Les ONG d’Israël et les faux amis

J’ai récemment assisté à un débat organisé par «La Paix Maintenant» à Université de Tel Aviv entre Yariv Oppenheimer, Secrétaire Général du mouvement, et Dany Danone, membre de la Knesset et président du Likoud Mondial. Le débat avait pour objet la proposition du Likoud de créer une Commission Parlementaire afin de vérifier les sources de financement  des ONG israéliennes.

Les deux orateurs sont des personnalités aux sensibilités politiques notablement divergentes. Ils ont cependant en commun d’être des sionistes convaincus et militants. Ce qui les sépare en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien est l’analyse du problème et donc les solutions qu’ils préconisent.

En conséquence, je me suis surpris à être d’accord avec tous deux en ce qui concernait l’objet du débat.

D’une part je crois tout comme Yariv Oppenheimer que la liberté d’expression doit être préservée en dépit des risques inhérents à tout régime démocratique, où il arrive que des forces antidémocratiques abusent du système. En outre, la liberté d’expression, comme le dit justement Yariv Oppenheimer, ne doit pas se limiter au droit de publier ou de discourir, mais doit aussi pouvoir s’appuyer sur des soutiens financiers internes ou externes.

D’autre part  je suis d’accord avec Dany Danone qu’accepter l’assistance d’ennemis d’Israël ou d’organisations antisémite est à la fois immoral et dangereux. Les ONG sont à cours d’argent de manière chronique, mais c’est justement une raison de renforcer la vigilance et d’évaluer avec discernement qui l’on veut bien fréquenter.

Le problème est qu’il est difficile, voire impossible de contrôler le flux de financier des ONG dès lors que celui-ci n’a pas de frontières. Même si une Commission Parlementaire arrivait à démontrer que les sources de financement de certaines organisations étaient problématiques, elles trouveraient rapidement le moyen de contourner la difficulté. Par conséquent  je pense qu’il est irréaliste d’attendre d’une Commission Parlementaire de se montrer  capable de durablement déjouer un tel financement.

S’il apparaît qu’une ONG israélienne est hostile à Israël ou à ses institutions, ce doit être à la justice de régler la question, et ceci indifféremment de la source de financement.

La plupart des ONG israéliennes sont cependant de bonne foi.  Mais à la lumière de mon expérience de juif de la Diaspora, il m’apparaît que leurs dirigeants ne sont pas toujours conscients de la nature de certains de leurs adeptes internationaux, qui sont en réalité opposés à l’existence même d’Israël. En outre, bon nombre de ces faux amis sont des antisémites notoires.

Cette anomalie  s’applique bien entendu à la fois à la gauche et la droite de l’éventail politique.

Récemment, une délégation de 35 parlementaires européens d’extrême-droite a été accueillie par des membres de la Knesset et des maires. Les ONG israéliennes qui acceptent de se lier à eux, que ce soit moralement ou financièrement, se fourvoient parce qu’elles n’ont rien en commun avec ces mouvances.

Ce qui se passe avec les ONG israéliennes liées à l’extrême-gauche européenne est comparable. Cette extrême-gauche est viscéralement opposée à l’idée même d’un Etat juif mais utilise ses contacts avec des ONG israéliennes comme alibi pour l’escamoter sous une empathie de circonstance avec les palestiniens. L’extrême-gauche européenne a intériorisé des siècles d’antisémitisme et l’a remis à jour de manière particulièrement malsaine. Elle l’exprime sous couvert d’antisionisme, mais en dehors de ce détail sémantique, le discours est inchangé.

On charge Israël de tous les pêchés d’Israël, et la boucle de l’antisémitisme est bouclée.

En conclusion, j’estime qu’il appartient aux ONG israéliennes d’examiner de manière critique le profil des organisations disposées à les soutenir. Elles devraient décliner toute aide, de quelque nature que ce soit, de mouvements fleurant une idéologie incompatible avec la leur. Le rôle d’une Commission Parlementaire de la Knesset pourrait alors être de se renseigner sur les véritables motivations de soutiens d’origine étrangère, et de communiquer leurs conclusions aux ONG locales afin qu’elles  soient en mesure de filtrer elles-mêmes les concours qu’on leur propose.

Palestiniens, indignez-vous et chassez vos maîtres

Le discours à la mode chez certains politologues avertis est qu’on n’a qu’a transposer en Palestine les turbulences du monde arabe, et on obtient en avant-première le déroulement du prochain film: la rue palestinienne va, par effet de mimétisme, se soulever à son tour. Simple comme bonjour. Le scénario est plausible, mais la tournure que cela pourrait prendre n’est peut-être pas celui que l’on attend. Si l’insurrection était de même nature qu’en Egypte ou qu’en Tunisie, alors les insurgés ne se donneraient pas la peine de provoquer des embouteillages à Ramallah parce qu’ils sauraient qu’il suffit d’envoyer une demi-douzaine de représentants en Israël pour négocier la fin de l’occupation en bon ordre, vu qu’Israël ne demande pas mieux.

Si l’on veut fantasmer sur une possible contagion en Palestine de ce qui se passe ailleurs au Moyen-Orient, alors la cible serait forcement les responsables du drame  palestinien, à savoir les dirigeants du Fatah, du Hezbollah, du Hamas et de leurs complices iraniens. Aucune de ces forces n’est intéressée par une solution du conflit parce que cette perspective équivaut pour elles à un arrêt de mort.

On ne voit pas bien en quoi les dirigeants actuels des palestiniens mériteraient un autre sort que Kadhafi, Moubarak ou Ben Ali. Tout comme ceux-ci, et pour des raisons analogues,  ils ont failli sur toute la ligne. Ils n’ont en effet rien à leur envier en matière de violations de droits de l’homme, de corruption, de pillage et de mensonges.

Une rue palestinienne bien inspirée se soulèverait donc plutôt contre ses dirigeants que contre Israël, à l’image de ce qui s’est passé au Caire, à Tunis et à Tripoli. Si l’on pense que les turbulences au Moyen-Orient sont l’expression d’une véritable aspiration à la liberté, à la modernité et à la démocratie, alors c’est la meilleure chose qui puisse arriver à Israël. Il n’y a aucun doute que l’installation de véritables démocraties aux Moyen-Orient déboucherait rapidement sur la fin du conflit israélo-palestinien.

S’il y a un vent de modernité qui souffle à travers le Moyen-Orient, alors pourquoi les palestiniens se tromperaient-ils d’ennemis en se soulevant contre Israël ? S’en prendre à Israël c’est ce qu’on fait tous les potentats du Moyen-Orient depuis plus de six décennies. Si l’on trouve que ceux-ci ont été nuisibles pour leurs peuples, pourquoi trouverait-on que l’objectif de liquider Israël était raisonnable?

Bernard-Henri Levy pense que le vrai combat qui se joue en ce moment dans le monde arabe, c’est celui de la modernité contre l’obscurantisme. Il se pourrait qu’il ait raison.

Hessel et Pétain ou la leçon d’Histoire

Pétain était un héros et patriote aux yeux de l’opinion publique française à la veille de la Deuxième Guerre Mondiale. À cette époque, il était déjà un homme âgé à qui l’on pouvait difficilement prêter des ambitions de jeune loup cynique cherchant à faire carrière. C’est sur cette base-là qu’il a pu construire sa popularité et mener une politique qu’il croyait — peut-être sincèrement — la meilleure possible. Mais une fois qu’il avait décidé de composer avec les nazis, il s’est retrouvé dans une logique infernale qui relevait non seulement de la trahison, mais aussi du crime contre l’humanité.

On peut se ranger aujourd’hui du côté de Stéphane Hessel, mais il faut savoir que ce n’est pas du Hessel résistant qu’il s’agit, mais bien d’un homme ayant fait un virage à 180 degrés par rapport à ses propres valeurs, en particulier en ce qui concerne les juifs. C’est dans ce sens qu’il fait penser à Pétain, qui comme lui était du bon côté dans son premier combat, et du mauvais dans son dernier.²

Pétain préférait traiter avec Hitler et ne pas se ranger du côté de Churchill. Hessel trouve approprié de serrer la main du premier ministre du Hamas, mais pas celle du premier ministre d’Israël.

Hessel trouve qu’il faut exclure Israël de l’ONU. C’est ce que demandent Ahmadinejad et Kadhafi, ces deux grands démocrates.

Jorg Wollenberg, un journaliste du « Frankfurter Allgemeine Zeitung » rapporte que selon Stéphane Hessel « la politique d’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec la politique d’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une politique relativement inoffensive, si l’on fait abstraction d’éléments d’exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art. »

Le Pen au journal « Rivarol » : « En France du moins, l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine même s’il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés »

L’analogie est frappante.

Stéphane Hessel déteste Israël, or c’est une disposition qui garantit le succès en matière d’édition. Mais pour être logique avec lui-même il devrait peut-être rétrocéder une partie de ses droits d’auteur au Hamas ou à d’autres aimables organisations connues pour leur action en faveur des droits de l’homme et de la femme. Peut-être devrait-il aussi partager fraternellement avec l’extrême gauche française qui a revigoré l’antisémitisme sous couvert d’antisionisme. Il ne serait pas juste que Stéphane Hessel soit seul à bénéficier de ce qui est après tout un travail d’équipe.

Citoyens de France — berceau des droits de l’homme — il est temps de vous indigner contre Stéphane Hessel.

Likud proposes to create a Parliamentary Commission about funding of NGO’s.

I recently attended a debate organized by “Shalom Arshav” at Tel Aviv University between Yariv Oppenheimer,  General Secretary of Shalom Arshav, and Dany Danon, member of the Knesset and Chairman of World Likud. The debate aimed to discuss the issue raised by the Likud proposal to create a Parliamentary Commission in order to enquire about the sources of funding of Israeli NGO’s.

In a paradoxically way, I agreed with both speakers.

On the one hand I believe just like Yariv Oppenheimer that freedom of speech must be safeguarded despite loopholes inherent to any democratic regime, where anti-democratic forces sometimes take advantage of the system. Furthermore, freedom of speech, as Yariv Oppenheimer rightly says, must not be confined to the right of publishing articles or hold speeches, but should also allow for financial support in Israel or elsewhere in order to acquire means to promote one’s ideas.

On the other hand, I agree with Dany Danon that accepting support from Israel’s enemies or from anti-Semitic organizations is both immoral and dangerous.

However, in practice it is difficult, if not impossible, to monitor the flow of financial support to NGO’s. Even if a parliamentary commissions would come forward with evidence that sources of finance of some organizations are problematic, then these organizations would soon find ways around it. Therefore I believe it is unrealistic to assume that an Israeli parliamentary commission would be capable of preventing such funding.

If an Israeli NGO appears to be hostile to Israel and its institutions than it should be to the Israeli judiciary to deal with the issue, regardless of the source of finance of such an NGO.

Many Israeli NGO’s, however, are of good faith, but having lived six decades in the Diaspora, I sense that these are at times unaware that some of their followers abroad are in fact antagonistic to the very existence of Israel. Moreover, many of these so-called friends are effectively anti-Semites.

This applies of course to both the left and the right side of the political spectrum.

Recently a delegation of 35 Member of Parliament of various European extreme-right movements was hosted by members of the Knesset and mayors. The ideology of these European groups is in most cases inspired by racist and anti-humanistic views. Israeli organizations that accept to connect with them, whether morally or financially, are in my opinion mistaken, because the motivations of these unexpected associates are incompatible with the values the NGO’s  stand for.

The same is valid for NGO’s having friendly contacts with the European extreme left. This stream is according to my experience driven by deep-rooted anti-Semitic feelings. It is by and large opposed to the very idea of a Jewish state and is using its closeness with Israeli NGO’s as an alibi to conceal its real objective. As a general statement I would say that the European extreme left has internalized the centuries-old anti-Semitism, but for the sake of politically correctness it has dressed it up in anti-Zionism.

In conclusion, I believe it should be up to the Israeli NGO’s to apply self-discipline and carefully scrutinize the profile of external parties willing to support them. They should decline assistance of whatever nature from movements with views incompatible with the their own ethics. The role of a parliamentary Commission could then be to enquire about the true motivations of parties abroad, and share their findings with the NGO’s in order for them make decisions based on the knowledge of the nature of parties seeking to assist them.

Des philosophes et des hommes

Les penseurs ont pour objectif de rechercher la vérité, or la première condition que tout philosophe doit remplir pour être digne de cette qualification, c’est de vivre conformément à cette recherche. Ce qui est admirable chez les véritables penseurs, c’est la profondeur et l’authenticité de leur quête, qui ne leur laisse au fond pas d’autre choix que d’être cohérents avec eux-mêmes.

Mais aucun philosophe, pas plus que quiconque, ne trouve la vérité. Tout au plus trouve-t-il une vérité, ou une part de vérité ou encore une certaine vérité, mais jamais une vérité certaine. Cela provient de ce que chaque homme détermine sa vérité en découvrant le monde sous un angle qui par définition est unique de par la combinaison du contexte dans lequel il naît d’une part, et de son hérédité d’autre part.

La quête de la vérité n’est donc pas une spécialité universitaire mais au contraire une aspiration fondamentale de l’être humain. Ce qui relève de l’érudition, en revanche, ce sont les outils intellectuels, dont la philosophie, qui nous assistent pour mettre des mots sur une vérité, qu’elle soit vraie ou pas.

La vérité de l’homme inculte, aussi rudimentaire soit-elle dans son expression, n’est pas moins valide que celle qui est verbalisée par le philosophe. Là où celui-ci est indispensable, c’est quand il nous aide à formuler de façon systématique ce que nous pensons à priori de manière confuse. Le choix est large : on peut trouver des penseurs compétents et doués, voire géniaux, qui défendent, argumentent et systématisent tout ce que l’homme peut inventer de meilleur et de pire.

Un philosophe, tout comme n’importe lequel d’entre nous, peut penser une chose, et penser plus tard quelque chose d’autre, ou encore son contraire. Un même penseur peut penser juste dans un domaine et se tromper dans un autre domaine. Il peut aussi penser de manière aberrante mais tellement bien structurée qu’il faut faire des efforts pour s’en apercevoir.

Ce qui est remarquable dans la méthodologie de Maïmonide, considéré par beaucoup comme le plus grand des penseurs du judaïsme, c’est que quand il s’attaque à un concept il ne le lâche pas jusqu’à ce qu’il en ait épuisé toutes les ramifications en allant jusqu’au bout de ce qui est humainement possible. C’est vertigineux et irrésistible, même quand on est en désaccord. Cependant, si le cheminement qui va d’Aristote à Maïmonide à Spinoza à Leibowitz est prodigieusement intéressant, il ne doit pas forcement nous mener là où eux-mêmes se situent.

Un penseur n’est pas censé nous communiquer ce qu’il pense, mais ce qu’il sait. Penser on le fait par soi-même, sans quoi on n’est pas un homme. Il faut savoir qu’il y a chez les philosophes autant d’ignominie ou de qualités que chez n’importe qui. Il serait absurde et dangereux de croire qu’ils sont plus sages ou plus vertueux du seul fait de leur savoir.

En d’autres mots les philosophes ne sont pas là pour penser à notre place, mais bien pour nous aider à faire connaissance avec notre propre pensée.

La détestation selon Stéphane Hessel

Que Stéphane Hessel s’inquiète de la marche du monde, et en appelle à l’indignation dans son opuscule récent (« Indignez-Vous! »), on peut le comprendre. Mais quand il publie un texte qui est supposé avoir vocation universelle et qu’il dénonce les guerres qui font rage en ne trouvant rien d’autre que de mettre Israël en évidence pour illustrer son propos, c’est son texte lui-même qui en devient indigne. Stéphane Hessel va jusqu’à éprouver de la compréhension pour le Hamas et apprécie le dialogue avec ses dirigeants comme s’ils étaient des gens normaux qui n’envoyaient pas leurs enfants se faire exploser sur les enfants des autres.

Le propos de Hessel consiste supposément à dénoncer la guerre et l’injustice dans le monde entier et d’en débusquer les causes, or afin de bien se faire comprendre, il pointe un doigt accusateur vers Israël comme étant l’endroit emblématique, symptomatique et représentatif de toutes les guerres et injustices qui sévissent sur la planète.

Ce texte n’est pas un pamphlet contre Israël, mais contre le Mal qui ronge le monde. Hessel dénonce Israël sous forme de procédé pédagogique visant à que le monde comprenne de quoi le Mal a l’air. Et il l’air comme Israël, d’après lui.

Le texte de Stéphane Hessel est destiné à un public qui n’a ni le temps ni les ressources pour se documenter en profondeur. Or en désignant Israël nommément comme référence identifiant le Mal, cela revient à une incitation à la haine.
S’il avait sérieusement voulu en appeler à l’indignation des masses au lieu de céder à sa détestation obsessionnelle d’Israël (Cfr Richard Prasquier, président du Crif) il aurait été plus approprié de s’attaquer à l’islamisme, ou plus largement à l’instrumentalisation de l’Islam pour opprimer des populations entières. L’islamisme alimente objectivement la plupart des conflits au monde, donc s’il y a quelque chose d’emblématique du Mal à notre époque, c’est bien l’islamisme. Plus largement encore, il aurait pu s’attaquer au déni de démocratie en Chine ou sur le continent africain. Au lieu de cela il s’en prend à Israël, qu’il voue à la vindicte publique comme au bon vieux temps du bouc émissaire.

Pour mémoire, Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient, seul îlot de lumière dans cette mer d’obscurantisme, seul terre où la femme est l’égale de l’homme et où la liberté de conscience et d’expression est totale. Israël est aussi le seul endroit au monde où les arabes ont un droit de vote réel en tant qu’arabes dans un Parlement digne de ce nom. Hessel aurait mieux fait d’en appeler au monde à non seulement reconnaître cette réalité, mais surtout à faire savoir que c’est précisément à cause de cela que le droit à l’existence d’Israël est contesté.

Quand Hessel profère mensonge sur mensonge en se basant sur les mensonges des autres (Goldstone) dans le seul but de se faire valoir aux yeux de l’opinion publique, il en flatte les instincts les plus bas par un populisme suffisant. Peu importe dans ces conditions qu’il ait été résistant, parce que ce qu’il fait maintenant évoque plutôt Pétain : héros d’un combat, autiste lors d’un autre combat.

Israël s’est conduit le mieux possible lors de l’opération « Plomb Durci ». Cette opération n’a eu lieu qu’après qu’un million d’israéliens du Sud d’Israël aient été bombardés huit années durant et eu leur vie ponctuée par une course quotidienne aux abris. Israël ne s’est résolu à répliquer par la force qu’après avoir épuisé tous les autres moyens, tout en s’efforçant de minimiser les victimes civiles. Les trois-quarts des morts côté palestiniens furent d’ailleurs des « activistes » selon les sources mêmes du Hamas. L’essentiel des pertes israéliennes furent occasionnées par des erreurs de tirs de Tsahal soi-même, ce qui en dit long sur la complexité de la guerre urbaine.

Le premier devoir des dirigeants israéliens est d’assurer la sécurité de leur population, n’en déplaise aux beaux esprits. En même temps Israël est de la plus haute exigence vis-à-vis de soi-même et n’a de leçons à recevoir ni de la France ni du reste de l’Europe, dont pratiquement chacune des composantes s’est conduite de manière autrement barbare qu’Israël dans des situations analogues.