Mahmoud Abbas le récidiviste

Il y a quelques semaines à peine Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité Palestinienne, se demandait si « au bout de 74 ans depuis la Nakba et l’occupation, le temps n’est pas venu de mettre un terme à l’occupation pour que le peuple palestinien soit libre et indépendant  ». En d’autres mots qu’il n’y a pas de place pour un Etat juif dans la Palestine historique. Certains ont vu un lapsus dans cette référence à 1948, année de la naissance de l’Etat d’Israël, mais considérant les antécédents d’Abbas il ne fait pas de doute qu’il exprimait là le fond de sa pensée, volontairement ou pas.

Il faut savoir qu’Abbas est titulaire d’un doctorat sous forme de thèse négationniste. D’après lui la Shoah est une mystification dont les Juifs se sont servis pour s’emparer de la Palestine. Depuis lors Abbas n’a eu de cesse que de contester non seulement la légitimité d’Israël, mais aussi celle du peuple juif lui-même par ses déclarations antisémites à répétition.

La semaine dernière ce récidiviste a été reçu à Berlin par le chancelier Olaf Scholz. Abbas n’a pas voulu exprimer de regrets concernant l’assassinat de 11 athlètes israélien à Munich en 1972 par le Fatah, organisation  aujourd’hui sous sa direction. Il a minimisé ce massacre en disant que ce n’est pas grand-chose en comparaison des 50 Shoah perpétrées par les Juifs depuis 74 ans.

Basé sur cette révélation en forme de scoop il appert donc que 300 millions de Palestiniens auraient été exterminés par les Juifs. Mais il y a là une impasse logique: étant donné que le docteur Abbas estime lui-même que la Shoah juive  n’a jamais eu lieu alors ça fait combien 50 Shoah palestiniennes multipliées par zéro ?

Douglas Murray et l’étrange suicide de l’Europe 

Douglas Murray est un écrivain, journaliste et commentateur politique britannique néo-conservateur. Ci-dessous des extraits de « L’étrange suicide de l’Europe », traduit de l’anglais et publié en 2018 par « L’Artilleur » à Paris.

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Cette civilisation que nous appelons « Europe » a entamé un processus d’autodestruction, et que ni l’Angleterre, ni aucun pays d’Europe occidentale ne saurait échapper à ce destin. Car il semble bien que nous souffrions tous des mêmes symptômes et des mêmes pathologies. Quand la génération européenne actuelle s’éteindra, l’Europe ne sera plus l’Europe et ses peuples auront perdu leur patrie. Le seul endroit au monde où nous étions chez nous.

Quels que soient ses autres aspects positifs, les bienfaits économiques de l’immigration ne retombent en réalité quasiment que sur le migrant lui-même. Ce sont les immigrés qui ont accès aux infrastructures publiques pour lesquelles ils n’ont pas payé au préalable. Ce sont les immigrés qui bénéficient d’un salaire plus élevé que celui qu’ils pourraient atteindre dans leur pays d’origine. Et très souvent, l’argent qu’ils gagnent, ou du moins une bonne partie de cet argent, est envoyé à leur famille, résidant hors du Royaume-Uni, plutôt que d’être réinjecté dans l’économie locale.

Une étude Gallup menée en Grande-Bretagne révéla précisément que 0 % des musulmans britanniques (à partir d’un échantillon de 500) considéraient que l’homosexualité était moralement acceptable. Une autre étude menée en 2016 révéla que 52 % des musulmans britanniques estimaient qu’il faudrait rendre l’homosexualité illégale.

Pendant ces années, faire campagne sur ces agressions sexuelles, voire les mentionner, vous exposait à de très gros ennuis. Lorsque la députée Labour du Nord, Ann Cryer, s’empara de la question du viol de filles mineures dans sa propre circonscription, elle fut dénoncée comme « islamophobe » et « raciste ». Elle dut solliciter une protection policière. Il fallut des années au gouvernement central, à la police, aux édiles locaux et à l’autorité judiciaire pour oser faire affronter le problème. Lorsqu’ils commencèrent enfin à s’en préoccuper, une enquête officielle dans la ville de Rotherham révéla l’exploitation d’au moins 1 400 enfants de 1997 à 2014. Les victimes étaient toutes des jeunes filles blanches non musulmanes de la communauté locale, la plus jeune d’entre elles n’avait que 11 ans. Elles avaient toutes été sauvagement violées, certaines avaient été aspergées de pétrole et menacées d’être brûlées vives. D’autres avaient été obligées, sous la menace d’une arme, de regarder le viol d’une autre fille : on voulait ainsi les dissuader de raconter ce qu’elles avaient subi. En enquêtant sur ces faits, on découvrit que, même si les coupables étaient presque tous des hommes d’origine pakistanaise, opérant en gangs, les membres du conseil municipal exprimaient une « réticence à reconnaître les origines ethniques des coupables, de crainte d’être considérés comme racistes »

Partout en Europe de l’Ouest, la même vérité émergeait, au moins aussi lentement, souvent presque en même temps, qu’en Grande-Bretagne. Dans chaque pays, le refus des autorités d’intégrer aux statistiques criminelles des considérations ethniques ou religieuses contribua au maintien du silence. En 2009, la police en Norvège révéla que les immigrés d’origine non occidentale étaient responsables de « l’ensemble des viols rapportés » à Oslo22. En 2011, le bureau statistique de l’État norvégien accepta de reconnaître que les immigrés étaient « surreprésentés dans les statistiques de criminalité ».

Si la mondialisation fait qu’on ne peut plus empêcher quiconque de venir en Europe, il faut noter pourtant que ce problème planétaire n’affecte pas tous les pays. Si la cause en est l’attraction économique, alors il n’y a aucune raison pour que le Japon ne soit pas touché par les vagues d’immigration. En 2016, le pays était la troisième plus grande économie au monde, devant l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Mais bien sûr, malgré sa vitalité économique considérable, supérieure à celle de tous les pays européens, le Japon a évité l’immigration de masse en mettant en œuvre des mesures pour l’arrêter, en dissuadant les migrants de s’installer, en rendant l’accès à la citoyenneté japonaise difficile. Peu importe que l’on cautionne ou non la politique du Japon, mais l’exemple de ce pays montre que même à notre époque hyperconnectée, il est possible à une économie moderne d’éviter l’immigration de masse. Le processus n’est pas « inévitable ». De la même manière, bien que la Chine soit la deuxième plus grande économie mondiale, elle n’est pas un pays d’accueil pour demandeurs d’asile ou migrants économiques. En mettant de côté la question de la moralité de ce refus, il est assurément possible, y compris pour les nations les plus riches de la terre, de ne pas devenir le pôle d’attraction des migrants du monde entier. Si l’Europe est attractive, ce n’est pas seulement parce qu’elle fait miroiter richesse et emplois. Certaines raisons spécifiques expliquent qu’elle soit devenue une destination de choix pour les migrants, et ces raisons sont de son fait. Tout d’abord, les migrants ont conscience que l’Europe les autorisera très probablement à rester sur son territoire. Au top des motifs qui les poussent à affluer en Europe figure leur connaissance des mécanismes de l’État providence. Ils savent que l’État providence s’occupe des migrants qui arrivent et que, même s’il leur faudra du temps, même s’ils sont mal pris en charge, leur niveau de vie sera plus élevé et leurs droits plus étendus que nulle part ailleurs, a fortiori dans leur pays d’origine. La croyance, exacte et flatteuse pour les Européens, que l’Europe est plus tolérante, plus pacifique et plus accueillante que n’importe quelle autre partie du monde en fait aussi une destination privilégiée. S’il y avait plus de continents comme l’Europe, nous ne pourrions pas nous vanter d’être une des sociétés les plus généreuses de la planète. Si cette image d’unique endroit sur terre où il est facile de rentrer, facile de rester et sûr de vivre se renforce, alors le continent pourrait découvrir que l’attention qu’il suscite est bien moins flatteuse à long terme qu’elle peut l’être à court terme. Cependant, il n’est pas inévitable que les migrants du monde entier viennent en Europe. Ils viennent parce que l’Europe s’est rendue, pour de bonnes comme pour de mauvaises raisons, attractive.

En décembre 2014, un jour où la mer était agitée, un navire parti des alentours de Nador dans le nord du Maroc et transportant plus de 50 Africains subsahariens tenta de rejoindre la côte du sud de l’Espagne. Le capitaine musulman camerounais accusa un pasteur nigérian chrétien d’être responsable du mauvais temps parce qu’il priait à bord. Le capitaine et l’équipage frappèrent le pasteur et le jetèrent par-dessus bord avant de contrôler les autres passagers, d’identifier les chrétiens, de les frapper, et de les jeter eux aussi par-dessus bord4.

Le terme « multiculturalisme » (et plus encore celui de multikulti en allemand) résonnait différemment selon les individus. Pendant des années et encore aujourd’hui, pour la plupart des gens, le terme signifie « pluralisme » et désigne simplement une société ethniquement diversifiée. Dire à ce moment-là qu’on était en faveur du multiculturalisme revenait à dire qu’on ne se souciait pas du fait que des gens de tous horizons vivent dans son pays.

En 2006, le ministre de la Justice hollandais, Piet Hein Donner, souleva une vague de colère aux Pays-Bas, en laissant entendre dans un entretien que, si les musulmans souhaitaient remplacer la loi du pays par la charia, ils pourraient le faire par des moyens démocratiques (sous-entendant par là : lorsque les musulmans seront devenus majoritaires). En 2004, Donner avait temporairement proposé la réinstauration du délit de blasphème afin de satisfaire aux exigences de certains musulmans.

Samuel Huntington: « Le multiculturalisme est une civilisation ontologiquement anti-européenne. C’est fondamentalement une idéologie anti-occidentale. »

Alors que l’ère multiculturelle commençait à accuser le coup, on chercha à tout prix un pays où ce concept avait fonctionné. Lorsque l’onde de choc des attentats a frappé Londres, les Britanniques se sont demandé si le modèle français de laïcité n’était pas la solution aux problèmes d’intégration. Puis, après la recrudescence du nombre d’attaques terroristes en France commises par des Français, on se demanda si le modèle anglo-saxon n’avait pas au fond tous les mérites. Entre-temps, on crut trouver en Scandinavie la solution miracle, jusqu’à ce que les problèmes de ces pays finissent par apparaître au grand jour. Globalement, l’opinion publique pouvait constater ce que les dirigeants politiques n’arrivaient pas à voir : malgré les différences entre les nations européennes, elles avaient toutes échoué à intégrer les nouveaux venus.

Pendant la crise, la chancelière Merkel téléphona au Premier ministre Benjamin Netanyahu. On raconte qu’elle voulait lui demander conseil. Israël est le seul pays au monde à avoir efficacement intégré un nombre comparable de gens sur une durée équivalente, comme on le vit à l’arrivée des Juifs russes, dans les années 1990. Sans compter les autres vagues migratoires à grande échelle qu’Israël est parvenu à absorber dans les décennies qui ont suivi sa création. Comment Israël avait-il réussi à accueillir autant d’individus tout en restant remarquablement uni, et peut-être même encore plus uni qu’auparavant ? De nombreuses raisons peuvent l’expliquer, notamment les liens que tissent l’expérience commune du service militaire obligatoire et les programmes d’assimilation mis en place par le Gouvernement en Israël. Ce que la courtoisie diplomatique a peut-être empêché le Premier ministre Netanyahu de souligner, mais qu’il eût sans doute été pertinent de dire, c’est que la quasi-totalité des gens qui pendant des dizaines d’années sont arrivés en Israël partageaient un héritage juif commun, alors que dans les mois et les années à venir, Angela Merkel et son pays allaient devoir admettre que les luthériens allemands étaient peu représentés parmi la masse de gens accueillis en 2015.

Le 5 octobre 1990, un dirigeant musulman religieux déclara lors d’une émission de radio – une station subventionnée d’Amsterdam – que « ceux qui résistent à l’islam, à l’ordre de l’islam ou qui s’opposent à Allah et à son prophète, peuvent être tués, pendus, massacrés ou bannis, comme le prescrit la charia ».

Au Royaume-Uni, la police admit n’avoir pas mené à terme de nombreuses enquêtes concernant la mort de jeunes femmes musulmanes, considérant que ce qui ressemblait bien à des « crimes d’honneur » constituait un phénomène interne, propre à la communauté musulmane. En 2006, l’association médicale britannique rapporta qu’en Grande-Bretagne, au moins 74 000 femmes avaient subi l’excision.

Alors qu’ils ne représentent que 1 % de la population, les juifs étaient victimes de près de la moitié des agressions racistes enregistrées en France. Le 14 juillet 2014, à Paris, des fidèles furent enfermés à l’intérieur d’une synagogue par des immigrés psalmodiant, entre autres, « Mort aux Juifs ». En 2012, un musulman armé a tué trois enfants et un professeur dans une école juive de Toulouse. En 2014, un musulman armé a assassiné quatre personnes au musée juif de Bruxelles. En 2015, un autre musulman armé a tué quatre juifs dans un hypermarché casher à Paris. En 2015, c’est encore un musulman armé qui a tué Des prophètes sans honneur un homme, juif, chargé de la protection à la grande synagogue de Copenhague. Ces assassinats, et d’autres agressions, poussèrent finalement à poser la question de l’antisémitisme musulman.

Fallaci cita l’ancien président algérien Houari Boumédiène. Celui-ci, en 1974, avait dit devant l’assemblée générale des Nations unies : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud de cette planète pour pénétrer dans l’hémisphère nord. Mais pas en amis. Parce qu’ils jailliront pour conquérir, et ils conquerront en le peuplant de leurs enfants. La victoire nous viendra du ventre de nos femmes.

Lors d’un meeting à Cologne en 2008, le Premier ministre (et futur Président) turc, Erdoğan, expliqua à une foule de 20 000 Turcs vivant en Allemagne, Belgique, France et aux Pays-Bas : « Je comprends très bien que vous soyez contre l’assimilation. On ne peut attendre de vous que vous vous assimiliez. L’assimilation est un crime contre l’humanité. » Cependant, il expliqua à son auditoire qu’il lui fallait s’impliquer dans la politique et gagner suffisamment d’influence pour que les cinq millions de Turcs vivant alors en Europe soient capables de ne plus être simplement des « invités » mais deviennent un « élément constitutif » majeur de la société européenne.

Un dernier pays dont l’existence même est reprochée aux Européens et dont on considère généralement qu’il procède du même « péché originel », c’est l’État d’Israël. Depuis sa fondation en 1948, ce « péché originel » n’a fait que se confirmer et s’accentuer. Peu importe que la création du Pakistan, la même année qu’Israël, ait immédiatement entraîné des massacres inimaginables et imposé la déportation forcée de millions de personnes. Le départ et les expulsions occasionnelles de milliers de Palestiniens en vue de créer l’État d’Israël en 1948 sont devenus le « péché originel » du seul État juif de la planète. Au fil des années, un terme arabe s’est popularisé pour décrire ce qui s’était passé : nakba, ou « catastrophe ». Rares sont les États qui ont été créés sans mouvements de population. De nombreux pays nés au XXe siècle (le Bangladesh par exemple) ont connu des mouvements de population et des effusions de sang qui excèdent très largement tout ce qui s’est jamais produit dans les années qui ont suivi la création d’Israël. Mais aujourd’hui, c’est Israël qu’on accuse constamment d’être né de ce « péché originel ». Les citoyens du Pakistan et du Bangladesh peuvent faire des reproches aux Britanniques, mais jamais on exigerait d’eux qu’ils se sentent coupables, comme on l’exige pourtant des Européens et de leurs descendants. Bien sûr, lorsqu’il s’agit d’Israël (État comparativement plus jeune), les suggestions les plus extrêmes pour régler la situation sont envisageables.

Les attentats de Paris accélérèrent le processus de rétropédalage qui était déjà plus ou moins à l’œuvre. La Norvège modifia précipitamment sa politique d’asile et, en l’espace d’une quinzaine de jours après les événements de Paris, même la Suède annonça qu’elle réintroduisait les contrôles à ses frontières. Dorénavant, les gens entrant dans le pays devraient montrer une pièce d’identité. Ce fut annoncé comme si personne n’avait jamais entendu parler d’une telle chose. Lorsque la Première ministre suédoise, Åsa Romson du Parti vert, fit cette déclaration, elle éclata en sanglots.

Un mois avant l’interdiction du burkini à Nice, un Tunisien, Mohammed Lahouaiej-Boulel, fonça en camion dans la foule massée sur la promenade des Anglais pour célébrer le 14 juillet. Quatre-vingt-six personnes furent tuées ce soir-là et bien davantage encore furent blessées. Daesh affirma que le terroriste avait répondu à l’ordre de commettre des attentats en Europe. Le gouvernement français prolongea encore une fois l’état d’urgence en vigueur dans le pays depuis novembre dernier. Mais il est fascinant de constater qu’à peine un mois après une telle atrocité, le plus virulent des débats publics ait porté sur un accoutrement nautique islamique inventé à peine dix ans auparavant. Être fasciné par un tel attachement aux détails, alors que la question centrale demeurait irrésolue, était tout à fait tentant. Un État est capable d’arrêter des gens qui tiennent des kalachnikovs mais comment peut-on empêcher des gens de mettre la main sur des camions ? On peut arrêter les extrémistes qui s’infiltrent dans le pays mais comment fait-on lorsque les extrémistes sont des citoyens français ?

En décembre 2015, le New York Times fit exception à la règle en publiant un reportage sur les stages suivis en Norvège par des réfugiés volontaires, stages destinés à leur apprendre comment traiter les femmes. Ceci visait à lutter contre la drastique augmentation des viols en Norvège. Pendant ces stages, on expliquait notamment aux réfugiés que, si une femme leur souriait ou était court vêtue, cela ne signifiait pas qu’ils pouvaient la violer. Ces formations, destinées à des gens qui (pour reprendre les paroles d’un des organisateurs) n’avaient jamais vu que des femmes en borka et pas en minijupe, plongeaient certains d’entre Apprendre à vivre avec eux dans des abîmes de perplexité. « Les hommes ont des faiblesses. Quand on voit quelqu’un qui nous sourit, c’est difficile de se contrôler », expliquait un demandeur d’asile de 33 ans. Dans son propre pays, l’Érythrée, continua-t-il, « si quelqu’un veut une femme, il n’a qu’à la prendre, il ne sera pas puni pour ça ».

Finalement, le tabou atteint de telles proportions qu’en septembre 2015, des fonctionnaires bavarois commencèrent à mettre en garde les parents allemands : ceux-ci devaient désormais s’assurer que leurs filles, lorsqu’elles sortaient, ne portent pas des vêtements trop près du corps. « Les décolletés, les minishorts et les minijupes peuvent susciter des malentendus », prévenait une lettre aux parents. Dans certaines villes bavaroises, notamment à Mering, la police incitait les parents à ne pas laisser leurs enfants sortir seuls. On conseilla aux femmes de ne pas se rendre à la gare sans être accompagnées. À partir de 2015, on enregistra quotidiennement des signalements de viols dans les rues d’Allemagne, les bâtiments publics, les piscines et en bien d’autres endroits. Des événements semblables furent signalés en Suède, en Autriche et partout ailleurs. Mais partout le sujet des viols resta sous le boisseau, étouffé par les autorités et considéré par la plupart des médias européens comme ne faisant pas partie des informations dignes d’être rapportées.

En janvier 2016, deux hommes politiques révélèrent la véritable ampleur du désastre. Lors d’un entretien accordé à la télévision néerlandaise, Frans Timmermans, vice-président de la Commission européenne, reconnut que la majorité des gens arrivés en Europe l’année précédente n’étaient pas des demandeurs d’asile, mais bien des migrants économiques. Citant des chiffres de l’agence de contrôle des frontières Frontex, Timmermans admit qu’au moins 60 % des personnes arrivées en Europe l’année précédente étaient en réalité des migrants économiques, qui n’avaient pas davantage le droit de rester en Europe que n’importe quel autre étranger. Quant à ceux qui étaient originaires d’États d’Afrique du Nord, comme le Maroc et la Tunisie, Timmermans ajouta « qu’ils n’avaient aucune raison de demander le statut de réfugiés ».

Puis, le ministre de l’Intérieur suédois Anders Ygeman reconnut que, parmi les 163 000 personnes arrivées en Suède l’année précédente, seulement la moitié pouvait légitimement déposer une demande d’asile. M. Ygeman évoqua le nombre d’avions dont le gouvernement suédois allait avoir besoin pour les renvoyer dans leur pays, et prévint que plusieurs années seraient nécessaires pour expulser ces gens. Concernant les migrants présents en Suède en 2015, et dont le Gouvernement avait estimé qu’ils n’avaient pas le droit d’être là, il déclara : « Nous parlons de 60 000 personnes mais les chiffres pourraient monter à 80 000. » Il est terrifiant qu’un Gouvernement puisse aboutir à cette conclusion après avoir lui-même fait entrer tant de gens dans son pays.

À la fin du mois de mai 2016, l’Allemagne avait plus de 220 000 personnes sous le coup d’un arrêté d’expulsion. Seules 11 300 d’entre elles furent expulsées, y compris vers les pays où elles étaient arrivées en premier lieu, comme la Bulgarie.

Lorsque les services belges ont enquêté sur les nombreux projets d’attentats fomentés par des Belges, ils ont découvert qu’une grande partie d’entre eux préparaient leur coup en étant toujours subventionnés par l’État. Salah Abdeslam, par exemple, le principal suspect et survivant des attentats de Paris en novembre 2015, avait perçu pendant la période précédant les attentats 19 000 euros d’allocations chômage. Ses dernières allocations remontaient à peine à quelques semaines avant les attentats. Cela fait des sociétés européennes les premières dans l’histoire du monde à payer les gens qui les attaquent.

Écrivains et penseurs se montraient autrefois moins réservés sur la question. Le Déclin de l’Occident d’Oswald Spengler fait partie de ces ouvrages pessimistes et profondément vivifiants qui ont marqué la pensée allemande du début du XXe siècle. Il y défend précisément cette thèse. Spengler considère en effet que les civilisations, à l’instar des gens, naissent, s’épanouissent, dégénèrent et meurent. À ses yeux, l’Occident arrive au terme de ce processus. Une critique courante du « spenglérisme » consiste à dire qu’une des caractéristiques de la culture occidentale réside précisément dans la peur permanente de la décadence. En admettant que cette critique soit juste, cela n’empêche pas que l’Occident, qui aime à s’apitoyer sur son sort, ait effectivement entamé une phase de déclin.

Que détruisirent encore ces conflits et le choc des idéologies ? Très certainement l’idée consolatrice d’un Dieu miséricordieux, à défaut des derniers vestiges de religion. Si la disparition de cette idée ne s’était complètement accomplie dans les boues des Flandres, l’affaire fut définitivement réglée lors du « procès de Dieu » comme Elie Wiesel le décrivit à Auschwitz. Les juifs pouvaient continuer à honorer leurs traditions en tant que peuple et, s’ils avaient perdu leur foi en Dieu, ils pouvaient croire en leur peuple. Mais l’Europe chrétienne avait perdu la foi non seulement en son Dieu, mais aussi en ses peuples. Toute foi que l’homme pouvait encore avoir en l’homme avait été détruite en Europe. À partir des Lumières, la croyance et la confiance en Dieu s’étaient étiolées, mais la croyance et la confiance en l’homme les avaient partiellement remplacées. La croyance en un homme autonome s’était développée avec les Lumières, qui avaient mis l’accent sur la sagesse potentielle de l’humanité. Néanmoins, ceux qui s’étaient laissé guider par la raison avaient désormais l’air aussi ridicules que les autres. La « raison » et le « rationalisme » avaient mené les hommes à commettre les choses les plus déraisonnables et les plus irrationnelles qui soient. Ce n’était qu’un moyen utilisé par des hommes pour contrôler d’autres hommes. La croyance en l’autonomie de l’homme avait été détruite par l’homme.

Quelles répercussions peut avoir l’arrivée massive en Europe de gens qui n’ont reçu en héritage ni les doutes ni les intuitions des Européens ? Personne ne le sait à ce jour et personne ne l’a jamais su. La seule chose dont nous puissions être certains, c’est que cela ne saurait rester sans effet. Laisser s’installer des dizaines de millions de gens, avec leurs idées et leurs contradictions, sur un continent qui professe d’autres idées et porte d’autres contradictions, a nécessairement des conséquences. L’hypothèse que formulaient les tenants de l’intégration, selon laquelle tout le monde, avec le temps, pouvait se transformer en Européen, apparaît d’autant moins valide aujourd’hui que de nombreux Européens ne sont eux-mêmes pas vraiment certains de vouloir le rester.

Puis, par mégarde, M. Goldstein laissa filer une information intéressante. Des amis, qui enseignaient en lycée dans les zones principalement musulmanes de Molenbeek et de Schaerbeek, lui avaient raconté que, dès qu’il était question des terroristes qui avaient semé la désolation dans leur ville, « 90 % des lycéens, âgés de 17 à 18 ans, les considéraient comme des héros ». Ailleurs, dans un entretien accordé à De Standaard, le ministre de l’Intérieur belge, Jan Jambon, affirma qu’une part significative de la communauté musulmane avait dansé lorsque les attaques avaient eu lieu.

Un sondage effectué en Grande-Bretagne en 2006, un an après que les caricatures danoises furent publiées, montra que 78 % des musulmans britanniques pensaient qu’il fallait assigner en justice ceux qui les avaient publiées. Un pourcentage à peine plus faible (68 %) avait le sentiment qu’il fallait assigner en justice toute personne qui insultait l’islam. Le même sondage découvrait que près d’un cinquième des musulmans britanniques (19 %) respectait Oussama Ben Laden et 6 % déclaraient même le « respecter grandement2 ». Neuf ans plus tard, lorsque deux membres d’Aqmi entrèrent dans les bureaux de Charlie Hebdo et massacrèrent l’équipe de rédaction qui avait publié les caricatures de Mahomet, 27 % des musulmans britanniques estimèrent avoir « de la sympathie » pour les motifs des terroristes. Près d’un quart (24 %) disent trouver légitime la violence envers ceux qui publient des images de Mahomet3. La BBC, qui avait commandé le sondage, en fit le gros titre suivant : « La plupart des musulmans britanniques s’opposent aux représailles contre les caricaturistes de Mahomet. »

Ainsi, par exemple, le directeur du centre islamique de Luton, Abdul Qadeer Baksh, qui dirige une école locale, qui est l’allié d’élus locaux au rang desquels on compte quelques parlementaires, qui travaille avec les fonctionnaires du réseau interconfessionnel Luton Council of Faiths. Il pense par ailleurs que l’islam est depuis mille quatre cents ans en guerre avec « les juifs » et que, dans une société idéale, les homosexuels devraient être tués. Il défend l’idée de couper les mains aux voleurs ou de fouetter les femmes, car ce sont des punitions hudud de l’islam, donc acceptables.

Pendant l’été 2014, le festival musical We are Stockholm eut lieu comme chaque année. Sauf qu’en l’occurrence, des dizaines de jeunes filles, dont certaines n’avaient que 14 ans, furent encerclées par des bandes de migrants, principalement des Afghans, frappées et violées. La police locale étouffa l’affaire et n’en fit aucune mention dans son rapport sur le festival, lequel durait cinq jours. Il n’y eut aucune arrestation et la presse évita toute mention des viols. En 2015, des viols organisés par des bandes de migrants eurent lieu dans d’autres festivals de musique, à Stockholm, à Malmö et dans d’autres villes. Les statistiques étaient incroyables. Alors qu’en 1975, la police suédoise recensait 421 viols, en 2014 les chiffres annuels s’élevaient à 6 6205. En 2015, la Suède avait le taux de viols par habitant le plus élevé du monde, à l’exception du Lesotho.

Après le viol en réunion d’une jeune fille, à bord du ferry reliant Stockholm à Turku, en Finlande, la presse affirma que les coupables étaient suédois, alors qu’il s’agissait en réalité de Somaliens. Dans tous les pays voisins se produisaient les mêmes événements. Des études publiées au Danemark en 2016 montrèrent qu’à âge égal, les Somaliens avaient 26 fois plus de chances de commettre un viol que les Danois. Et pourtant, en Suède comme ailleurs, le sujet demeurait tabou.

Il aurait d’abord fallu se pencher sur les racines du problème : à qui l’Europe est-elle destinée ? Ceux qui pensent qu’elle appartient au monde entier n’ont jamais expliqué pourquoi ceci ne fonctionnait qu’à sens unique. Que les Européens parcourent le monde, et on les taxe de colonialisme. Que le monde vienne en Europe, et alors, ce n’est que justice. Ils n’ont pas non plus précisé que si l’immigration devait faire de l’Europe un endroit appartenant à tous, les autres pays en revanche restaient la propriété de leurs peuples. Ils ne sont parvenus à leurs fins que parce qu’ils ont trompé l’opinion et dissimulé ce qu’ils voulaient entreprendre.

Au milieu de ce siècle, alors que la Chine ressemblera probablement encore à la Chine, l’Inde à l’Inde, la Russie à la Russie et l’Europe de l’Est à l’Europe de l’Est, l’Europe occidentale ressemblera à une version à grande échelle des Nations unies.

 

Encore un gouvernement de désunion nationale ?

Le gouvernement de Naftali Bennett a vécu. La question maintenant est d’essayer  de comprendre les raisons de cet échec, et d’en tirer les conséquences en vue des prochaines élections. Il y a à ce propos trois courants de pensée : ceux qui savaient dès le début que ce gouvernement ne serait pas viable, ceux qui ne voulaient pas le savoir, et ceux qui aujourd’hui encore ne veulent toujours pas le savoir.

Pour mémoire, lors de la dernière campagne électorale en date, Bennet avait annoncé quelles lignes rouges il s’interdirait de franchir lorsque viendrait le moment de former un gouvernement: Il s’engageait à ne jamais soutenir Yaïr Lapid[1] comme premier ministre, s’opposait à une coalition qui comprendrait les gauchistes de Meretz[2], et excluait toute coopération avec les Arabes de Ra’am[3].

Après les élections, Bennett a formé un gouvernement en violation de toutes ses lignes rouges. Il s’en est expliqué en arguant que cela avait été le prix à payer pour mettre fin aux élections à répétition, et de disposer ainsi d’un gouvernement stable. Cette coalition s’est d’ailleurs autoproclamée « d’union nationale », alors qu’en réalité une telle  coalition ne s’impose que dans des situations extrêmes, quand il y a menace existentielle, comme par exemple lors de la « Guerre des Six-Jours » en 1967.

L’opposition à Netanyahu est légitime, mais former une coalition hétéroclite avec pour seul point commun de considérer que Netanyahu constitue une « menace existentielle », est extravagant et relève du délire. C’est tellement vrai qu’à peine intronisés, des membres du gouvernement Bennett se sont mis à menacer de le faire tomber s’ils n’obtenaient pas satisfaction sur des points mineurs. C’est d’ailleurs ce qui a fini par arriver, ce qui démontre que  les propres piliers du gouvernement ne prenaient pas au sérieux l’épouvantail donquichottesque de la « menace existentielle ».

On a beaucoup reproché à Netanyahu de ne pas se retirer et permettre ainsi à une force nouvelle d’émerger pour mettre fin à la crise de régime. Mais cet argument est à double tranchant : si l’on estime qu’il suffirait que Netanyahu s’éclipse pour régler le problème, on peut aussi penser que si le veto contre lui était levé le problème serait réglé encore plus vite. Bien que le bloc qui soutient Netanyahu ne suffise pas pour dégager une majorité parlementaire, au moins dispose-t-il d’un soutien plus important que n’importe lequel des leaders qui lui sont hostiles. C’est d’autant plus flagrant que l’électorat de droite est majoritaire dans le pays, et qu’il ne serait que démocratique que ce soit ce courant-là qui détienne le pouvoir.

On en arrive au paradoxe qu’un intellectuel de gauche comme Gideon Levy, journaliste emblématique du quotidien « Haaretz », post-sioniste notoire, en vient à considérer que l’opposition contre Netanyahu est une pathologie.  Voici l’essentiel de ce qu’il en dit lors d’une interview avec Moshe Feiglin [4]: « Netanyahu est une personnalité impressionnante et talentueuse qui a de nombreuses réalisations à son actif. La rage de ses opposants à vouloir l’écarter à tout prix est insupportable. Je ne peux m’associer à cette campagne haineuse et irrationnelle. J’attends de ses adversaires qu’ils proposent quelque chose et quelqu’un, mais je ne vois rien ni personne arriver. Face à cet vide abyssal, et bien que je ne sois pas de son bord, j’en viens à conclure que je préfère Netanyahu. »

Qui dit mieux, à gauche ?

 

 


[1] Président et fondateur de Yesh Atid parti centriste.

[2] Meretz est un parti de gauche, membre de l’Internationale socialiste.

[3] Ra’am est un parti politique arabe proche des « Frères Musulmans ».

[4] Homme politique de droite, partisan de la séparation entre la religion et l’Etat, libéral au plan économique.

Yuval Dayan ou la duplicité en chantant

Lors de la visite récente du Président des Etats-Unis en Israël, la chanteuse Yuval Dayan  a chanté en son honneur au cours d’une cérémonie officielle. Le Président a été ému par sa performance, et a voulu lui serrer la main. Elle est restée les bras croisés, et a ostensiblement refusé la main tendue sous prétexte que sa religion lui interdisait tout contact avec des hommes. Joe Biden, d’un naturel accommodant, ne s’en est pas formalisé. Il n’en reste pas moins que duplicité de Dayan et son manque de savoir-vivre a déclenché une vive polémique.

La foi de Dayan semble être à géométrie variable. Il faut savoir que le judaïsme orthodoxe interdit non seulement aux femmes de serrer la main des hommes, mais aussi de chanter devant eux. Maïmonide, autorité majeure de la Loi juive, était hostile à la musique en général, excepté dans le cadre strict de la religion. Quant à Ovadia Yosef, grand-rabbin d’Israël et décisionnaire de premier plan, il interdisait aux femmes de chanter à la radio, à la télévision, et de se faire enregistrer.

Pourtant la députée Tzipi Hotovely, juive orthodoxe elle aussi, déclarait quand elle était Ministre qu’elle serrait la main des hommes parce que la Loi juive commande d’être courtois avec des dignitaires étrangers. Mais peut-être Dayan a-t-elle créé une nouvelle secte, dont la pratique consiste à vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Chute d’un gouvernement sans gouvernance

Naftali Bennett fut un combattant d’élite de Tsahal et en est sorti officier de réserve au grade de major. Après l’armée il  a fait carrière dans  l’industrie des technologies de pointe. Ensuite il est entré en politique dans le parti Likoud aux côtés de Netanyahu. En 2012 il a crée son propre parti dans le but de se positionner idéologiquement à la droite du Likoud, tout en lui restant proche.

Yaïr Lapid a été journaliste, chroniqueur, écrivain, et animateur de télévision. Ce surdoué de la communication, charismatique et consensuel jouissait à l’époque d’une grande popularité. Il avait d’ailleurs  été suivi à la trace par les médias dès son plus jeune âge, étant le fils d’une écrivaine réputée[1] et d’un père ministre[2]. Il est entré en politique il y une dizaine d’années, annonçant d’emblée qu’il aspirait aux plus hautes fonctions.

Lors de la campagne électorale de 2021 Bennett s’adressait au pays dans les termes suivants [3]: « regardez-moi bien en face et écoutez ce que je dis: je ne contribuerai en aucune manière, à aucune condition, dans quelque configuration que ce soit,  à un gouvernement où Lapid serait premier ministre, que ce  soit de manière conventionnelle ou par rotation. Il est hors de question d’intégrer cet homme dans ma coalition du simple fait qu’il s’agit d’un gauchiste. Quiconque prétend autre chose ment. Il ne faut pas croire à la rumeur  qui circule, selon laquelle je m’apprêterais à former une coalisation avec Lapid ; c’est de la foutaise. Quant à Meretz, j’exclue évidemment la participation de ce parti parce qu’il s’oppose au principe même d’un Etat juif et démocratique. Je m’engage donc à ne jamais soutenir de constellation autre qu’un gouvernement ancré à droite. Quant à mon rival Netanyahu, je le mets en demeure de s’engager à ne pas chercher à séduire l’électorat arabe en s’alliant avec le parti Ra’am[4]. » 

Le 13 juin 2021 Bennet remporte les élections. Il forme un gouvernement dont lui et Lapid assureront la fonction de premier ministre par rotation. La coalition de Bennett intègre Ra’am (proche des Frères Musulmans) ainsi que des formations traditionnellement hostiles à la droite, dont Meretz (extrême gauche) et Avoda (socialiste). Son gouvernement s’autoproclame d’union nationale alors qu’il n’a qu’un seul député d’avance sur l’opposition.

Bennet s’en explique en disant qu’il est conscient que sa décision est impopulaire, mais qu’il l’assume dans l’intérêt supérieur de la nation. Il admet que sa coalition est hétérogène et qu’elle pourrait être difficile à gérer, mais que tout doit être tenté pour mettre fin aux élections à répétition. Il pense ainsi atteindre son objectif de disposer d’un gouvernement stable et durable pour quatre ans. A noter qu’il a exigé d’être Premier Ministre avant de passer la main à Lapid, pourtant à la tête d’une  formation qui dispose de près de trois fois plus de députés que lui.

Le seul argument consistant que Bennett avait pu avancer pour justifier sa désertion idéologique et le reniement de ses principes avait été que cela devait garantir une stabilité et une durabilité à son gouvernement hybride. Mais très tôt des lézardes sont apparues. Au bout de quelque temps des membres de la coalition se sont mis à être de plus en plus critiques. Plusieurs députés ont fini par retirer leur soutien, et le gouvernement  est tombé au bout d’à peine un an, conséquence inévitable de son inconséquence.

Ce qui se profile maintenant, c’est que l’électorat de droite, déçu par la vaine volte-face de ses représentants sans rien en échange, pourrait cette fois-ci plébisciter le retour de Netanyahu sur base d’une majorité plus confortable que jamais.

Bennett et Lapid sont des personnalités respectables et des patriotes au-dessus de tout soupçon. Cependant ils ont peut-être vocation à déployer leurs talents dans la société civile plutôt que dans le monde politique.

[1] Shulamit Lapid

[2] Tommy Lapid.

[3] Les sources de ces propos peuvent être identifiées au moyen des liens ci-dessous :

[4] Le parti Ra’am est un parti arabe proche des « Frères Musulmans ».

Annie Ernaux et la bête immonde

Annie Ernaux est une écrivaine française de grand talent, dont l’œuvre est essentiellement autobiographique. Elle vient d’un milieu modeste, où ses parents étaient exploitants d’un café-épicerie après avoir été ouvriers. A force de persévérance elle arrive à s’extraire de son milieu et devient agrégée de lettres. Elle gardera toute sa vie un sentiment de culpabilité par rapport à sa classe sociale, dont elle s’est éloignée par la force des choses.

Ernaux est lauréate de nombreux prix littéraires, dont le Renaudot en 1984 pour son ouvrage « La Place ». Elle figure parmi les grands écrivains français de notre temps.

Ernaux est récemment passée à la télévison sur France 5, où elle était le principal centre d’intérêt. Indépendamment de sa belle plume, on a pu découvrir la dérive morale et intellectuelle de cette  femme de lettres par ailleurs si brillante. Ernaux est néoféministe, raciste, indigéniste, communiste, antisémite, décoloniale, neoécologique, propalestinienne, ennemie d’Israël et militante de la France Insoumise depuis 10 ans. Elle est d’ailleurs une inconditionnelle du leader de ce parti islamogauchiste, Jean-Luc Mélenchon, qui adore lui aussi fréquenter les antisémites de son parti ou d’ailleurs.

Ernaux a cosigné dans le quotidien « Le Monde » une tribune de soutien à Houria Bouteldja, antisémite notoire, et appelé au boycott d’une manifestation culturelle franco – Israélienne.   Son amie Bouteldja juge que Miss Provence était indigne de participer à Miss France, parce qu’elle avait un père israélo-italien.  Elle trouve d’ailleurs d’une manière générale qu’on « ne peut pas être Israélien innocemment » et suggère d’envoyer tous les sionistes au Goulag.  C’est cette scélérate proche des pires ennemis de Juifs que soutient Annie Ernaux, qui n’a même pas l’excuse de l’ignorance.

L’incendiaire incendiée

Jabas Asraa est une mère de famille arabe d’Est-Jérusalem âgée d’une trentaine d’années.  Un matin de septembre 2015 elle décide de massacrer des Juifs au moyen d’une bonbonne de gaz qu’elle charge dans sa voiture avec l’aide de son mari. Lors d’un contrôle de routine un policier demande à voir son permis de conduire. Au lieu d’obtempérer elle hurle « Allahu akbar » et fait exploser sa bombe. Le policier et elle-même sont grièvement brulés, mais survivent à l’explosion.

Lors du procès elle reconnait avoir échafaudé de longue date son attentat . Sa page Facebook témoigne d’ailleurs de son souhait de mourir en martyr en tuant le plus de Juifs possible, et contient des menaces explicites. Suite à son crime elle est condamnée à 11 ans de prison.

Asraa a récemment demandé aux services médicaux de la prison de procéder à une intervention visant à réparer son nez brûlé lors de sa  tentative de meurtre.  Il s’agit d’une opération esthétique pour pallier aux troubles psychologiques dont elle dit souffrir depuis qu’elle a échoué à réduire des Juifs en cendres.

Asraa a été opérée de la main à deux reprises, mais concernant son nez les services médicaux de la prison ont considéré que cette intervention ne relevait pas d’un strict impératif sanitaire.

Asraa fait maintenant appel à la Cour Suprême pour qu’elle enjoigne  l’administration pénitentiaire à financer l’opération sur base d’une nouvelle expertise. A noter que le policier brûlé avait lui aussi fait à l’époque une demande de chirurgie réparatrice, mais cela lui avait été refusé.

Sans commentaire.

 

 

Bennett ou le voisin intempestif

Naftali Bennett fut un combattant d’élite de Tsahal[1], et est aujourd’hui officier de réserve au grade de major. Après son passage à l’armée il a fait carrière dans  l’industrie des technologies de pointe et est entré en politique.  Ce patriote au parcours exemplaire a fini par devenir Premier Ministre d’Israël, mais contrairement aux apparences, la vie politique n’est peut-être pas ce qui lui convient le mieux.

Quand il a été intronisé chef de gouvernement  il s’est avéré que la résidence officielle du Premier Ministre, traditionnellement située à Jérusalem, devait être rénovée et ne serait donc pas disponible dans un premier temps. Mais Bennett a déclaré d’emblée qu’il n’avait de toutes manières pas l’intention de  s’y installer, et qu’il continuerait à résider  dans sa villa dans la bonne ville de Raanana pour y assumer ses fonctions.

Suite à la demande de Bennett, le Conseiller Juridique du Gouvernement a fait requalifier sa résidence privée en résidence officielle. La raison invoquée par Bennett était qu’un déménagement de sa famille à Jérusalem serait préjudiciable pour ses enfants et son épouse. A noter qu’il est  de notoriété publique que celle-ci rechigne parfois à se conformer aux contraintes liées aux fonctions de son mari.

La villa en question et ses abords ont du subir des transformations radicales, et donc très couteuses, afin d’être compatibles avec  les normes de sécurité exigées par les services secrets. Des murs se dressent  maintenant en pleine rue,  des pylônes surgissent du sol, des projecteurs éclairent les lieux,   des caméras enregistrent l’activité,  des gardes patrouillent en permanence, et seules les personnes accréditées peuvent accéder au secteur.

Le chamboulement de ce qui était il y a quelque mois seulement une rue paisible dans un quartier résidentiel constitue maintenant une calamité pour le voisinage.  La qualité de vie y a considérablement baissé suite aux travaux et au bruissement lié aux activités du Premier Ministre.

Si cette initiative avait été décrétée au nom de la raison d’Etat il aurait fallu que les voisins  de Bennett prennent leur mal en patience. Mais ce n’est à l’évidence pas le cas : cette décision a été prise par lui et son épouse, à leur seule discrétion et pour leur seule convenance. Leurs voisins ne voient donc pas au nom de quel principe la qualité de vie de la famille Bennett aurait précédence sur la leur.

Bennett est un homme de conviction pour lequel la symbolique de Jérusalem est particulièrement importante. Il est donc étonnant  qu’il se soit résolu à recevoir à Raanana des personnalités en visite officielle au lieu que ce soit dans la capitale d’Israël comme il est d’usage.

D’après la chaine de télévision « Aroutz 13 » le coût de la mise à niveau de la villa de Bennett se situerait autour de 45 millions de Shekel. Cette dépense aux frais du contribuable semble déraisonnable alors que le mandat de Bennett n’est prévu que pour une durée maximale de deux ans.

Mais Naftali Bennett est dans la force de l’âge, et nul doute que cet homme ambitieux et courageux serait à même de relever de nouveaux défis si jamais il était emmené à quitter la vie politique.

[1] Armée de défense d’Israël

Pie XII, disciple de Ponce Pilate

Nina Valbousquet est docteure en histoire et professeure à l’École française de Rome[1]. Elle fait de la recherche concernant le pontificat de Pie XII depuis que le Vatican a ouvert les archives le concernant.  Après avoir compilé des milliers de documents de cette époque, elle conclut qu’« il n’existe aucune preuve solide d’un supposé ordre, ou même encouragement direct de Pie XII protégeant les Juifs contre les persécutions nazies ; il y eut plutôt une sorte de laisser-faire. On ne peut pas attribuer au pape ce que d’autres catholiques ont eu le courage de faire sur le terrain[2] ».

Il ne fait pas de doute que d’une part l’Eglise a sauvé des Juifs, mais que d’autre part le silence de Pie XII était cohérent du point de vue théologique. Il ne s’agissait bien entendu pas pour lui de souscrire aux crimes nazis, mais bien de se taire concernant une Shoah qui lui semblait relever de la volonté divine. Tout comme Ponce Pilate, Pie XII se lavait les mains du sang juif versé par autrui. Revendiquer Urbi et Orbi la légitimité de l’existence  du peuple juif aurait résonné dans le monde chrétien comme un renoncement à la  « théologie de la substitution », fondement même du christianisme.

La « théologie de la substitution »  postule que le peuple d’Israël, autrefois élu par Dieu, est maudit depuis son rejet du Christ. Le judaïsme est obsolète, et n’est plus que la préfiguration de « l’Église triomphante, qui se substitue à Israël et devient le « verus Israel », le nouveau  peuple élu ».

Deux Pères de l’Eglise, Saint Augustin et Saint Chrysostome, considéraient  dès le quatrième siècle que les Juifs étaient les « assassins du Christ », en vertu de quoi ils avaient théorisé la doctrine du « peuple déicide ».  Celle-ci ne fut abandonnée que 1600 ans plus tard, lors de Vatican II en 1965. L’accusation de déicide était donc valide lors du pontificat de Pie XII, et l’est d’ailleurs restée dans l’Église grecque-orthodoxe, dans de nombreuses  mouvances protestantes, et chez les catholiques traditionalistes.

Saint Augustin explique que « les Juifs ont cherché à perdre l’âme du Christ, soit comme chef, puisqu’ils l’ont crucifié, soit comme corps, en persécutant après la mort du Sauveur ses premiers disciples. [3]»  Mais, paradoxalement, il défend la pérennité du peuple juif parce que leur rabaissement, la destruction de leur temple et leur dispersion constitue la preuve vivante du châtiment divin. Le christianisme ne peut donc tolérer la survivance de peuple juif que comme témoin souillé pour l’éternité par son rejet du Christ.

Saint Chrysostome  pour sa part décrit la synagogue comme « un endroit pire qu’un lupanar ou qu’un débit de boisson ; c’est un repaire de fripouilles, de bêtes sauvages, un temple de démons, le refuge de brigands, de débauchés, et la caverne des diables. La synagogue est  une assemblée criminelle d’assassins du Christ. Les démons résident dans la synagogue et dans l’âme des juifs,  qui sont juste bons à être massacrés[4] ».

Mille ans plus tard, Martin Luther, l’un des fondateurs du protestantisme, écrit dans son traité « Des Juifs et de leurs mensonges » que  « les synagogues des Juifs et leurs écoles doivent être brûlées, leurs livres de prières détruits, leurs rabbins interdits d’officier, leurs maisons rasées et leurs biens et argents confisqués. On ne peut montrer à leur égard aucune pitié ni aucune bonté, ni leur procurer de protection légale. Ces vers venimeux et vénéneux doivent être punis de travaux forcés ou expulsés une bonne fois pour toutes. Nous sommes fautifs de ne pas les tuer ».

Monseigneur Lefebvre, archevêque et figure charismatique du catholicisme traditionaliste, exige de Vatican II en 1965 le maintien de la doctrine de l’Eglise concernant « la responsabilité collective des juifs dans la mort du Christ, et de la  réprobation et malédiction de la religion judaïque »

En 2005, Yad Vashem fait figurer dans son musée la photo de Pie XII comme personnalité emblématique de « ceux dont on devrait avoir honte pour ce qu’ils ont fait aux Juifs ».

Denis Charbit, professeur de sciences politiques israélien, évoque dans « Histoire Universelle des Juifs »[5] le silence de Pie XII et de ceux qui comme lui « voyaient dans la Shoah la confirmation de la doctrine augustinienne réservant souffrance et déchéance au peuple qui avait renié Jésus, et qui méritait donc d’expier le sang versé de celui qu’il avait crucifié. »

L’idée, assez répandue il est vrai, que c’est la pièce de théâtre « Le Vicaire » de Rolf Hochhuth qui serait à l’origine de la controverse en 1963 concernant le silence de Pie XII, est un mythe. En réalité de nombreux catholiques avaient été troublés par le silence du Pape dès la fin de la guerre.

Paul Claudel, grand catholique mais antisémite repenti, écrit en décembre 1945 que « rien n’empêche plus la voix du pape de se faire entendre. Les horreurs sans nom et sans précédent dans l’Histoire commises par l’Allemagne nazie [contre les Juifs] auraient mérité une protestation solennelle du vicaire du Christ. Nous avons eu beau prêter l’oreille, nous n’avons entendu que de faibles et vagues gémissements. Le sang versé dans l’affreux silence du Vatican étouffe les chrétiens. [6]»

En 1946, Jacques Maritain, philosophe et ambassadeur de France près le Saint-Siège adjure Pie XII de « condamner explicitement l’antisémitisme, puisque désormais l’Église n’a pas à avoir peur des représailles nazies. Ses initiatives furent vaines.[7]» Silence à nouveau de Pie XII, donc, même un an après la Shoah.

En 1965 Vatican II remplace la « théologie de substitution », qui avait prévalu jusque là, par la doctrine des « deux alliances en vertu de laquelle Dieu n’aurait  jamais rompu son alliance avec le peuple d’Israël.  Il n’y a donc plus lieu de chercher à convertir les Juifs. La doctrine des deux alliances implique que la Bible, juive ou chrétienne, offre deux voies d’accès au salut »[8]. Mais, comme le souligne Henri Tincq, journaliste spécialiste de l’Etat du Vatican, « aussi stupéfiant que cela puisse paraître quarante ans après la guerre, Vatican II n’a toujours  pas dit un mot sur la Shoah et ses victimes[9]

Ce nouveau silence du Vatican n’avait probablement d’autre fonction que de ne rien faire qui pourrait compromettre l’éventuelle canonisation de  Pie XII, père fondateur du négationnisme.

[1] Institut de recherche en histoire, en archéologie et en sciences humaines et sociales dépendant du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

[2] Entretien avec Nina Valbousquet, mensuel « Historia » juin 2021.

[3] Commentaire du psaume 63

[4] Jean Chrysostome, Adversus Judaeos, 1, 6.

[5] Ouvrage collectif publié sous la direction de l’historien et diplomate Elie Barnavi.

[6] « Le long péché par omission de Pie XII », Patrick Kéchichian, « Le Monde » décembre 2009.

[7] Entretien avec Nina Valbousquet, mensuel « Historia » juin 2021.

[8] https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ologie_des_deux_alliances

[9] https://www.lemonde.fr/idees/article/2005/11/01/entre-juifs-et-catholiques-une-paix-toujours-menacee-par-henri-tincq_705347_3232.html

 

Pie XII et les Juifs

L’obligation doctrinale de  tourmenter les Juifs repose sur les textes fondateurs du christianisme. Parmi les premiers ayant eu force de loi dans l’Empire romain, il y eut  les conclusions du Concile de Nicée en l’an 325, qui décrétaient déjà que « c’était chose indigne, que de suivre en ce point la coutume des Juifs… Les Juifs sont si fort éloignés de la vérité, même en ce point, qu’ils célèbrent deux fois la fête de Pâque en une année ».

Le silence de Pie  XII concernant la Shoah est un fait incontestable du point de vue historique, mais on peut l’interpréter de diverses manières. Il se peut qu’il craignait que les nazis ne déclenchent  de représailles, ou que le souci de protéger les catholiques sous botte nazie était prioritaire, ou que la menace de l’athéisme bolchévique mobilisait toute son attention, etc..

Par ailleurs il semble que nonobstant son silence, Pie XII aurait contribué au sauvetage de Juifs italiens menacés de déportation. Mais l’institution  papale étant de nature spirituelle, elle se situe en principe au-delà des spéculations temporelles. Sachant mieux que quiconque que la matrice de l’antisémitisme était le christianisme, Pie XII aurait pu, s’il l’avait voulu, manifester sa solidarité avec le peuple juif aux prises avec les nazis.  Il n’avait certes pas de canons, mais bien une voix. Il ne s’en est pas servi.

Si l’on considère que Pie XII avait des raisons de se taire concernant la Shoah, alors on peut aussi penser que les Alliés n’auraient pas dû débarquer en Normandie, que les Anglais auraient dû faire la paix avec l’Allemagne, que l’Europe aurait dû accepter de se soumettre au Troisième Reich, et que de Gaulle aurait dû rallier Vichy. Il n’y aurait sans doute pas eu de Deuxième Guerre Mondiale, et on parlerait aujourd’hui allemand à Paris.  On n’en finit pas avec ce genre de raisonnement.

En tant qu’être humain, Pie XII n’était  sans doute pas indifférent au sort des Juifs conduits à l’abattoir. Mais l’on ne peut pas, dans ce contexte, considérer la foi de ce grand chrétien comme un détail. En tant que Vicaire du Christ il devait être imprégné du credo  en vertu duquel le judaïsme est un obstacle à la christianisation – et donc au Salut – du genre humain tout entier.

La persistance du judaïsme ne peut être vécue par la chrétienté que comme un affront. C’est dans ce sens que Pie XII devait d’une certaine manière voir dans l’avènement d’Hitler la main de Dieu. A préciser que bien que germanophile, ce Pape n’avait aucune sympathie envers les nazis. Il estimait cependant qu’il ne pouvait s’opposer à la Providence qui les avait emmenés au pouvoir afin d’éradiquer le judaïsme. Il était convaincu que du point de vue théologique il ne pouvait se mettre en travers de la « Solution Finale », qu’il percevait comme une divine surprise dont les nazis constituaient le bras séculier.

Il n’est pas anodin de relever que l’archevêque anglican  Desmond Tutu récemment décédé avait adressé lors de sa visite au Mémorial de la Shoah à Jérusalem une prière pour l’âme des nazis. Après tout ceux-ci n’étaient de son point de vue, tout comme de celui de Pie XII, que les instruments du céleste Père.

Rien ne pourra jamais exonérer Pie XII de son coupable silence. Pas même sa possible canonisation, outrage ultime à six millions de Juifs partis en fumée. Aucun calcul, aussi rationnel et aussi pragmatique soit-il, aucune contorsion rhétorique ou contrevérité historique ne justifiera jamais qu’il n’ait pas hurlé à la face du monde qu’on était en train de massacrer le peuple juif.

Pie XII était donc un bon chrétien. Toute autre explication de son silence est nulle et non avenue.

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