François Bégaudeau occupe une place singulière dans le paysage intellectuel français contemporain. Écrivain, essayiste, agrégé de lettres, il est l’une des figures d’une gauche qui se veut à la fois radicale, anticapitaliste et anticoloniale. Ses interventions portent sur des objets très divers — l’école, les classes sociales, le travail, le racisme, le féminisme, les médias, la politique internationale. Derrière la diversité des sujets se déploie une même structure intellectuelle.
Les opinions de Bégaudeau, prises isolément, présentent un intérêt limité. Ce qui mérite d’être examiné est moins leur contenu que le mécanisme qui les produit. Une pensée se définit moins par les conclusions auxquelles elle parvient que par la manière dont elle les rend possibles.
Chez Bégaudeau, cette méthode repose sur une catégorie fondamentale : le rapport entre dominants et dominés. Toute société connaît des rapports de pouvoir, des hiérarchies, des inégalités, des formes de domination. Utilisée avec discernement, cette catégorie peut éclairer certaines réalités historiques ou sociales. Mais elle change de nature lorsqu’elle cesse d’être un instrument d’analyse pour devenir le principe unique d’intelligibilité du réel.
La distinction entre dominants et dominés ne constitue plus chez Bégaudeau une hypothèse parmi d’autres ; elle devient le cadre dans lequel tous les faits prennent place. Les événements ne sont plus interrogés pour eux-mêmes : ils sont redistribués à l’intérieur d’une structure qui en fixe le sens moral et politique.
Ce déplacement est décisif. Une grille de lecture est faite pour être confrontée aux faits ; elle devient une idéologie lorsqu’elle ne se laisse plus corriger par eux. Les événements cessent alors d’éprouver la théorie ; ils la confirment. Ce n’est plus le réel qui informe la pensée, mais la pensée qui organise le réel.
L’œuvre de Bégaudeau offre de nombreux exemples de cette logique. Les inégalités scolaires sont interprétées à travers la reproduction des rapports de classe ; les conflits sociaux selon l’opposition entre bourgeoisie et prolétariat ; les questions raciales à partir de l’héritage colonial ; les relations internationales comme le prolongement des dominations impériales. Chaque objet possède ses particularités, mais toutes ces particularités finissent par être absorbées dans une même opposition fondamentale.
Cette cohérence explique que sa pensée donne l’impression de reconnaître partout la confirmation de ses propres catégories. Les faits deviennent les illustrations d’un schéma dont la conclusion est connue avant même que l’analyse ne commence. Une guerre, une crise politique, une réforme scolaire ou un conflit diplomatique n’apparaissent jamais comme des situations singulières appelant un examen propre : ils sont d’emblée rapportés à la même géométrie intellectuelle.
Cette réduction de la diversité du réel à une seule catégorie constitue le trait distinctif de la pensée de Bégaudeau. Elle explique également pourquoi certains objets occupent chez lui une place beaucoup plus importante que d’autres. Tous les conflits ne possèdent pas la même valeur démonstrative. Certains permettent d’illustrer la grille ; un seul semble en offrir l’expression la plus achevée.
Ce conflit est celui qui oppose Israël et les Palestiniens.
Il ne s’agit pas chez Bégaudeau d’un engagement politique parmi d’autres. La question israélo-palestinienne constitue le point où l’ensemble de sa pensée converge. Toutes les catégories qui structurent son œuvre — domination, colonisation, oppression, résistance, violence d’État, héritage impérial — s’y retrouvent. C’est pourquoi ce conflit devient la scène privilégiée où sa méthode révèle sa cohérence.
Les interventions de Bégaudeau sur ce sujet présentent une remarquable stabilité. Qu’il s’agisse de chroniques, de débats ou d’entretiens, on retrouve la même démarche : substituer à l’examen particulier des actes une lecture générale des rapports de domination. Les catégories morales cèdent la place aux catégories structurelles. Les événements cessent d’être jugés en fonction de leur singularité ; ils sont replacés dans un récit dont les rôles sont distribués d’avance.
Cette démarche apparaît également dans son usage du langage. Les termes employés ne se contentent pas de décrire une situation : ils en déterminent l’interprétation. Les notions de colonisation, d’apartheid, de génocide, de résistance ou de décolonisation ne fonctionnent pas seulement comme des descriptions ; elles désignent le camp auquel appartient chacun. Le débat porte alors moins sur les faits que sur le vocabulaire censé les qualifier.
Bégaudeau revendique cette manière d’aborder le conflit. Il présente comme secondaire le jugement moral pour lui préférer une lecture matérialiste des rapports de domination. Il salue les positions adoptées par La France insoumise sur Gaza, estimant qu’elles échappent au consensus médiatique dominant. Au-delà de ces prises de position particulières, ce qui retient ici l’attention est leur cohérence avec la méthode générale qui organise sa pensée.
Pourquoi le conflit israélo-palestinien occupe-t-il une place aussi centrale chez Bégaudeau ? Pourquoi devient-il le lieu où sa grille d’analyse paraît fonctionner avec le plus d’assurance, alors même que d’autres conflits contemporains mobilisent des catégories comparables de domination, de violence ou d’occupation ?
Cette centralité tient au fait que ce conflit offre à sa pensée son terrain d’accomplissement le plus abouti. La grille dominant/dominé y trouve une configuration si parfaitement ajustée à ses propres catégories qu’elle cesse d’être un outil d’analyse pour devenir une vision du monde.
C’est à ce point précis qu’apparaît le palestinisme.
I. Le palestinisme, accomplissement d’une méthode
Le terme de palestinisme ne désigne pas le soutien au peuple palestinien, pas davantage qu’il ne renvoie à la critique de telle ou telle politique conduite par les gouvernements israéliens. Ces positions appartiennent au débat politique et relèvent de la pluralité des opinions. Le palestinisme désigne une construction intellectuelle dans laquelle la Palestine cesse d’être un objet politique particulier pour devenir le principe organisateur d’une vision du monde.
Ce n’est pas parce que Bégaudeau soutient la cause palestinienne que celle-ci occupe une place centrale dans sa pensée ; c’est parce que cette cause offre à sa méthode l’objet qui en vérifie le mieux les présupposés. Elle fonctionne comme une démonstration de la grille dominant/dominé.
Le conflit israélo-palestinien possède en effet toutes les caractéristiques que cette grille privilégie : un État puissant face à une population faible ; une histoire coloniale invoquée comme origine du conflit ; une asymétrie militaire ; une opposition susceptible d’être traduite dans le vocabulaire de l’oppression et de la résistance. Le conflit israélo-palestinien constitue le cas d’école où la grille dominant/dominé déploie toute sa cohérence.
Il s’ensuit que les événements eux-mêmes perdent leur autonomie. Ils ne modifient pas la lecture du conflit ; ils la confirment. Chaque épisode est réintégré dans un récit dont les principaux éléments sont déjà connus. Les faits n’obligent plus à réviser les catégories ; ce sont les catégories qui déterminent la signification des faits.
C’est pourquoi le jugement moral tend à s’effacer devant le raisonnement structurel. La question n’est plus d’abord de savoir ce qui a été fait, mais qui l’a fait. L’identité des acteurs devient le premier critère d’évaluation. Les actes du camp réputé dominant sont interprétés comme l’expression d’une violence systémique ; ceux du camp réputé dominé sont rapportés à cette violence première qui les expliquerait.
Expliquer un acte n’est pas, en soi, le justifier. Toute analyse historique ou sociologique cherche à comprendre les causes des événements. Mais lorsque l’explication devient exclusive, lorsqu’elle occupe tout le raisonnement, elle finit par neutraliser le jugement. La responsabilité individuelle se dissout dans la causalité historique ; l’acte disparaît derrière le contexte ; la victime cède la place au symbole.
Ce glissement est perceptible dans des discours consacrés au conflit israélo-palestinien. La violence n’y est plus appréciée selon des principes valables pour tous, mais selon la position occupée par ceux qui l’exercent dans la structure de domination. Les catégories morales deviennent relatives à la place assignée aux acteurs.
Il en résulte une hiérarchie implicite des victimes. Toutes les morts ne suscitent plus la même indignation, parce qu’elles ne remplissent pas la même fonction dans le récit. Certaines incarnent la violence originelle ; d’autres apparaissent comme les conséquences, parfois tragiques mais prévisibles, d’un rapport de domination réputé plus fondamental. La compassion cesse alors d’être universelle pour devenir sélective.
Le langage participe de cette transformation. Les mots ne servent plus seulement à décrire les faits ; ils orientent leur réception. Nommer une situation « coloniale », qualifier un État d’« apartheid », parler de « résistance » plutôt que de terrorisme ou de « décolonisation » plutôt que de guerre ne consiste pas uniquement à choisir un vocabulaire : c’est déjà inscrire les événements dans une interprétation déterminée.
C’est ce fonctionnement qui éclaire la pensée de Bégaudeau. Ses interventions sur le conflit israélo-palestinien ne se réduisent pas à des prises de position. Elles révèlent une manière de raisonner dans laquelle un conflit particulier devient le modèle des rapports humains. La Palestine devient le miroir où sa philosophie politique se reconnaît elle-même.
On comprend dès lors pourquoi cette question occupe une place aussi importante chez Bégaudeau. Elle est le lieu où sa grille de lecture cesse d’être une méthode d’analyse pour acquérir la force d’une représentation globale du réel. Cette transformation permet de comprendre non seulement ses positions, mais aussi la logique qui les sous-tend.
II. François Bégaudeau ou la réduction du réel
Une pensée ne devient identifiable que lorsqu’elle manifeste une constante. Chez Bégaudeau, cette constante n’est ni le marxisme, ni l’anticapitalisme, ni même l’anticolonialisme. Tous ces éléments sont présents dans son discours, mais ils procèdent d’un principe plus profond : la réduction de la complexité du réel à une opposition entre dominants et dominés.
Le terme de réduction décrit un mécanisme intellectuel. Toute pensée simplifie le réel afin de le rendre intelligible ; aucune théorie ne peut épouser la totalité des faits. La difficulté apparaît lorsque cette simplification cesse d’être un moyen pour devenir une fin, lorsqu’une seule catégorie prétend rendre compte de toutes les autres.
La distinction entre dominants et dominés n’éclaire plus certains phénomènes : elle les absorbe. Les différences de nature entre les conflits, les institutions, les traditions politiques ou les responsabilités individuelles tendent à s’effacer devant une même structure interprétative. Les objets changent ; la lecture demeure identique.
Une telle méthode procure une cohérence. Le monde cesse d’apparaître comme un ensemble de situations irréductibles les unes aux autres ; il devient lisible. Chaque événement trouve sa place dans un récit général. L’histoire cesse d’être un domaine d’incertitude pour devenir un système de correspondances.
Mais cette cohérence a un prix. Plus une grille explicative s’étend, moins elle laisse de place à la singularité des faits. Les événements ne sont plus d’abord ce qu’ils sont ; ils deviennent les illustrations d’une catégorie préalable. Le particulier disparaît derrière le général. L’analyse tend alors à remplacer l’observation par la reconnaissance : elle ne découvre plus le réel, elle retrouve partout ce qu’elle savait déjà.
Ce phénomène est particulièrement visible dans les interventions de Bégaudeau. Qu’il soit question de l’école, des médias, du travail, de la littérature, de la colonisation ou des relations internationales, le vocabulaire varie moins que les objets auxquels il s’applique. La domination, la violence symbolique, la reproduction des hiérarchies sociales, la logique coloniale ou l’opposition entre oppresseurs et opprimés constituent les invariants d’un discours qui se déplace d’un sujet à l’autre sans modifier son architecture.
Il ne s’agit pas d’une contradiction. Au contraire, c’est précisément cette continuité qui mérite d’être interrogée. Car une pensée qui retrouve partout la même structure finit inévitablement par considérer toute exception comme apparente. Les faits qui semblent lui résister sont réinterprétés jusqu’à rejoindre la règle. La théorie n’est plus exposée à la possibilité d’être infirmée ; elle possède toujours les ressources nécessaires pour intégrer ce qui semblait la contredire.
C’est ici que la pensée de Bégaudeau change de statut. Elle cesse d’être une analyse parmi d’autres pour devenir une vision du monde. On croit encore utiliser une catégorie sociologique ; on commence déjà à organiser toute la réalité autour d’elle.
Cette évolution éclaire également son rapport au jugement moral. Lorsque les rapports de domination deviennent le principe premier de toute interprétation, l’évaluation des actes tend à passer au second plan. La question décisive n’est plus : que s’est-il passé ? Elle devient : quelle est la position respective des acteurs dans la structure de domination ?
Les individus ne sont plus appréhendés d’abord comme des sujets responsables de leurs actes, mais comme les représentants d’une place dans un système historique. Le jugement moral se trouve subordonné au jugement sociologique. Ce ne sont plus les actes qui définissent les acteurs ; ce sont les acteurs qui donnent leur signification aux actes.
La politique cesse d’être l’espace où des intérêts, des principes et des décisions entrent en conflit. Elle devient l’expression mécanique d’une structure préalable. Les responsabilités individuelles s’estompent au profit des déterminations collectives ; la contingence historique disparaît derrière la nécessité sociale. Le réel perd de son épaisseur parce qu’il est ramené à une logique unique.
Cette réduction explique la place singulière qu’occupe le conflit israélo-palestinien dans la pensée de Bégaudeau. Aucun autre objet ne permet de faire fonctionner avec une telle efficacité la totalité de ses catégories. Ce conflit concentre à lui seul la domination, la colonisation, la résistance, l’inégalité des forces, la mémoire historique et la dénonciation de l’Occident. Il représente, pour cette grille de lecture, le cas exemplaire.
C’est pourquoi il ne constitue pas seulement un engagement politique. Il devient le centre de gravité d’une pensée qui trouve enfin, dans un seul conflit, la confirmation simultanée de tous ses présupposés. Le palestinisme n’est donc pas une simple opinion de Bégaudeau. Il est le moment où sa méthode atteint sa forme la plus cohérente, parce qu’il offre à sa vision du monde l’objet qui lui permet de se déployer sans rencontrer de véritable résistance.
C’est cette évolution qui conduit à une question plus générale. Que devient une pensée lorsqu’une seule catégorie suffit à expliquer l’ensemble du réel ? À partir de quel moment une méthode d’analyse cesse-t-elle d’être un instrument critique pour devenir un système clos ? C’est cette question qui permet de comprendre la logique des idéologies totalisantes.
III. Une pensée totalisante
Toutes les idéologies ne sont pas totalitaires. En revanche, toutes les idéologies totalitaires procèdent d’une même ambition : réduire la diversité du réel à un principe unique d’explication. Elles ne cherchent pas seulement à interpréter le monde ; elles prétendent en posséder la clé. C’est cette prétention qu’il convient d’examiner.
Le terme de « totalisant » est ici préférable à celui de « totalitaire ». Il ne désigne pas un régime politique, mais une manière de penser. Une pensée devient totalisante lorsqu’elle tend à absorber la pluralité des phénomènes dans une catégorie unique, au point que toute réalité finit par être comprise selon une seule logique.
La pensée de Bégaudeau présente, à cet égard, une cohérence. Son ambition n’est pas de multiplier les points de vue sur le réel, mais de les unifier. Derrière la variété des situations historiques, il retrouve toujours la même structure : celle de la domination. Cette constance explique sa force de conviction ; elle en constitue aussi la limite.
Une telle pensée ne procède plus par enquête, mais par reconnaissance. Elle ne demande plus ce qu’est un événement ; elle cherche à identifier la place qu’il occupe dans une structure préexistante. Le travail de l’intelligence consiste alors moins à découvrir qu’à classer.
Cette logique transforme la théorie en système. Dans une pensée ouverte, les faits peuvent conduire à modifier les catégories d’analyse. Dans une pensée totalisante, c’est l’inverse : les catégories demeurent fixes, et ce sont les faits qui doivent être réinterprétés jusqu’à s’y conformer. La théorie devient ainsi irréfutable. Non parce qu’elle serait démontrée, mais parce qu’elle possède la capacité d’intégrer toute objection à son propre fonctionnement.
Les grandes idéologies ne se sont pas contentées de proposer une interprétation de la réalité ; elles ont prétendu l’épuiser. Le marxisme expliquait l’histoire par la lutte des classes ; le nazisme par la race ; d’autres doctrines par la nation, la civilisation ou la religion. Chacune faisait d’une catégorie particulière le principe ultime auquel devaient être ramenés tous les phénomènes.
Il ne s’agit pas d’assimiler ces doctrines, mais de comparer leur structure intellectuelle. Elles diffèrent par leurs objectifs, leurs justifications et leurs effets historiques. En revanche, elles procèdent d’une même ambition : expliquer le monde à partir d’un principe unique auquel toute la réalité est ramenée.
C’est à ce niveau que la pensée de Bégaudeau appelle la comparaison. Elle ne se caractérise pas d’abord par telle ou telle position politique, mais par cette tendance constante à faire d’une catégorie sociologique le principe général d’explication. La domination est le vocabulaire dans lequel toute réalité doit être traduite.
On comprend alors pourquoi le conflit israélo-palestinien acquiert chez lui une telle importance. Il est un conflit où la réduction du réel paraît atteindre son degré maximal de simplicité. Toute la complexité historique, diplomatique, religieuse, stratégique et morale du Proche-Orient tend à se résorber dans une opposition binaire entre un oppresseur et un opprimé. La grille interprétative trouve là un terrain où elle fonctionne à merveille.
Cette évolution a des conséquences sur le rapport à la vérité. Une pensée totalisante ne ment pas nécessairement ; elle sélectionne. Elle privilégie les faits qui confortent son architecture et tend à marginaliser ceux qui la compliquent. Ce qui échappe à la grille n’est pas considéré comme faux, mais comme secondaire. Peu à peu, la réalité cesse d’être objet de connaissance pour devenir un matériau destiné à illustrer une conviction préalable.
L’antisionisme devient problématique lorsqu’il cesse d’être la critique d’une politique ou d’un gouvernement pour faire d’Israël un objet d’exception, soumis à un régime moral et politique qui ne s’applique à aucun autre État, au seul motif qu’il est l’État des Juifs. À ce stade, la frontière chez Bégaudeau entre antisionisme et antisémitisme ne relève plus d’une différence de nature, mais d’une différence de vocabulaire.
C’est pourquoi la question essentielle n’est pas de savoir si Bégaudeau a raison ou tort sur tel ou tel épisode du conflit israélo-palestinien mais quel type de pensée produit systématiquement les mêmes conclusions, quels que soient les objets auxquels elle s’applique.
Le palestinisme constitue la réponse à cette question. Il n’est pas un épisode de la trajectoire intellectuelle de Bégaudeau ; il en représente l’aboutissement logique. Sa vision du conflit israélo-palestinien ne doit pas être comprise comme une opinion venant s’ajouter aux autres. Elle est le moment où l’ensemble de sa pensée se révèle à elle-même.
Le palestinisme n’est pas le point de départ de la pensée de Bégaudeau. Il en est l’excroissance. Toute pensée totalisante finit par produire son objet privilégié : celui où toutes ses catégories convergent et cessent d’être des instruments d’analyse pour devenir des articles de foi. Chez François Bégaudeau, cet objet est la Palestine.
C’est avec une profonde tristesse