Marxisme, postmodernisme, même combat

Le marxisme repose sur l’idée que le malheur du monde vient de l’exploitation de l’homme par l’homme, autrement dit de la domination des uns sur les autres. Les hommes, et l’idéologie à laquelle ils adhèrent ou se soumettent sont le produit de l’infrastructure sociale et non pas de concepts politiques basés sur la raison. La Boétie[1] était déjà d’avis que « le maître n’a que deux yeux, deux mains, un corps, et rien de plus que n’a le dernier des habitants du nombre infini de nos villes. Ce qu’il a de plus, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. [2]» Vu sous cet angle ce n’est pas le maître qui fait l’esclave, mais c’est au  contraire l’esclave qui fait le maître. Mais l’esclave peut briser ses chaînes à conditions de prendre conscience de sa classe, et de la force de sa classe. L’objectif du marxisme est de bâtir une civilisation planétaire  où tous les hommes seront égaux en tant que citoyens du monde.

Le marxisme pose que le capitaliste ne travaille pas, mais qu’il laisse le capital « travailler » à sa   place. Cet euphémisme  signifie en réalité que ce n’est pas le capital qui travaille, mais les travailleurs. Quand quelqu’un possède un capital,  sous quelque forme que ce soit, il en tire un revenu. Se pose alors la question de savoir ce que fait cette personne pour mériter ce revenu. La réponse marxiste est : rien. Le capitalisme est donc un parasitisme et doit disparaître.

Les travailleurs travaillent et les riches s’enrichissent. Les pauvres quant à eux deviennent plus pauvres parce que la production se fait  sans tenir compte de leurs besoins réels. Le caractère non planifié et erratique de l’économie capitaliste entraîne à la fois une surproduction et une pénurie. Les petites entreprises disparaissent au bénéfice des grandes, et au bout d’un certain temps la totalité du pouvoir tombe dans les mains d’une infime minorité.  Cela entraine une paupérisation des masses laborieuses, qui tôt ou tard finissent par se soulever. C’est ainsi qu’en engendrant son contraire le capitalisme s’autodétruit inéluctablement. Mais ce dénouement peut être accéléré grâce à une prise de conscience du prolétariat.   De là l’explicit  du « Manifeste du Parti Communiste[3] » : Prolétaires de tous pays, unissez-vous ! , qui est aussi l’épitaphe qui figure sur la tombe de Karl Marx.

Mais la réalité historique du 20ème siècle démontre l’inverse de ce qu’avait théorisé Marx. Non seulement aucune de ses prédictions ne s’est réalisée, mais ce qui s’est produit en est le contraire absolu. Il est vrai que les riches sont devenus plus riches, mais les pauvres ont suivi, et sont devenus moins pauvres. Les classes moyennes n’ont pas disparu, mais ont au contraire prospéré. Le sous-prolétariat s’est transformé en travailleurs avec accès à la société de consommation et  à des biens auxquels les masses populaires du monde communiste n’ont jamais pu faire autre chose qu’en  rêver.

Le capitalisme  a enrichi  la société toute entière et à contribué à son bien-être, notamment grâce aux progrès de la science. L’augmentation de la productivité a profité à la fois aux possédants et aux travailleurs en créant les moyens de satisfaire les revendications sociales. Le libéralisme a été cruel pour les entreprises obsolètes, mais a encouragé celles qui faisaient preuve de créativité, ce qui en définitive a correspondu au bien commun. On ne discerne plus de velléité révolutionnaire ailleurs que dans les salons bien-pensants de l’intelligentsia bourgeoise. La classe ouvrière contemporaine n’est pas intéressée par un changement de régime socioéconomique, ni disposée à livrer ses capacités de production à l’État. Elle aspire au contraire à subvenir à ses besoins dans le cadre du capitalisme.

Dès les années 1950 les marxistes ont commencé à douter de l’infaillibilité du communisme parce qu’il était devenu manifeste que celui-ci s’était rendu coupable de crimes d’une ampleur sans précédent. L’implacabilité de ces faits a déclenché une profonde remise en question chez les théoriciens du marxisme, qui se sont vus obligés de se renouveler face à l’échec du monde communiste. Il n’était plus possible de soutenir que ces régimes étaient performants au plan économique, mais ce qui était plus grave encore était qu’il n’était plus possible non plus de soutenir que le communisme était moral. L’intelligentsia marxiste  du monde libre avait commencé par admettre que l’URSS et ses satellites avaient échoué en matière économique, mais pas sur le plan éthique. Mais ce mythe s’est effondré à son tour lors de la révélation des crimes staliniens, et d’une manière générale face à la nature fasciste avérée du monde communiste.  Des peuples entiers ont été torturés, opprimés ou détruits au nom d’un système politique qui s’était assigné la mission d’être le plus humain, le plus éthique et le plus social de tous les temps.

Mais l’intelligentsia d’extrême-gauche n’a  pas voulu se résigner à abandonner son idéologie malgré la débâcle communiste, considérée seulement comme une application dévoyée du marxisme. C’est alors qu’est advenue une mutation marxiste sous forme de postmodernisme[4], qui est en réalité sa continuation en tant que doctrine de l’égalité à tous crins et par tous les moyens, y compris violents. La stratégie a alors consisté à recourir au scepticisme philosophique comme mode de pensée avec pour objectif de remettre en question l’humanisme issu du Siècle des Lumières. Jordan Peterson[5] relève à ce propos que « beaucoup de gens ne comprennent pas que le postmodernisme est un assaut contre tout ce qui a été acquis depuis les Lumières : le rationalisme, l’empirisme, la science, la clarté d’esprit, le dialogue, la notion d’individu. La postmodernité est bien plus qu’une remise en question ;  ce n’est pas de cela qu’il s’agit.  Il s’agit de tout détruire ; c’est cela, l’objectif. »

Pascal Bruckner[6] écrit dans son essai « Un coupable presque parfait » que « ce sont les États-Unis qui nous renvoient une autre peste : la tribalisation du monde, l’obsession raciale, le cauchemar identitaire. Mais c’est une peste à laquelle nous, Français, avons largement contribué dans les années 1970 en exportant outre-Atlantique nos philosophes les plus en pointe [Foucault, Derrida] dans la démolition de l’humanisme et des Lumières. Nous avons fourni le virus, ils nous renvoient la maladie. Le boomerang est anglo-saxon, la main qui l’a lancé est française. L’Amérique a toujours allié le plus grand pouvoir de séduction au plus grand pouvoir de répulsion. Si elle préfigure l’avenir du monde occidental, le nôtre est sombre. Et le sien plus encore. Contrairement aux espérances de 1989, ce ne sont pas la raison et encore moins la modération qui l’a emporté après la chute du Mur [de Berlin]. Une autre idéologie a remplacé les promesses de salut portées par le socialisme réel pour recommencer la bataille sur de nouvelles bases : la race, le genre, l’identité. Pour trois discours, néoféministe, antiraciste, décolonial, le coupable désormais est l’homme blanc, réduit à sa couleur de peau.[7] »

Tous les penseurs postmodernes sans exception on été communistes ou du moins marxistes. Certains  ont soutenu des régimes criminels comme celui de la Chine de Mao ou de celui du Cambodge de Pol  Pot. Michel Foucault[8] quant à lui fut emballé par la  « Révolution islamique » de l’ayatollah Khomeiny, dont il estimait que c’était « l’insurrection d’hommes aux mains nues qui veulent soulever le poids formidable qui pèse sur chacun de nous [9]».

L’islamo-gauchisme[10] est l’un des avatars du postmodernisme. Pour Raphaël Enthoven[11] « le bras armé du dogmatisme c’est le relativisme. Il n’y pas de meilleure façon pour faire passer une opinion pour une (la) vérité (ce qu’on appelle le dogmatisme) que celui qui consiste à dire que toutes les opinions se valent et qu’elles ont un égal droit de cité. A l’origine de ce syncrétisme hideux qu’est l’islamo-gauchisme, il y a l’idée que – paradoxalement – plus on est relativiste, plus on laisse passer l’opinion la moins relativiste qui soit et la plus dogmatique qui soit.[12] » 

Caroline Fourest [13] estime que l’islamo-gauchisme « est la maladie infantile qui au nom du progressisme tend à prendre les islamistes, y compris les plus réactionnaires, y compris les plus totalitaires, pour les nouveaux damnés de la terre. Lorsque des groupes qui se revendiquent de la religion à des fins clairement patriarcales, sexistes, homophobes,  antisémites et totalitaires testent la république et ne rencontrent plus aucune résistance d’une  certaine gauche laïque, il y a une partie de la gauche qui manque dans ce barrage. Ce qui est inquiétant, c’est la question de savoir pourquoi une partie du barrage s’est effondré[14]. »

Friedrich Nietzsche[15] est  considéré comme l’une des sources de la pensée postmoderne, mais son œuvre est en réalité une philosophie de l’existence, et non pas une philosophie politique. Toute tentative de récupération relève d’une escroquerie sémantique.   Nietzsche est l’un des premiers penseurs à avoir mis le monde en garde contre la modernité, la science, la raison, les idéologies et la religion.   Mais il est avant tout un psychologue qui enseigne que l’homme doit déployer son être dans ce qu’il a de plus profond, et qu’il n’a pas à se soumettre à des valeurs décrétées par autrui. Chaque individu peut et doit créer ses propres valeurs, et c’est ainsi qu’il peut devenir Surhomme[16]. Au lieu d’aspirer à changer le monde, l’homme doit réfléchir sur ce que le monde a fait de lui, et aspirer à devenir non seulement soi-même, mais quelque chose de plus que soi-même.

« Améliorer l’humanité serait la dernière des choses que j’irais jamais promettre. Je n’érige pas de nouvelles « idoles ». Les renverser (et j’appelle idole tout idéal), voilà bien plutôt mon affaire. On a dépouillé la réalité de sa valeur, de son sens et de sa véracité en forgeant un monde idéal à coups de mensonges… L’idéal n’a cessé de mentir en jetant l’anathème sur la réalité, et l’humanité elle-même, pénétrée de ce mensonge jusqu’aux moelles, s’en est trouvée faussée et falsifiée dans ses plus profonds instincts, elle en est allée jusqu’à adorer les valeurs opposées aux seules qui lui eussent garanti la prospérité, l’avenir, le droit suprême au lendemain[17]. »

Le philosophe Michel Onfray[18] précise que l’ouvrage « Ainsi parla Zarathoustra[19] »  de Nietzsche est un « poème apolitique et amoral, toute lecture politique ou morale de cet ouvrage est fautive. Il y a là une proposition de sagesse existentielle qui n’est ni éthique ni morale mais ontologique.  La vérité de l’être pour Nietzsche c’est la volonté de puissance. La grande leçon de Zarathoustra c’est que le réel n’est rien d’autre que la volonté de puissance. Il faut donc réfléchir aux conséquences de cette vérité nietzschéenne.[20] »

Le postmodernisme est donc une remise en question des Lumières et introduit le subjectivisme épistémologique dans l’histoire de la pensée. Tous les metanarratifs sont suspects pour la pensée postmoderne. Même quand ils semblent inoffensifs ils légitiment le pouvoir et conduisent à la domination des uns sur les autres. Cette pensée postule l’égalité absolue et exclut toute hiérarchie. Elle prend acte de l’indépassable altérité des individus et interdit tout jugement de valeur. Seul compte le ressenti de chacun, chaque personne étant le produit d’une généalogie à nulle autre pareille.

Alors que la modernité décrétait le règne de la raison, celle-ci n’est dans la pensée postmoderne qu’une illusion qui finit par justifier l’injustifiable. Des monstres comme Hitler, Staline ou Pol Pot ne sont donc pas des ennemis de la modernité du point de vue postmoderne, mais en sont au contraire l’aboutissement logique.

La diversité  des êtres humains crée une tension, or la démarche postmoderne consiste à la résoudre en écartant toute échelle de valeur. Etant donné qu’il est impossible de démontrer qu’une vision du monde est supérieure à une autre, à chacun de revendiquer la sienne. Le postmodernisme s’interdit de contester tout particularisme culturel ou individuel. Chaque être humain à non seulement droit à l’étrangeté, mais est invité à la revendiquer haut et fort.

Le postmodernisme postule que tout ce qu’il y a de mauvais dans les relations humaines relève de la domination. Toute organisation sociale ayant tendance à produire des hiérarchies, c’est la porte ouverte aux abus. Les postmodernes prônent l’égalité, mais déclarent en même temps que les hommes sont prisonniers de leurs prédicats ethnocentriques. Mais si l’on pose que toute vérité est relative et qu’en même temps que cette assertion est vraie, alors il y a là une impasse logique : si toutes les cultures se valent on ne comprend pas en quoi la civilisation occidentale serait moins respectable que les autres, or c’est néanmoins l’un des postulats postmodernes, qui décrète que cette civilisation est fondée sur le patriarcat, donc sur l’inégalité, donc sur la domination des uns sur les autres.

La pensée postmoderne se veut pluraliste, mais elle confond pluralisme et tolérance. La tolérance repose sur l’idée que la diversité humaine n’est pas incompatible avec la recherche de la vérité. C’est une attitude bienveillante de la majorité envers la minorité, des forts envers les faibles.   Le pluralisme en revanche considère que chaque individu ne connaît le monde qu’au travers de son déterminisme et ne peut pas se libérer de sa structure mentale.

Pour la pensée postmoderne l’homme occidental doit respecter toutes les autres cultures, même quand ce n’est pas réciproque. Il s’ensuit que l’Occident doit tolérer l’intolérance, et l’on assiste à ce paradoxe qui fait que les censeurs postmodernes exigent l’égalité entre femmes et hommes, mais revendiquent en même temps le droit oxymorique des femmes d’être soumises. Il s’agit d’une acrobatie intellectuelle consistant à présenter le voile islamique comme l’une expression de liberté de la femme et non de son assujettissement à l’homme.

Le postmodernisme refuse d’appréhender l’individu comme étant doué d’autonomie mentale. Tout homme est déterminé par sa communauté, sa culture et son histoire, ce qui permettait à  Michel Foucault[21] de décréter la « mort de l’homme », en écho et à celle de Dieu par Nietzsche[22].  Pour Foucault « l’homme est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine [23]». Il n’existe donc en réalité pas d’anthropologie  dans la perspective postmoderne. C’est ainsi que la folie, la maladie ou la sexualité ne sont que des constructions sociales, n’existent que dans l’imaginaire, l’individu étant le produit d’un monde structuré et structurant.

A cela l’on peut objecter que si l’homme n’est jamais que le produit de sa généalogie, on ne voit pas en quoi celui qui postule cette idée échapperait à sa propre règle, ce qui fait que la pensée postmoderne est en fait un délire tautologique.

[1] Ecrivain humaniste et poète français du 16ème siècle

[2] Discours de la servitude volontaire.

[3] Publié en 1848 par Karl Marx et Friedrich Engels.

[4] Ce terme est employé ici dans l’acception anglo-saxonne, qui désigne la philosophie postmoderne et non l’art postmoderne

[5] Psychologue clinicien et intellectuel canadien, professeur de psychologie à l’Université de Toronto.

[6] Romancier et essayiste français.

[7] (« Un coupable presque parfait », Pascal Bruckner, 2021, Editions Grasset

[8] Philosophe français mort en 1984. Référence majeure de la pensée postmoderne.

[9] « Dits et écrits, tome 2,  Gallimard, 2001.

[10] Néologisme de  l’historien Pierre-André Taguieff dans son ouvrage « La Nouvelle Judéophobie ».

[11] Philosophe et essayiste français.

[12] Film documentaire d’Yves Azeroual sur l’islamo-gauchisme.

[13] Journaliste, essayiste, réalisatrice et militante féministe française.

[14] Film documentaire d’Yves Azeroual sur l’islamo-gauchisme

[15] Philologue, philosophe, poète  allemand mort en 1900.

[16] Concept nietzschéen consistant pour l’homme à se dépasser pour échapper au nihilisme.

[17] Nietzsche, « Crépuscule des idoles »

[18] Philosophe, écrivain et essayiste français.

[19] Poème philosophique de Nietzsche.

[20] Michel Onfray à propos du roman « Zarathoustra » de  Nietzsche:

[21] Philosophe français décédé en 1984, associé à la philosophie postmoderne.

[22] Nietzsche proclame la morte de Dieu dans plusieurs de ses ouvrages, dont « Le Gai Savoir »

[23]  « Les Mots et les choses », Editions Gallipard, 1990

Obama et la question juive

Il existe ce que j’appelle un « antisémitisme de basse intensité » à travers le monde. Il s’agit d’une sorte d’antipathie silencieuse qui ne vise pas forcement à nuire aux Juifs, mais qui sous-tend l’exigence que ceux-ci ne soient ni trop visibles ni trop dérangeants. Cet antisémitisme-là est même capable de se muer en sympathie lorsque des Juifs sont dans le rôle de la victime.

L’ex-Président des Etats-Unis Barack Obama vient de publier le premier volume de son autobiographie. Un des chapitres relate l’épisode où  Obama rend visite aux vestiges du  camp de concentration de Buchenwald[1]. Il se souvient que cela avait eu pour lui « une signification politique forte [2]».  Il entend par là qu’il avait « envisagé » un voyage en Israël, mais qu’il y avait renoncé « par respect pour le souhait du gouvernement israélien de ne pas faire de la question palestinienne le point central de son discours ». En d’autres mots il prétend avoir été censuré par la seule démocratie de cette partie du monde.

Pour comprendre l’étendue de ce mensonge il faut se souvenir qu’Obama a réussi la prouesse de ne pas mettre les pieds en Israël au cours des quatre années de son premier mandat. Au lieu de cela il a « opté pour une visite de l’un des lieux emblématiques de l’Holocauste comme un moyen de proclamer son engagement à Israël et au peuple juif. ». En clair il a préféré un pèlerinage là où les Juifs sont morts plutôt que là où les Juifs sont vivants.

Quand, lors de son deuxième mandat, Obama s’est résolu à venir en Israël, il a choisi de prononcer son discours devant un public acquis d’avance dans la salle de conférence du « International Convention Center ».  Ceci en lieu et place de la Knesset[3], comme c’est l’usage chez les leaders du monde libre qui prennent à cœur d’honorer la démocratie israélienne.

Dans un passage de son autobiographie Obama qualifie la branche militaire du Hamas de « groupe de résistance palestinienne ». Résistance ? Dans son propre pays le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes.

Autre passage d’une mauvaise foi inouïe et qui frise le négationnisme: « À l’école primaire, j’ai assisté en 1972 aux retransmissions des Jeux olympiques de Munich où des athlètes ont été massacrés par des hommes masqués » C’était qui, ces athlètes ? Des Martiens ? Et les « hommes masqués » ? D’autres extra-terrestres ? Non : ces  athlètes étaient des Juifs assassinés parce que Juifs, et les « hommes masqués » étaient des tueurs d’une mouvance palestinienne.

Obama n’est donc pas allé en Israël lors de son premier mandat, mais bien en Turquie et en Egypte.  Israël est pourtant situé entre ces deux pays, mais peut-être qu’Obama n’avait-il pas accumulé assez de « Miles » pour s’offrir  une escale à l’aéroport Ben Gourion.  Toujours est-il que lors de sa visite au Caire il a adressé son discours aux dignitaires du régime, parmi lesquels « quelques figures des Frères musulmans ».  Il leur a déclaré que « l’Amérique et l’islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.  L’Islam a une tradition de tolérance dont il est fier ». On ne saura jamais si c’était de l’humour.

Mais  là où il n’a pas essayé d’être drôle du tout mais au contraire réussi à être nauséabond, c’est quand, au cours de ce même discours, il a établi un parallèle entre le calvaire des Juifs de la Shoah et la peine des Palestiniens « en quête d’un territoire ».

Tout cela étant dit il faut bien constater que quand Obama a fait sa visite d’Etat à Jérusalem après sa réélection il a quand même déclaré qu’il était un ami d’Israël. A cela il faut ajouter qu’Obama est prix Nobel de la Paix au nom d’une discrimination positive consistant à récompenser des personnalités qui n’ont rien fait pour la paix.

C’est dans ces cas-là que l’on se dit que quand on a des amis comme cela on n’a pas besoin d’ennemis.

[1] Camp de concentration nazi créé en 1937 en Allemagne libéré par les Américains en 1945.

[2] Tous les passages en italiques de l’article sont extraits de l’autobiographie d’Obama.

[3] Parlement israélien.