{"id":8491,"date":"2026-03-02T14:12:56","date_gmt":"2026-03-02T14:12:56","guid":{"rendered":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/?p=8491"},"modified":"2026-03-02T15:56:23","modified_gmt":"2026-03-02T15:56:23","slug":"israel-dans-loeil-du-cyclone-de-avraham-kneller","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/2026\/03\/02\/israel-dans-loeil-du-cyclone-de-avraham-kneller\/","title":{"rendered":"\u00ab Isra\u00ebl au c\u0153ur de la tourmente \u00bb de Avraham Kneller"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Le docteur Abraham Kneller a fait son alyah de Belgique en 1982. M\u00e9decin h\u00e9matologue, il a exerc\u00e9 pendant pr\u00e8s de quarante ans \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sheba en Isra\u00ebl. Il est aujourd\u2019hui directeur du service d\u2019h\u00e9matologie du centre m\u00e9dical Mayan\u00e9 HaYeshua.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1425\" data-end=\"1891\">Mais Kneller est aussi un observateur engag\u00e9 de la vie intellectuelle et politique isra\u00e9lienne. T\u00e9moin attentif de l\u2019\u00e9volution de la soci\u00e9t\u00e9 du pays, il est pr\u00e9occup\u00e9 par la d\u00e9gradation du discours public et par l\u2019approfondissement des fractures internes. C\u2019est cette inqui\u00e9tude qui l\u2019a conduit \u00e0 publier <em><strong>Isra\u00ebl au c\u0153ur de la tourmente<\/strong><\/em><a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><strong><em>[1]<\/em><\/strong><\/a><strong>\u00a0<\/strong>(<strong><em>\u05d9\u05e9\u05e8\u05d0\u05dc \u05d1\u05e2\u05d9\u05df \u05d4\u05e1\u05e2\u05e8\u05d4<\/em><\/strong>), essai dans lequel il propose une lecture th\u00e9ologico-politique des tensions contemporaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019ouvrage est une tentative d\u2019inscrire les d\u00e9chirements actuels de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lienne dans une architecture spirituelle plus vaste. D\u00e8s la pr\u00e9face et l\u2019introduction, le cadre est pos\u00e9 : nous ne vivons pas simplement une crise politique ou identitaire, mais une phase avanc\u00e9e d\u2019un processus r\u00e9dempteur. Cette hypoth\u00e8se initiale d\u00e9termine l\u2019ensemble du livre. Elle est assum\u00e9e comme cl\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kneller s\u2019inscrit dans la lign\u00e9e du Rav Kook et reprend l\u2019id\u00e9e que l\u2019histoire d\u2019Isra\u00ebl poss\u00e8de une direction interne. L\u2019exil n\u2019est pas une condition d\u00e9finitive, la souverainet\u00e9 retrouv\u00e9e n\u2019est pas un accident, et les turbulences qui traversent l\u2019\u00c9tat sont comprises comme les \u00ab douleurs de l\u2019enfantement messianique \u00bb. Ce cadre organise toute l\u2019analyse. La fracture entre public traditionaliste et public lib\u00e9ral n\u2019est pas seulement sociologique ; elle renvoie, selon lui, \u00e0 un d\u00e9saccord plus profond sur la nature de l\u2019histoire juive et sur le sens m\u00eame de la souverainet\u00e9 retrouv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a l\u00e0 une conception t\u00e9l\u00e9ologique du devenir. Les \u00e9v\u00e9nements ne se succ\u00e8dent pas au hasard ; ils participent d\u2019un mouvement orient\u00e9. Les contradictions et les conflits ne sont pas des impasses, mais des moments n\u00e9cessaires d\u2019un proc\u00e8s d\u2019ensemble, dans une perspective qui \u00e9voque, sans s\u2019y r\u00e9duire, la dialectique h\u00e9g\u00e9lienne. L\u2019histoire nationale appara\u00eet comme le d\u00e9ploiement progressif d\u2019un sens qui ne se r\u00e9v\u00e8le qu\u2019\u00e0 travers ses crises. Sans en reprendre le vocabulaire, Kneller adopte ainsi une structure comparable : le r\u00e9el avance \u00e0 travers ses tensions vers un accomplissement. Chez lui, toutefois, cette maturation est th\u00e9ologique ; elle est port\u00e9e par la Providence.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ce cadre, l\u2019\u00e9rosion du socle th\u00e9ologique inqui\u00e8te Kneller. Si le lien entre peuple, Torah et Terre n\u2019est plus per\u00e7u comme constitutif, l\u2019\u00c9tat risque de devenir une entit\u00e9 nationale parmi d\u2019autres. Sans la conviction d\u2019une vocation singuli\u00e8re, il pourrait devenir \u00ab un peuple comme les autres \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, \u00e0 ses yeux, un peuple sans ancrage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La r\u00e9flexion se d\u00e9place alors vers la foi elle-m\u00eame. Kneller ne pr\u00e9tend pas d\u00e9montrer Dieu ; il parle d\u2019intuition forte. Citant le philosophe Shalom Rosenberg, il rappelle que la foi constitue \u00ab une certitude subjective face \u00e0 une incertitude objective \u00bb et que l\u2019ordre du monde incline davantage vers l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un Cr\u00e9ateur que vers celle du hasard. Il articule d\u00e8s lors un triangle coh\u00e9rent \u2014 cr\u00e9ation, r\u00e9v\u00e9lation, r\u00e9demption \u2014 dont la forme n\u2019est pas sans \u00e9voquer l\u2019architecture th\u00e9ologique du penseur juif allemand Franz Rosenzweig, bien que la perspective ici demeure r\u00e9solument historique. Si le monde a \u00e9t\u00e9 voulu, il porte un message ; si un message a \u00e9t\u00e9 transmis, il engage ; et si l\u2019histoire est orient\u00e9e, elle tend vers une d\u00e9livrance. On peut contester la pr\u00e9misse, mais la coh\u00e9rence interne du syst\u00e8me est ind\u00e9niable : le politique d\u00e9coule ici du m\u00e9taphysique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La fondation de l\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl devient alors une \u00e9tape du processus r\u00e9dempteur. Ma\u00efmonide est convoqu\u00e9, les d\u00e9bats talmudiques sur le Messie rappel\u00e9s, les \u00ab trois serments <a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a>\u00bb discut\u00e9s. M\u00eame la Shoah et la renaissance nationale sont relues comme des \u00e9v\u00e9nements inscrits dans une dynamique historique plus vaste. La souverainet\u00e9 retrouv\u00e9e ne serait pas une parenth\u00e8se ; elle participerait d\u2019un devenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est ici que surgit une premi\u00e8re difficult\u00e9. Si la r\u00e9demption est en marche, pourquoi son moteur historique fut-il le sionisme la\u00efc ? Dans la lign\u00e9e du Rav Kook, Kneller r\u00e9pond que les pionniers, m\u00eame \u00e9loign\u00e9s de la pratique, furent les instruments d\u2019un dessein qui les d\u00e9passait. Leur \u00e9nergie nationale, d\u00e9tach\u00e9e de l\u2019observance, aurait servi malgr\u00e9 eux un plan providentiel. La r\u00e9demption peut commencer sans t\u00e9chouva ; elle n\u2019est pas d\u2019embl\u00e9e parfaite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette lecture a sa coh\u00e9rence, mais elle introduit une inversion probl\u00e9matique. Ce qui s\u2019explique historiquement \u2014 le fait que des Juifs peu int\u00e9ress\u00e9s par la religion aient accord\u00e9 plus d\u2019importance \u00e0 la souverainet\u00e9 politique \u2014 est r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 comme moment d\u2019un plan divin. <em>La contradiction devient confirmation<\/em>. Or si, durant des si\u00e8cles, une grande partie du monde orthodoxe a plac\u00e9 la fid\u00e9lit\u00e9 religieuse au-dessus de la souverainet\u00e9 nationale, il n\u2019est pas surprenant que l\u2019impulsion sioniste ait \u00e9merg\u00e9 chez des Juifs la\u00efcs. L\u00e0 o\u00f9 la passion religieuse dominait, la restauration politique apparaissait secondaire. L\u00e0 o\u00f9 la r\u00e9f\u00e9rence transcendante s\u2019effa\u00e7ait, la question nationale devenait centrale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma\u00efmonide lui-m\u00eame n\u2019inclut pas le retour en Eretz Isra\u00ebl dans sa liste des 613 mitsvot. Cette absence est significative : la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la Torah ne s\u2019y confond pas avec un projet politique de souverainet\u00e9. La loi pr\u00e9c\u00e8de l\u2019\u00c9tat et ne d\u00e9pend pas de lui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La question des \u00ab trois serments \u00bb renforce encore cette complexit\u00e9. Kneller soutient qu\u2019apr\u00e8s la Shoah, ces serments \u2014 longtemps invoqu\u00e9s pour interdire une mont\u00e9e collective et forc\u00e9e vers la Terre \u2014 seraient devenus caducs. L\u2019argument est coh\u00e9rent. Mais le fait m\u00eame de devoir suspendre leur validit\u00e9 montre qu\u2019on reconna\u00eet leur autorit\u00e9. La modernit\u00e9 historique oblige la tradition \u00e0 se repositionner. L\u2019histoire pr\u00e9c\u00e8de ici la justification th\u00e9ologique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une autre difficult\u00e9 appara\u00eet si l\u2019on observe la r\u00e9alit\u00e9 sociologique du monde ultra-orthodoxe. Ceux qui consacrent l\u2019essentiel de leur existence \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la Torah \u2014 c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00e9cis\u00e9ment ceux pour qui le lien \u00e0 la Loi est le plus exclusif et le plus intense \u2014 ne constituent pas, loin s\u2019en faut, le noyau le plus engag\u00e9 dans le projet \u00e9tatique. Certains groupes, tels que les milieux li\u00e9s \u00e0 Neturei Karta, refusent m\u00eame la l\u00e9gitimit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat juif avant la r\u00e9demption messianique. D\u2019autres, sans aller jusque-l\u00e0, entretiennent une distance marqu\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ses symboles, de son ethos civique et de son arm\u00e9e, privil\u00e9giant l\u2019\u00e9tude et la continuit\u00e9 communautaire sur l\u2019int\u00e9gration nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1230\" data-end=\"1956\">Il ne s\u2019agit pas de contester la valeur de l\u2019\u00e9tude, ni d\u2019ignorer la diversit\u00e9 du monde haredi. Mais le fait est que la concentration maximale sur la Torah ne s\u2019est pas traduite historiquement par une adh\u00e9sion maximale \u00e0 la souverainet\u00e9 politique moderne. Bien au contraire, l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019un \u00c9tat juif fut longtemps per\u00e7ue comme une rupture probl\u00e9matique dans l\u2019ordre traditionnel. Cette r\u00e9alit\u00e9 fragilise l\u2019argument selon lequel l\u2019intensification du socle religieux constituerait, en soi, la condition de la p\u00e9rennit\u00e9 nationale. Si la ferveur religieuse \u00e9tait le moteur de la souverainet\u00e9, ceux qui l\u2019incarnent le plus radicalement en seraient les d\u00e9fenseurs les plus r\u00e9solus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" data-start=\"1958\" data-end=\"2390\">Or l\u2019histoire montre que la souverainet\u00e9 a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e par une volont\u00e9 nationale bien plus que par une aspiration \u00a0religieuse. La Torah a assur\u00e9 la survie du peuple en exil mais n\u2019a pas, en tant que telle, engendr\u00e9 de projet politique. La fid\u00e9lit\u00e9 religieuse peut pr\u00e9server une identit\u00e9 mais ne suffit pas \u00e0 fonder une structure \u00e9tatique. L\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl rel\u00e8ve d\u2019une d\u00e9cision historique, et non pas d\u2019une expression de la foi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a, en filigrane, une autre id\u00e9e \u00e0 interroger : si la renaissance nationale ne trouve sa pleine l\u00e9gitimit\u00e9 que dans la Torah, alors ceux qui ne s\u2019y r\u00e9f\u00e8rent pas disposeraient d\u2019une assise plus fragile pour porter l\u2019\u00c9tat dans la dur\u00e9e. Or les faits disent autre chose. Les pionniers la\u00efcs ont b\u00e2ti, cultiv\u00e9, d\u00e9fendu, innov\u00e9, pour beaucoup au prix de leur vie. Leur moteur fut puissant, constant, total. L\u2019engagement ne se mesure pas \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 d\u2019une croyance religieuse. Il peut na\u00eetre d\u2019un attachement \u00e0 l\u2019histoire, \u00e0 la langue, \u00e0 la m\u00e9moire, \u00e0 la dignit\u00e9 collective retrouv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019enjeu profond de l\u2019ouvrage de Kneller est de montrer que le sionisme n\u2019est qu\u2019un \u00e9pisode d\u2019une narration religieuse ancienne. Cette th\u00e8se ne r\u00e9siste pas \u00e0 l\u2019examen. La coh\u00e9rence interne du sionisme na\u00eet du croisement entre l\u2019humanisme des Lumi\u00e8res, la Haskala, l\u2019Emancipation et la prise de conscience au XIX\u1d49 si\u00e8cle que l\u2019int\u00e9gration n\u2019abolirait pas la vuln\u00e9rabilit\u00e9 juive. Le projet de l\u2019\u00c9tat juif est n\u00e9 dans la modernit\u00e9 politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le philosophe juif orthodoxe Yeshayahu Leibowitz \u00e9crivait : \u00ab L\u2019\u00c9tat d\u2019Isra\u00ebl n\u2019a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 ni \u00e0 cause du juda\u00efsme, ni sous la pression du juda\u00efsme, ni dans l\u2019int\u00e9r\u00eat du juda\u00efsme, mais dans le cadre de l\u2019ind\u00e9pendance nationale du peuple juif \u00bb<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a>. Spinoza, bien avant lui, observait que la persistance de la loi avait assur\u00e9 la survie du peuple apr\u00e8s la perte de son \u00c9tat, et qu\u2019une souverainet\u00e9 pourrait rena\u00eetre si les circonstances historiques s\u2019y pr\u00eataient \u2014 non comme accomplissement th\u00e9ologique, mais comme possibilit\u00e9 politique<a href=\"#_ftn4\" name=\"_ftnref4\">[4]<\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui importe est la p\u00e9rennit\u00e9 du peuple juif en tant que peuple : une r\u00e9alit\u00e9 historique travers\u00e9e de visions religieuses diverses. Le peuple pr\u00e9c\u00e8de l\u2019interpr\u00e9tation. Que certains fondent cette continuit\u00e9 sur une base th\u00e9ologique est compr\u00e9hensible, pourvu que l\u2019espace politique demeure d\u00e9mocratique. Mais la continuit\u00e9 nationale doit \u00eatre pens\u00e9e sans t\u00e9l\u00e9ologie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aucune Providence n\u2019est \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019histoire, parce qu\u2019aucun Dieu ne la fonde ni ne la dirige. Le monde n\u2019est soutenu par aucune transcendance ; il ne tend vers aucune fin inscrite en lui. Rien ne garantit le r\u00e9el. L\u2019histoire n\u2019est pas le d\u00e9ploiement d\u2019un sens cach\u00e9, mais la r\u00e9sultante provisoire de forces en conflit. Elle est contingente, sans justification ultime, sans dessein pr\u00e9alable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans un monde ainsi d\u00e9pourvu de fondement, une seule chose poss\u00e8de une effectivit\u00e9 v\u00e9ritable : ce que les hommes veulent. Non pas une v\u00e9rit\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, mais une v\u00e9rit\u00e9 impos\u00e9e, cr\u00e9\u00e9e, affirm\u00e9e par la volont\u00e9. La Shoah n\u2019est pas une n\u00e9cessit\u00e9 m\u00e9taphysique ; la renaissance d\u2019Isra\u00ebl n\u2019est pas l\u2019accomplissement d\u2019un plan c\u00e9leste. Ce sont des \u00e9v\u00e9nements issus de volont\u00e9s humaines \u2014 affront\u00e9es, destructrices ou cr\u00e9atrices \u2014 sans autre garantie que leur puissance d\u2019advenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la lecture de cet ouvrage, sa m\u00e9taphysique ne convainc pas. En revanche, l\u2019un de ses diagnostics m\u00e9rite d\u2019\u00eatre retenu : l\u2019\u00e9nergie spirituelle et morale qui portait la composante la\u00efque du sionisme s\u2019est affaiblie. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que se situe le point de fragilit\u00e9 le plus r\u00e9el. Retrouver la force des premi\u00e8res d\u00e9cennies de l\u2019\u00c9tat n\u2019implique pas de d\u00e9placer le centre de gravit\u00e9 vers la religiosit\u00e9, mais de r\u00e9activer l\u2019esprit de responsabilit\u00e9, de rigueur et de coh\u00e9sion identitaire qui animait la g\u00e9n\u00e9ration de Ben Gourion.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Compenser l\u2019\u00e9puisement du patriotisme civique par un basculement religieux constitue une option ; encore faut-il en mesurer la port\u00e9e : il ne s\u2019agirait pas d\u2019un approfondissement du projet sioniste, mais d\u2019une red\u00e9finition \u2014 voire, en un sens, d\u2019un reniement \u2014 puisque le projet qui a fond\u00e9 l\u2019\u00c9tat s\u2019est d\u2019abord constitu\u00e9 dans un horizon la\u00efque moderne. La question n\u2019est donc pas seulement th\u00e9ologique ; elle est historique et politique : s\u2019agit-il de restaurer l\u2019exigence du projet fondateur ou d\u2019en changer la nature ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notes:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Disponible en ligne par t\u00e9l\u00e9chargement chez <a href=\"https:\/\/www.e-vrit.co.il\/Search\/%D7%99%D7%A9%D7%A8%D7%90%D7%9C%20%D7%91%D7%A2%D7%99%D7%9F%20%D7%94%D7%A1%D7%A2%D7%A8%D7%94\">\u05e2\u05d1\u05e8\u05d9\u05ea &#8211; \u05d7\u05e0\u05d5\u05ea \u05e1\u05e4\u05e8\u05d9\u05dd<\/a> ou\u00a0 gratuitement chez Dr Kneller au +0526669165<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> Les Trois Serments (Talmud, Ketoubot 111a) sont un passage aggadique selon lequel, apr\u00e8s l\u2019exil, Isra\u00ebl s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 ne pas r\u00e9tablir sa souverainet\u00e9 par la force avant l\u2019\u00e8re messianique, tandis que les nations ne devaient pas l\u2019opprimer outre mesure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Yeshayahu Leibowitz, Judaism, Human Values and the Jewish State, Cambridge, Harvard University Press, 1992.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"#_ftnref4\" name=\"_ftn4\">[4]<\/a> Baruch Spinoza, Trait\u00e9 th\u00e9ologico-politique, Gallimard, coll. \u00ab Folio Essais \u00bb, chap. III.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le docteur Abraham Kneller a fait son alyah de Belgique en 1982. M\u00e9decin h\u00e9matologue, il a exerc\u00e9 pendant pr\u00e8s de quarante ans \u00e0 l\u2019h\u00f4pital Sheba en Isra\u00ebl. Il est aujourd\u2019hui directeur du service d\u2019h\u00e9matologie du centre m\u00e9dical Mayan\u00e9 HaYeshua. Mais Kneller est aussi un observateur engag\u00e9 de la vie intellectuelle et politique isra\u00e9lienne. T\u00e9moin attentif &hellip; <a href=\"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/2026\/03\/02\/israel-dans-loeil-du-cyclone-de-avraham-kneller\/\" class=\"more-link\">Continue reading<span class=\"screen-reader-text\"> &#8220;\u00ab Isra\u00ebl au c\u0153ur de la tourmente \u00bb de Avraham Kneller&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":414,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3,2,5,4],"tags":[],"class_list":["post-8491","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-israel","category-judaisme","category-philosophie","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8491","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/414"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8491"}],"version-history":[{"count":35,"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8491\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8536,"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8491\/revisions\/8536"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8491"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8491"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/danielhorowitz.com\/blog\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8491"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}