proudhon y voit un instrument d\u2019oppression \u00e0 dissoudre dans un r\u00e9seau d\u2019institutions f\u00e9d\u00e9ratives ; Feiglin d\u00e9fend un \u00c9tat resserr\u00e9 sur ses fonctions r\u00e9galiennes \u2014 garant de la s\u00e9curit\u00e9 et de la souverainet\u00e9, mais neutre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Chez Proudhon, la politique se r\u00e9sorbe dans l\u2019\u00e9conomie sociale ; chez Feiglin, elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve dans la sph\u00e8re morale. L\u2019un cherche \u00e0 collectiviser la libert\u00e9 sans la d\u00e9naturer, l\u2019autre veut la sanctifier sans la restreindre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et pourtant, un m\u00eame \u00e9lan les unit : la confiance dans la capacit\u00e9 de l\u2019homme \u00e0 s\u2019ordonner sans ma\u00eetre. Proudhon voyait dans la f\u00e9d\u00e9ration des producteurs le rem\u00e8de \u00e0 l\u2019injustice sociale ; Feiglin voit dans la lib\u00e9ration des \u00e9nergies individuelles la promesse d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 robuste et digne. L\u2019un voulait d\u00e9livrer la communaut\u00e9 de la servitude, l\u2019autre veut affranchir l\u2019homme de la peur \u2014 et tous deux rappellent qu\u2019il n\u2019est pas de pouvoir plus fort que la conscience libre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout semble opposer Pierre-Joseph Proudhon et Moshe Feiglin : l\u2019un, penseur fran\u00e7ais du XIX\u1d49 si\u00e8cle, na\u00eet dans une Europe encore monarchique et travers\u00e9e par l\u2019essor du capitalisme industriel ; l\u2019autre, homme politique isra\u00e9lien du XXI\u1d49 si\u00e8cle, agit dans un \u00c9tat moderne en proie \u00e0 des tensions religieuses et identitaires. 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