{"id":7977,"date":"2025-10-31T08:08:47","date_gmt":"2025-10-31T08:08:47","guid":{"rendered":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/?p=7977"},"modified":"2025-11-13T15:44:27","modified_gmt":"2025-11-13T15:44:27","slug":"spinoza-ou-la-discontinuite-du-judaisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/2025\/10\/31\/spinoza-ou-la-discontinuite-du-judaisme\/","title":{"rendered":"Spinoza ou la discontinuit\u00e9 du juda\u00efsme"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\" data-pm-slice=\"1 1 []\">Le juda\u00efsme rabbinique et la civilisation occidentale sont deux formes de pens\u00e9e issues d\u2019une rupture commune mais \u00e9trang\u00e8res l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. On parle pourtant, \u00e0 propos de figures comme Spinoza, d\u2019un \u00ab apport juif \u00bb \u00e0 la modernit\u00e9, comme si le juda\u00efsme avait f\u00e9cond\u00e9 la pens\u00e9e europ\u00e9enne. Mais cette id\u00e9e rel\u00e8ve d\u2019un malentendu. Ce ne sont pas les structures spirituelles ou intellectuelles du juda\u00efsme qui ont p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 la culture occidentale : ce sont des juifs, individuellement, qui s\u2019y sont int\u00e9gr\u00e9s et qui, \u00e0 travers elle, ont produit des \u0153uvres d\u00e9cisives\u00b9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Spinoza en offre un exemple embl\u00e9matique. Philosophe juif de naissance, form\u00e9 \u00e0 la langue et \u00e0 l\u2019\u00c9criture h\u00e9bra\u00efques, il n\u2019en demeure pas moins un penseur de la modernit\u00e9 occidentale, non un penseur du juda\u00efsme. Son \u0153uvre n\u2019est pas la continuation du juda\u00efsme rabbinique, mais le fruit d\u2019une rupture. Pour comprendre ce qu\u2019il repr\u00e9sente, il faut d\u2019abord mesurer la transformation radicale qu\u2019a connue le juda\u00efsme apr\u00e8s la destruction du Second Temple\u00b9\u00b9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le juda\u00efsme qui s\u2019est constitu\u00e9 apr\u00e8s cet \u00e9v\u00e9nement n\u2019est pas la continuation de celui de l\u2019Antiquit\u00e9, mais en constitue la refondation. Priv\u00e9 de Temple, de culte sacrificiel et de sacerdoce, le peuple juif a d\u00e9plac\u00e9 le centre de gravit\u00e9 de sa vie religieuse : la parole, l\u2019interpr\u00e9tation et l\u2019\u00e9tude ont pris le pas sur le rituel antique. C\u2019est dans cette transformation qu\u2019est n\u00e9 le juda\u00efsme rabbinique, fond\u00e9 sur la mise par \u00e9crit de la Torah orale \u2014 la Mishna et la Gemara \u2014 puis sur le travail des codificateurs et commentateurs : Ma\u00efmonide, Joseph Caro, et beaucoup d\u2019autres\u00b2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce juda\u00efsme-l\u00e0, celui du Talmud et de la halakha\u00b3, est le juda\u00efsme historique, c\u2019est-\u00e0-dire celui de l\u2019Exil, qui a structur\u00e9 l\u2019existence juive pendant pr\u00e8s de deux mill\u00e9naires jusqu\u2019\u00e0 nos jours. Il s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 hors du pouvoir politique et en marge de la civilisation occidentale, dans une continuit\u00e9 textuelle et spirituelle, loin du christianisme et de la philosophie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais l\u2019Occident, au travers du christianisme, s\u2019est nourri d\u2019un autre juda\u00efsme : celui du Temple et des proph\u00e8tes, celui de l\u2019Antiquit\u00e9. Entre le juda\u00efsme rabbinique et la civilisation occidentale, il n\u2019y eut jamais de v\u00e9ritable \u00e9change d\u2019id\u00e9es ou d\u2019influence r\u00e9ciproque. Le premier s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Loi et \u00e0 la tradition orale, le second dans la qu\u00eate d\u2019un universalisme philosophique et th\u00e9ologique \u00e9tranger \u00e0 cette logique. L\u2019expression m\u00eame de \u00ab civilisation jud\u00e9o-chr\u00e9tienne \u00bb est, \u00e0 cet \u00e9gard, un abus de langage : il n\u2019existe pas de civilisation jud\u00e9o-chr\u00e9tienne, car le christianisme s\u2019est constitu\u00e9 en se s\u00e9parant du juda\u00efsme, non en le prolongeant\u00b9\u2070. C\u2019est pourquoi on ne peut voir dans Spinoza une passerelle entre ces mondes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Spinoza n\u2019est pas un h\u00e9ritier du juda\u00efsme talmudique. Il n\u2019en avait ni la connaissance ni les cat\u00e9gories. Dans toute son \u0153uvre, et notamment dans le Trait\u00e9 th\u00e9ologico-politique, le Talmud n\u2019appara\u00eet pratiquement jamais. Ce silence n\u2019est pas fortuit. Spinoza cite le texte h\u00e9bra\u00efque du Tanakh (c\u2019est-\u00e0-dire la Bible h\u00e9bra\u00efque, ou Ancien Testament\u2074) avec une pr\u00e9cision remarquable, mais ne manifeste aucune familiarit\u00e9 avec la logique rabbinique ni avec le mode d\u2019interpr\u00e9tation du Talmud. Il ne l\u2019a probablement pas \u00e9tudi\u00e9, et ne devait en avoir qu\u2019une connaissance limit\u00e9e et indirecte, par impr\u00e9gnation culturelle\u00b9\u00b2.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9ducation qu\u2019il avait re\u00e7ue dans la communaut\u00e9 d\u2019Amsterdam portait essentiellement sur la Bible et sur la philosophie m\u00e9di\u00e9vale, pas sur la casuistique talmudique. Les Juifs portugais d\u2019Amsterdam \u00e9taient bibliquement orient\u00e9s plut\u00f4t que talmudiques : leur enseignement privil\u00e9giait l\u2019\u00c9criture et la langue h\u00e9bra\u00efque\u2075. Ce qui domine alors dans son \u0153uvre, c\u2019est la ma\u00eetrise du texte biblique. Elle s\u2019explique autant par son \u00e9ducation initiale que par le milieu dans lequel il v\u00e9cut apr\u00e8s son excommunication\u00b9\u00b3.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Amsterdam du XVII\u1d49 si\u00e8cle appartenait \u00e0 une R\u00e9publique protestante o\u00f9 la lecture de la Bible constituait le c\u0153ur de la culture savante. La R\u00e9forme avait fait de l\u2019\u00c9criture \u2014 l\u2019ensemble form\u00e9 par l\u2019Ancien et le Nouveau Testament \u2014 la r\u00e9f\u00e9rence supr\u00eame en mati\u00e8re de foi et de savoir religieux, au d\u00e9triment de la tradition eccl\u00e9siastique\u2076. Spinoza adopta les m\u00e9thodes philologiques et critiques des humanistes protestants : analyse grammaticale, contextualisation historique, lecture rationnelle du texte\u2077. Sa d\u00e9marche s\u2019inscrit dans cette tradition du libre examen plus que dans celle du commentaire rabbinique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Spinoza traite ainsi le juda\u00efsme exclusivement comme une loi r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, non comme la religion talmudique vivante\u2078. Son univers intellectuel est celui du Tanakh relu \u00e0 la lumi\u00e8re de la raison, non celui du Talmud interpr\u00e9t\u00e9 dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la R\u00e9v\u00e9lation. Son silence \u00e0 l\u2019\u00e9gard du corpus talmudique ne r\u00e9sulte pas d\u2019un choix, mais d\u2019une absence de contact avec ce monde. Il ne pouvait critiquer ce qu\u2019il ne connaissait pas. En ce sens, Spinoza n\u2019est pas un relais entre juda\u00efsme et Occident, mais un penseur juif inscrit dans la culture occidentale. Son rapport au texte h\u00e9bra\u00efque est celui d\u2019un humaniste form\u00e9 dans un contexte protestant, pas celui d\u2019un juif fid\u00e8le \u00e0 la tradition rabbinique. Il rompt non seulement avec la foi, mais avec la forme m\u00eame du juda\u00efsme r\u00e9el \u2014 celui du Talmud, de la Loi, du commentaire vivant. Il n\u2019en proc\u00e8de pas ; il en sort. Spinoza n\u2019a pas transmis le juda\u00efsme \u00e0 la modernit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette rupture inaugure un type nouveau de relation entre juifs et civilisation occidentale. Spinoza est l\u2019un des premiers de ces esprits juifs qui, sortis du monde rabbinique, participent \u00e0 la culture europ\u00e9enne. Apr\u00e8s lui, d\u2019autres suivront des voies analogues : Einstein, Freud, ou encore Mahler et Sch\u00f6nberg dans le domaine artistique \u2014 tous des juifs qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la science, \u00e0 la pens\u00e9e ou \u00e0 la culture europ\u00e9ennes, mais sans que leurs \u0153uvres proc\u00e8dent du juda\u00efsme talmudique\u2079. Il ne s\u2019agit pas de nier la part juive de leur identit\u00e9, mais de rappeler que leur apport ne provient pas du juda\u00efsme mais s\u2019en d\u00e9tache. Leur participation \u00e0 la modernit\u00e9 suppose l\u2019appropriation des cat\u00e9gories, des m\u00e9thodes et des valeurs de l\u2019Occident \u2014 rationalit\u00e9, universalit\u00e9, critique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, la civilisation occidentale n\u2019a pas int\u00e9gr\u00e9 le juda\u00efsme : elle a int\u00e9gr\u00e9 des juifs. Et le juda\u00efsme, de son c\u00f4t\u00e9, n\u2019a pas export\u00e9 sa logique propre dans la culture moderne. Il est demeur\u00e9 un monde parall\u00e8le, fond\u00e9 sur l\u2019\u00e9tude, la Loi et la transmission d\u2019une vie spirituelle qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e en dehors des cat\u00e9gories de la philosophie et de la science occidentales. Ce n\u2019est donc pas du juda\u00efsme que la modernit\u00e9 a h\u00e9rit\u00e9, mais de juifs qui en sont issus. C\u2019est dans cet \u00e9cart que s\u2019inscrit la contribution juive \u00e0 l\u2019histoire intellectuelle de l\u2019Europe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">***<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1. Sur cette distinction entre contribution de juifs et contribution du juda\u00efsme, voir par exemple Isaiah Berlin, The Power of Ideas, Princeton University Press, 2000, chap. 4.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2. Mishna : recueil r\u00e9dig\u00e9 vers 200 ap. J.-C., compilant la tradition orale juive transmise depuis Mo\u00efse. Gemara : commentaires rabbiniques de la Mishna, compos\u00e9s entre le III\u1d49 et le VI\u1d49 si\u00e8cle, formant avec elle le Talmud. Ma\u00efmonide (1138\u20131204) : philosophe et d\u00e9cisionnaire juif, auteur du Guide des \u00e9gar\u00e9s et du Mishneh Torah. Joseph Caro (1488\u20131575) : codificateur de la Loi juive, auteur du Shoulkhan Aroukh, code de r\u00e9f\u00e9rence du droit rabbinique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">3. Halakha : ensemble des lois religieuses et juridiques du juda\u00efsme, issues de la Torah \u00e9crite et orale, r\u00e9gissant la vie quotidienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">4. Le Tanakh correspond \u00e0 ce que la tradition chr\u00e9tienne appelle l\u2019Ancien Testament. Il comprend trois parties : la Torah (Pentateuque), les Proph\u00e8tes (Nevi\u2019im) et les \u00c9crits (Ketouvim).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">5. Yirmiyahu Yovel, Spinoza and Other Heretics, vol. I : The Marrano of Reason, Princeton University Press, 1989, p. 43\u201344.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">6. La R\u00e9forme protestante (XVI\u1d49 si\u00e8cle), initi\u00e9e par Martin Luther, reposait sur le principe du Sola Scriptura : l\u2019\u00c9criture seule comme autorit\u00e9 ultime en mati\u00e8re de foi. Cette \u00c9criture, pour les r\u00e9form\u00e9s, comprend \u00e0 la fois l\u2019Ancien et le Nouveau Testament, lus directement en langues vernaculaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">7. Jonathan Israel, Radical Enlightenment: Philosophy and the Making of Modernity 1650\u20131750, Oxford University Press, 2001, p. 159\u2013160.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">8. Leo Strauss, Spinoza\u2019s Critique of Religion, University of Chicago Press, 1965 [1930], p. 24.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">9. Sur cette id\u00e9e d\u2019une modernit\u00e9 juive hors du juda\u00efsme, voir Gershom Scholem, La Kabbale et sa symbolique, Payot, 1960, conclusion, et Hannah Arendt, La tradition cach\u00e9e, Gallimard, 1987, introduction.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">10. L\u2019expression \u00ab jud\u00e9o-chr\u00e9tienne \u00bb ne renvoie pas \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 historique ou culturelle : il n\u2019existe pas de civilisation jud\u00e9o-chr\u00e9tienne. Le christianisme s\u2019est constitu\u00e9 en rupture avec le juda\u00efsme, non dans sa continuit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">11. Le Second Temple fut d\u00e9truit en l\u2019an 70 de notre \u00e8re par les troupes romaines de Titus, marquant la fin du culte sacrificiel \u00e0 J\u00e9rusalem et l\u2019exil d\u00e9finitif du peuple juif. Cet \u00e9v\u00e9nement fonde la p\u00e9riode dite du juda\u00efsme rabbinique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">12. Spinoza appartenait \u00e0 la communaut\u00e9 des juifs portugais d\u2019Amsterdam, issue de marranes \u2014 juifs d\u2019Espagne et du Portugal convertis de force au catholicisme, puis revenus au juda\u00efsme apr\u00e8s leur exil. Leur formation religieuse restait souvent lacunaire, centr\u00e9e sur la Bible plus que sur la tradition talmudique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">13. Spinoza fut excommuni\u00e9 en 1656 (herem) par la communaut\u00e9 juive d\u2019Amsterdam pour ses positions jug\u00e9es h\u00e9r\u00e9tiques. Il avait alors vingt-quatre ans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le juda\u00efsme rabbinique et la civilisation occidentale sont deux formes de pens\u00e9e issues d\u2019une rupture commune mais \u00e9trang\u00e8res l\u2019une \u00e0 l\u2019autre. 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