Le grand-Rabbin de France et la loi Avia

Haïm Korsia, grand rabbin de France, exprime dans un article paru dans « Times of Israel » sa déception de ce que la loi proposée par la députée Laetitia Avia contre les dérapages des réseaux sociaux ait été recalée par le Conseil Constitutionnel. Il estime que la violence des échanges sur Internet « a atteint des paroxysmes et des surenchères intolérables ».

Pour mémoire, ce projet de loi faisait obligation aux opérateurs des réseaux sociaux de retirer sous vingt-quatre heures tout propos haineux. Au cas où cette loi aurait été adoptée il n’aurait donc plus été nécessaire de porter l’affaire devant les tribunaux. Les opérateurs devenaient juges en la matière et pouvaient retirer de tels propos à leur seule discrétion.

Quand l’on fait observer à Korsia qu’il n’existe pas de définition de « propos haineux », il objecte que c’est « indéfinissable comme la beauté ou le charme, que l’on reconnaît pourtant immanquablement et sous les cultures les plus différentes, quand on y est exposé. A-t-on besoin d’une définition juridique et universelle de la beauté ? »

Cette explication venant d’un homme pourtant cultivé est d’un obscurantisme confondant. Il va donc de soi pour Korsia que ce qui est beau, charmant ou haineux fait l’objet d’un consensus tellement universel qu’il serait vain d’en discuter. L’on comprend que dans ces conditions il estime que n’importe quel réseau social est compétent pour trancher en la matière.

Mais quand bien même il serait possible de se mettre d’accord sur ce que sont des propos haineux, au nom de quoi justifierait-on de les retirer ? Depuis quand est-il interdit de haïr ? Quelqu’un qui publierait par exemple une phrase du genre « je hais Hitler » devrait-il être censuré ?

Korsia s’insurge par ailleurs contre ce qu’il dénonce comme un « double standard », qui fait que le racisme et l’antisémitisme en ligne ne jouirait pas « de la même attention et détermination que la pédopornographie ou l’apologie du terrorisme ». C’est évidemment une contrevérité, parce que le racisme et l’antisémitisme – en ligne ou ailleurs – tout comme la pédopornographie et l’apologie du terrorisme, constituent des infractions pénales, donc nul besoin de Loi Avia.

Korsia est un homme respectable, mais ses idées ne sont pas toujours lumineuses. En 2004, il a voulu inviter l’antisémite Dieudonné à Auschwitz, mais il en a été dissuadé par Joseph Sitruk, grand-rabbin de France à l’époque. Maintenant Korsia veut s’attaquer à liberté d’expression, ce qui ne laisse pas de surprendre chez ce guide spirituel qui se veut pourtant moderne.

Le journal Haaretz et la liberté d’expression

Jordan Peterson est un psychologue clinicien,  professeur à l’Université de Toronto après avoir enseigné à Harvard. Cet intellectuel a une notoriété mondiale pour ses travaux sur la postmodernité, qu’il définit comme avatar du marxisme.

Le journal Haaretz publie un article de l’historien suédois Mikael Nilsson, qui comme certains intellectuels de gauche de tradition chrétienne aiment les Juifs surtout quand ils sont morts. C’est sans doute dû à cette charmante inclination que Nilsson qualifie Peterson de révisionniste, d’antisémite et d’admirateur d’Hitler.

Il conteste l’analyse de Peterson du nazisme, parce que d’après lui on ne peut rien en dire d’autre que de l’attribuer au Mal Absolu. Tout historien sait pourtant qu’après la défaite de l’Allemagne en 1918 le Traité de Versailles lui a imposé des conditions extrêmes et humiliantes, provoquant une crise économique et un ressentiment durable dans les couches populaires, ouvrant la voie au fascisme.

Mais la mauvaise foi et la violence de Nilsson n’est pas due à un désaccord entre universitaires sur un point d’Histoire. Il s’agit de refuser tout débat concernant l’origine des crimes nazis et escamoter du même coup celui des crimes communistes. L’explication est que pour Nilsson, comme pour beaucoup de marxistes, la différence entre nazisme et communisme réside dans l’intention et pas dans les faits.

Les faits sont toujours dérangeants pour les idéologues. Comme dit le philosophe Michel Onfray, quand l’idéologie ne coïncide pas avec le réel, c’est que le réel a tort. Il semble donc que les millions de victimes du communisme ne sont pour Nilsson qu’un détail de l’Histoire, comme dirait l’autre.

Un des thèmes de Peterson consiste à se poser la question de savoir pourquoi l’on enseigne si parcimonieusement ce que fut la monstruosité du communisme tout au long du vingtième siècle. La politologue Hannah Arendt avait pourtant mis en lumière dès les années 1950 l’équivalence entre fascisme et communisme. Cela avait causé une polémique, dont Nilsson prend le relais aujourd’hui. Pour lui les crimes communistes ont un sens. Celui de l’Histoire.

C’est ce même délire qui donne aujourd’hui bonne conscience à la gauche extrême qui entend ressusciter le communisme sous forme postmoderne.

Ce genre d’article justifie la liberté d’expression. Si on l’interdisait on ne saurait pas que Haaretz publie des textes indignes.

Climat

A propos du réchauffement de la planète, ou du « dérèglement climatique » selon une formulation plus elliptique, moi aussi je préfère un environnement propre plutôt qu’un environnement sale, un air pur plutôt qu’un air pollué, etc…, mais il m’apparaît que certains courants écologiques ont pris une tournure religieuse, or quand la religion se mêle de science cela finit toujours mal. En URSS déjà il y avait une « bonne » et une « mauvaise » science.

Et comme par hasard une frange non-négligeable du mouvement écologiste international est antisémite et proche de l’extrême gauche (expression pléonastique). Sans oublier que ces gens qui trouvent qu’il faut respecter la planète ne respectent pas Israël, frayent avec ses pires ennemis et soutiennent le BDS.

Il appartient à la science le soin de déterminer, dans la mesure du possible, ce qui est susceptible d’arriver à notre planète et d’en discerner les causes, et laisser ensuite la politique sonder les cœurs. J’ai bien aimé cet aphorisme des « gilets jaunes » : « Les élites parlent de fin du monde quand nous parlons de fin du mois ».

Pour ma part en tous cas je ne suis pas disposé à sacrifier la moindre génération vivante au nom de générations qui ne le sont pas encore. Ce genre de raisonnement à fait couler suffisamment de sang pour qu’on s’en abstienne désormais.

Prométhée et la fin de l’éternité

Après avoir établi son autorité dans un Cosmos pacifié, Zeus s’ennuie parce que plus rien ne change dans le monde. Il donne alors ordre aux Titans Epiméthée et Prométhée de fabriquer des êtres mortels.

Epiméthée conçoit un archétype pour chaque espèce animale, et crée ensuite les animaux eux-mêmes au sein d’un écosystème parfait, tout comme celui du Jardin d’Eden de la Torah. Chaque bête est pourvue de caractéristiques qui lui permettent de remplir son rôle. Ils ne peuvent faire autre chose  que ce pourquoi ils ont été créés.

Mais quand Epiméthée crée l’être humain, il s’aperçoit qu’il a tout donné aux animaux et qu’il ne lui reste plus rien à pourvoir à l’homme pour lui permettre de survivre dans la Nature. C’est à ce stade que Prométhée intervient. Il vole le feu chez Héphaïstos, dieu du feu, et les arts chez Athéna, déesse du savoir, afin que l’homme puisse créer lui-même ce qui lui manque et confronter ainsi la Nature.

Il y a une analogie manifeste entre l’histoire du Prométhée d’Eschyle et celle d’Adam et Eve dans la Torah. Ceux-ci sont en harmonie avec la Nature aussi longtemps qu’ils n’ont pas goûté à l’Arbre de la Connaissance, mais une fois que c’est fait ils rompent avec l’ordre cosmique, puisqu’ils sont désormais en mesure de défier le déterminisme de la Nature.

Mais le prix à payer est qu’Adam et Eve perdent la vie éternelle, dans ce sens que suite à l’accession à la Connaissance ils sont les seules créatures à savoir qu’ils vont mourir, et que partant ils prennent conscience du Temps.

L’honneur perdu du Parti démocrate américain

Les autorités israéliennes ont récemment refusé de délivrer un visa d’entrée à Rashida Tlaib et Ilhan Omar, deux membres démocrates du Congrès américain. Celles-ci sont connues pour leurs déclarations antisémites et appellent à ostraciser Israël, ce qui tombe sous le coup de la loi israélienne, qui interdit l’accès au territoire à quiconque appelle au boycott économique, culturel ou universitaire de l’Etat.

Se voyant déclarée « persona non grata », Rashida Tlaib, qui est d’origine palestinienne, a envoyé une lettre au ministre de l’Intérieur le conjurant de lui permettre de visiter sa grand-mère en Cisjordanie, arguant que ce serait peut-être la dernière occasion de la voir. Le Ministre le lui a concédé sur base humanitaire, à condition qu’elle s’engage de ne pas exploiter la situation en transformant sa visite en manifestation hostile à Israël. Elle a accepté le compromis, mais deux jours après elle s’est rétractée sous la pression de ses amis politiques.

Comme l’objet déclaré de la visite de Rashida Tlaib était de révéler au monde à quel point les conditions de vie des Palestiniens étaient difficiles, le journal israélien « Israel Hayom » a décidé de faire le point sur la question. Une des sources d’information a consisté à analyser les profils Facebook des habitants de Beit Ur al-Fauqa, le village de la famille de Rashida Tlaib. C’est ainsi qu’il appert que les Tlaib vivent plutôt confortablement.

Ahiam Tlaib et Samah Tlaib exhibent sur Facebook des BMW flambant neuves, et Raja et Anas Tlaib leur Mercedes dans laquelle Anas se rend dans sa luxueuse salle de sport. Nayef Tlaib quant à lui roule en Corvette décapotable que l’on voit garée devant une superbe maison de trois étages en construction. Par ailleurs ces profils Facebook montrent que les Tlaib se promènent à Jaffa, Saint-Jean d’Acre Acre et à Tel Aviv, et voyagent en Turquie ou ailleurs dans le monde, ce qui n’est pas vraiment un signe d’enfermement.

Ces clichés n’ont évidemment pas de valeur statistique, mais ce qui est intéressant c’est qu’ils sont corroborés par un rapport de 2014 de la Banque Mondiale, qui révèle que le village où vivent les Tlaib est l’un des endroits les plus prospères de Cisjordanie. Le taux de pauvreté y est de 7,4% tandis que la moyenne de Cisjordanie est de 21%. Le taux de chômage quant à lui figure parmi les plus bas de la région.

Selon un rapport du « Bureau Central de Statistique de Palestine », il y a dans ce village 230 ménages. 215 des immeubles y sont définis comme propriétés privées. 116 d’entre eux ont cinq chambres ou plus, et 65 en ont quatre. Pratiquement tous les ménages sont équipés de la télévision par satellite, d’écrans LCD dernier cri, et sont connectés à l’Internet. La plupart des habitants ont un téléphone portable et la moitié des familles possèdent une voiture.

Reste que s’il est vrai qu’il s’agit d’une région à l’avenir politique incertain, il n’en est pas moins vrai que les habitants y vivent un quotidien digne. A comparer avec Gaza, ce territoire qu’Israël a quitté.

Sarah Halimi ou la justice post-moderne

Sarah Halimi est une femme juive de soixante-cinq ans décédée en avril 2017 après avoir été rouée de coups et défenestrée. L’assassin est son voisin Kobili Traoré, jeune multi-récidiviste 20 fois condamné pour violence aggravée ou autres méfaits, mais jamais considéré comme irresponsable.

La cour d’appel de Paris a néanmoins conclu à l’irresponsabilité pénale de Kobili Traoré. Il ne sera donc pas jugé et devrait sous peu être libéré de son internement en milieu psychiatrique, étant donné qu’il ne souffre de troubles mentaux que lorsqu’il est saisi de pulsions le poussant à casser du juif au nom de l’islam.

Comment cela est-il possible ?

La nouvelle épidémie qui sévit dans une certaine intelligentsia, une certaine presse et une certaine magistrature s’appelle la pensée postmoderne. C’est ainsi que cette vision du monde fait l’impasse sur la notion de libre arbitre. L’essence de l’individu au sens postmoderne n’est que le reflet de sa communauté, de sa culture et de son histoire. Il n’y a donc pas d’individus dans la postmodernité : il n’y a que des identités. Le pluralisme s’est transformé en principe d’égalité à tous crins, ce qui a pour conséquence que l’égalité « est devenue folle », comme dit Finkielkraut.

La décision de la cour d’appel de Paris revient à considérer Kobili Traoré comme un avatar de son identité. Il ne serait pas plus coupable d’être un assassin drogué antisémite et islamiste que Sarah Halimi n’est coupable d’être une paisible femme médecin juive. Il semble donc que pour certaines juridictions il est tout compte fait devenu moins important de rendre la justice que de rendre l’égalité.

Jean Daniel et le Coronavirus

Jean Daniel, fondateur du “Nouvel Observateur”, écrivain, journaliste et intellectuel notoire, est décédé à l’âge de 99 ans. Ce bel esprit d’origine juive avait choisi de se distancier de sa judéité.  Comme beaucoup de Juifs honteux, la haine de soi l’avait rendu plus critique vis-à-vis d’Israël que du reste du monde. Au fil du temps cette détestation avait fini par infecter sa plume pour tout ce qui tournait autour du conflit israélo-arabe. Dans son ouvrage « La Prison Juive » il en arrive à conclure que les Juifs sont les artisans de leur propre malheur tellement ils sont captifs de leur délire messianique.

Jean Daniel n’est plus de ce monde, ce qui fait que l’on ne saura malheureusement jamais s’il estimait que le Coronavirus c’est la faute aux Juifs, aux Chinois ou aux cyclistes.

J’accuse le boycott

Né en 1933, Roman Polanski n’avait pas vocation à devenir l’un des grands cinéastes notre temps. Petit de taille, ce grand artiste est un rescapé de la Shoah qui n’a dû le salut qu’à son évasion du ghetto de Cracovie à l’âge de huit ans, après quoi il fut privé d’école parce que Juif.

La mère de Polanski a été assassinée au camp d’Auschwitz alors qu’elle était enceinte, et bien des années plus tard son épouse, elle aussi enceinte, a  été massacrée par des une bande de monstres. Son père quant à lui a survécu au camp de concentration de Mauthausen.

Polanski a été condamné en 1977 aux Etats-Unis pour abus sexuel sur Samantha Geimer, une jeune fille mineure. Le néoféminisme contemporain incite à la libération de la parole, ce que Samantha Geimer a mis en pratique en accordant son pardon à Polanski et en déclarant que  sa mésaventure ne l’a traumatisée ni mentalement ni physiquement.  La libération de la parole, c’est aussi cela.

A chacun de se faire une idée de l’homme Polanski, mais rien dans son œuvre n’est illicite. Les Césars décernés à son film « J’accuse » constituent un hommage à son talent et à celui de ses collaborateurs.

Non seulement est-il absurde de boycotter « J’accuse », mais il faudrait en faire la promotion.  Toute opposition à ce film est une obstruction au combat contre l’antisémitisme. Les jeunes,  les moins jeunes, les vieux et les ignares en tout genre doivent apprendre ce que fut l’affaire Dreyfus. Qu’ils sachent que cette ignominie a été le terreau de l’antisémitisme de l’Etat français lors de la Shoah. Que c’est l’affaire Dreyfus qui a accouché du régime de Vichy, celui-là même qui a décrété  le « Statut des Juifs » et qui les a envoyés à la mort dans les camps nazis.

Mais l’affaire Dreyfus a aussi accouché d’un autre enfant : l’Etat d’Israël.

DSK ou la coupable innocence

Tristane Banon est une romancière et journaliste française. En 2011 elle porte plainte contre Dominique Strauss-Kahn[1], l’un des amants de sa mère, pour tentative de viol dont elle affirme avoir été l’objet en 2003.  Le parquet de Paris ouvre une enquête, mais Strauss-Kahn nie les faits et porte plainte en diffamation contre Banon. Il est entendu par des enquêteurs, et admet avoir tenté sans succès d’embrasser Banon au cours de l’interview qu’elle était venue lui faire dans son appartement. Quelque temps plus tard le parquet classe la plainte sans suite, estimant ne pas avoir suffisamment d’éléments pour engager des poursuites.

Banon a récemment été invitée à participer à l’émission « c’est à vous » sur France 5 afin d’évoquer cet épisode de sa vie. Elle revient dessus avec sa version, ce qui est légitime.  Mais le parti-pris dont elle bénéficie de la part des journalistes et chroniqueurs, et l’unanimité de ceux-ci contre Strauss-Kahn est digne de la presse de Corée du Nord. Pour mémoire, Dominique Strauss-Kahn a été trainé en justice  à plusieurs reprises dans le cadre d’affaires de mœurs, mais a été relaxé à chaque fois.  N’ayant jamais été condamné il dispose donc d’un casier judiciaire vierge.

Au cours de l’émission, l’animatrice et ses collègues qualifient sans nuance Banon de « victime » sans tenir compte, à aucun moment, du fait que dans cette affaire il s’agit de la parole de l’un contre l’autre. D’une part Banon n’est donc pas une « victime »,  mais une plaignante, et Strauss-Kahn n’est pas un coupable, mais un plaignant, eu égard à sa plainte pour diffamation.

Non seulement les justiciers de cette émission-tribunal se moquent de la présomption d’innocence, mais justifie en plus le lynchage médiatique subi par Strauss-Kahn.

A quand l’invitation de Strauss-Kahn sur ce même plateau par les mêmes journalistes ?

[1] Dominique Strauss-Kahn, dit « DSK » est un économiste et homme politique, et fut directeur général du FMI jusqu’en 2007.  Candidat potentiel à la présidence de la république il se retira de la vie publique après sa mise en cause dans le cadre d’une accusation d’agression sexuelle à New York, bien qu’ayant bénéficié en fin de compte d’un non-lieu.

Obama et la question juive

Il existe ce que j’appelle un « antisémitisme de basse intensité ». Il s’agit d’une sorte d’antipathie silencieuse, qui ne vise pas forcement à nuire aux Juifs, mais qui sous-tend l’exigence que ceux-ci ne soient ni trop visibles ni trop dérangeants. Cet antisémitisme-là est même capable de se muer en sympathie lorsque des Juifs sont dans le rôle de la victime.

Il y a aux Etats-Unis des congrégations afro-américaines  dirigées par des antisémites notoires comme les pasteurs Louis Farrakhan et Jeremiah Wright. Ce dernier  fut pendant vingt ans le mentor et guide spirituel du Président Barak Obama . Obama le cite 26 fois dans son autobiographie, et raconte qu’il lui a demandé de le marier et de baptiser ses enfants. Il a fini par le renier en 2008 à l’occasion de sa candidature à la présidence, sans doute parce que cela faisait mauvais effet auprès de l’électorat juif et évangéliste. Il n’empêche qu’aussi  longtemps qu’Obama était sénateur il a religieusement écouté les harangues antisémites de son pasteur sans jamais s’en formaliser. Quand on y ajoute l’hostilité manifeste d’Obama à Israël pendant sa présidence, il est difficile de ne pas établir de lien de cause à effet.

Obama relate dans son autobiographie l’épisode où  il rend visite aux vestiges du  camp de concentration de Buchenwald[1]. Il se souvient que cela avait eu pour lui « une signification politique forte [2]».  Il entend par là qu’il avait « envisagé » un voyage en Israël, mais qu’il y avait renoncé « par respect pour le souhait du gouvernement israélien de ne pas faire de la question palestinienne le point central de son discours ». En d’autres mots il prétend avoir été censuré par la seule démocratie de cette partie du monde.

Pour comprendre l’étendue de ce mensonge il faut se souvenir qu’Obama a réussi la prouesse de ne pas mettre les pieds en Israël au cours des quatre années de son premier mandat. Au lieu de cela il a « opté pour une visite de l’un des lieux emblématiques de l’Holocauste comme moyen de proclamer son engagement à Israël et au peuple juif. ». En clair il a préféré un pèlerinage là où les Juifs meurent plutôt que là où les Juifs sont vivants.

Quand, lors de son deuxième mandat, Obama s’est résolu à venir en Israël, il a choisi de prononcer son discours à Jérusalem devant un public acquis d’avance dans une banale salle de conférence.  Ceci en lieu et place de la Knesset[3], comme c’est l’usage chez les leaders du monde libre soucieux d’honorer la démocratie israélienne.

Obama qualifie dans son autobiographie la branche militaire du Hamas de « groupe de résistance palestinienne ». Résistance ? Dans son propre pays le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes.

Autre passage d’une mauvaise foi inouïe et qui frise le négationnisme: « À l’école primaire, j’ai assisté en 1972 aux retransmissions des Jeux olympiques de Munich où des athlètes ont été massacrés par des hommes masqués » C’était qui, ces athlètes ? Des Martiens ? Et les « hommes masqués » ? D’autres extra-terrestres ? Non : ces  athlètes étaient des Juifs assassinés parce que Juifs, et les « hommes masqués » étaient des tueurs d’une mouvance palestinienne, mais Obama le passe totalement sous silence.

Obama n’est donc pas allé en Israël lors de son premier mandat, mais bien en Turquie et en Egypte.  Israël est pourtant situé entre ces deux pays, mais peut-être qu’Obama n’avait-il pas accumulé assez de « Miles » pour s’offrir  une escale à l’aéroport Ben Gourion.  Toujours est-il que lors de sa visite au Caire il a adressé son discours aux dignitaires du régime, parmi lesquels « quelques personnalités des Frères musulmans ».  Il leur a déclaré que « l’Amérique et l’islam se recoupent et se nourrissent de principes communs, à savoir la justice et le progrès, la tolérance et la dignité de chaque être humain.  L’Islam a une tradition de tolérance dont il est fier ». On ne saura jamais si c’était de l’humour.

Mais  là où Obama n’a pas essayé d’être drôle du tout, mais a au contraire réussi à être nauséabond, c’est quand, au cours de ce même discours, il a établi un parallèle entre le calvaire des Juifs de la Shoah et la peine des Palestiniens « en quête d’un territoire ».

Tout cela étant dit il faut bien reconnaître que quand Obama a fini par faire une visite d’Etat à Jérusalem, il a quand même déclaré qu’il était un ami d’Israël. A cela il faut ajouter qu’il est détenteur du prix Nobel de la Paix sur base d’une discrimination positive consistant à distinguer des personnalités qui n’ont strictement rien fait pour la paix.

C’est dans ces cas-là que l’on dit que quand on a des amis comme cela on n’a pas besoin d’ennemis.

[1] Camp de concentration nazi créé en 1937 en Allemagne libéré par les Américains en 1945.

[2] Tous les passages en italiques de l’article sont extraits de l’autobiographie d’Obama.

[3] Parlement israélien.

 

Israël, l’Etat et la religion

Israël n’a pas de religion d’Etat. Cette précision est importante, parce que n’est pas clair pour tout le monde. Cependant le fait est que la séparation entre Etat et religion n’est pas consommée en Israël. Il y a des raisons historiques à cela, mais cela ne signifie pas qu’il faille s’y résigner.  

Une séparation radicale de l’Etat et de la religion serait de nature à promouvoir le sentiment d’égalité entre citoyens.  Cela aurait des répercussions en profondeur sur des questions comme le service militaire, l’enseignement, le marché du travail et les minorités non-juives. Il s’agit d’une question à la fois philosophique et politique.

Philosophique, parce qu’il ne faut pas que l’Etat privilégie une spiritualité plutôt qu’une autre, étant donné qu’il n’y a aucun moyen de trancher en la matière.

Politique, parce que l’Etat est un mal nécessaire qui ne doit avoir d’autre fonction que celle de régler les rapports entre citoyens, et non pas de décréter des valeurs.

L’Etat d’Israël est un Etat laïque et doit continuer de l’être. C’était d’ailleurs l’intention de la plupart des pères fondateurs, parce qu’ils y ont vu la formule adéquate pour rallier tous les courants juifs en vue d’un même projet. Herzl, Ahad Ha’am, Ben  Gourion, Bialik et Jabotinsky avaient ceci en commun qu’ils voyaient dans le projet sioniste  un foyer pour le peuple juif, et non pas une théocratie. Le Rav Kook lui-même, guide spirituel du judaïsme orthodoxe et décisionnaire de Halakha reconnaissait le rôle de premier plan des sionistes laïques dans l’édification de l’Etat juif.

L’idée consisterait à mettre fin à tout lien organique entre Etat et religion. Les institutions religieuses devraient être financées  par leurs fidèles ou sympathisants, et transformées en institutions à caractère privé. Cela ne signifie pas qu’il faudrait négliger la diffusion du judaïsme, bien au contraire : au lieu que ce soient les institutions religieuses les seules à prodiguer l’enseignement de nos grands textes, il faudrait favoriser la transmission du judaïsme dans l’éducation nationale et dans la vie culturelle.

Autre point : la Loi du Retour a pour vocation d’accorder la nationalité israélienne à tout Juif qui en exprime le désir. Cette loi a un caractère civil et non pas religieux, même s’il est vrai que les candidats doivent produire une attestation de judéité émis par un rabbin accrédité. Cependant le fait est que l’esprit de la Loi du Retour est que tout Juif est éligible pour l’Alyah, non pas parce qu’il pratique la religion juive, mais parce qu’il est d’ascendance juive par au moins un de ses quatre grands-parents.

Quand une personne faisant appel à la Loi du Retour ne dispose pas d’une attestation de judéité en bonne et due forme il se voit refuser l’Alyah. Il ne lui reste dans ces conditions qu’à entamer un processus de conversion au judaïsme et à s’engager à changer de mode de vie. Il y a là un paradoxe qu’il faut résoudre, parce que l’Etat d’Israël n’a pas vocation à demander à qui que ce soit de faire acte d’allégeance à quelle religion que ce soit.

Au lieu d’exiger de quelqu’un de se convertir à une religion à laquelle il ne croit pas, il faudrait lui donner la possibilité de se fondre au peuple juif de manière laïque. Une formation pourrait être envisagée de manière à ce qu’au bout du processus il pourrait bénéficier de la Loi du Retour et faire son Alyah en connaissance de cause.

Le Coronavirus et le principe de précaution

Le professeur Michael Levitt, biophysicien et prix Nobel,  déclare dans une interview au « Jerusalem Post » qu’à son avis il n’y aura pas plus de dix personnes qui succomberont au coronavirus en Israël. Il juge donc disproportionnées les craintes en la matière, d’autant que d’après lui la pandémie touche à sa fin.

Le professeur Didier Raoult, infectiologue, professeur de microbiologie et spécialiste des maladies infectieuses, dit qu’« il n’y a pas d’infection virale respiratoire qui ne soit saisonnière. Paradoxalement la chose la plus intelligente qui ait été dite à ce propos l’a été par Trump,  qui estime qu’au printemps le Coronavirus  va disparaître ».  

Le professeur Yoram Las, ex-directeur général du Ministère de la Santé en Israël estime pour sa part que le pays n’aurait jamais du fermer ses frontières. Il réfute la comparaison avec l’Italie, notant que le Coronavirus  y est plus ravageur qu’ailleurs parce que  la morbidité respiratoire y est notoirement supérieure à celle de ses voisins lors d’épidémies de grippe.

Le confinement ordonné par les autorités un peu partout au monde risque d’avoir un effet dévastateur et de provoquer des dégâts humains et matériels considérables consécutifs à l’écroulement de la production industrielle, et donc de l’économie. 

La gestion de l’épidémie par les autorités consiste en ce moment à mettre en œuvre ce que l’on appelle le «  principe de précaution », concept formulé par le philosophe Hans Jonas dans les années 1960 concernant la protection de l’environnement. Ce principe est respectable, mais comporte aussi le risque d’en faire trop.

Le monde est malade du Coronavirus, et il faut donc tenter une opération visant à juguler la pandémie, mais il faut aussi espérer que nos dirigeants ne nous annoncent pas un jour que l’opération a réussi mais que le patient est mort.

J’accuse le boycott de J’accuse

Né en 1933, Roman Polanski n’avait pas vocation à devenir l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. Petit de taille, cet grand artiste est un rescapé de la Shoah, qui n’a dû le salut qu’à son évasion du ghetto de Cracovie à l’âge de huit ans, et qui ensuite fut privé d’école parce que Juif.

La mère de Polanski a été assassinée au camp d’extermination d’Auschwitz alors qu’elle était enceinte, et bien des années plus tard son épouse, elle aussi enceinte, a  été massacrée par des monstres. Son père quant à lui a survécu au camp de concentration de Mauthausen.

Polanski a été condamné en 1977 aux Etats-Unis pour abus sexuel sur Samantha Geimer, une jeune fille mineure. Le féminisme contemporain incite à la libération de la parole, ce que Samantha Geimer a mis en pratique en accordant son pardon à Polanski et en déclarant que  sa mésaventure ne l’a traumatisée ni mentalement ni physiquement.  La libération de la parole, c’est aussi cela. 

A chacun de se faire une idée de l’homme Polanski, mais rien dans son œuvre n’est illicite. Les Césars décernés à son film « J’accuse » constituent avant tout un hommage à son talent et à celui de ses collaborateurs.

Non seulement est-il absurde de boycotter « J’accuse », mais il faudrait au contraire en faire la promotion.  Toute opposition à ce film est d’office et d’avance une obstruction au combat contre l’antisémitisme. Les jeunes,  les moins jeunes, les vieux et les ignares en tous genres doivent apprendre ce que fut l’affaire Dreyfus. Qu’ils sachent que cette ignominie a été le terreau de l’antisémitisme de l’Etat français lors de la Shoah. Que c’est l’affaire Dreyfus qui a accouché du régime de Vichy, celui-là même qui a décrété  le « Statut des Juifs » et qui les a envoyés à la mort dans les camps nazis.

Mais l’affaire Dreyfus a aussi accouché d’un autre enfant : l’Etat d’Israël. 

Jean Daniel et le Coronavirus

Jean Daniel, fondateur du “Nouvel Observateur”, écrivain, journaliste et intellectuel notoire, est décédé il y a quelques jours à l’âge de 99 ans. Ce bel esprit d’origine juive avait choisi de se distancier de sa judéité. Mais comme beaucoup de Juifs honteux, la haine de soi l’avait rendu plus critique vis-à-vis d’Israël que du reste du monde.  Au fil du temps cette détestation avait fini par infecter sa plume pour tout ce qui tournait autour du conflit israélo-arabe. Dans son ouvrage « La Prison Juive » il en arrive à conclure que les Juifs sont les artisans de leur propre malheur tellement ils sont captifs de leur délire messianique.  Jean Daniel n’est plus de ce monde, ce qui fait que l’on ne saura malheureusement jamais s’il estimait que  le Coronavirus c’est la faute aux Juifs, aux Chinois ou aux cyclistes.

George Steiner ou l’art de se tromper

L’écrivain et philosophe juif George Steiner est décédé à l’âge de 90 ans. Ce brillant universitaire polyglotte qui lisait Sophocle dans le texte se revendiquait comme juif, mais avait une propension morbide à fréquenter des antisémites en tous genres. Il trouvait que la vocation du Juif était de ne pas être sédentaire, de toujours être invité partout et de se conduire en conséquence. Il estimait que l’Etat juif c’était cher payé comme solution à l’antisémitisme, mais omettait d’expliquer en quoi la Shoah ne l’était pas. Mais vers la fin de sa vie il s’est ravisé : petit rappel de ce qu’il dit à la journaliste Laure Adler dans un livre d’entretiens publié en 2014 et intitulé « Un long samedi » :

« …dire que Netanyahou est dans l’erreur, c’est facile quand on est dans un beau salon à Cambridge. C’est là-bas qu’il faut le dire. Et tant qu’on n’y est pas, à vivre de tout son être en otage de la situation, je crois qu’il vaut mieux se taire. D’ailleurs, maintenant que je suis si près de la fin, de ma fin, je ne suis plus certain du tout. Il y a des moments où je voudrais partir et y être. Des moments où je me demande si je n’aurais pas dû aller en Israël.

... J’ai étudié de l’hébreu jusqu’à ma bar-mitsva, puis je me suis rué sur le latin et le grec. J’ai laissé tomber l’hébreu. Inexcusable. J’aurais pu le reprendre plus tard… Paresse.

Maintenant, cela me manque terriblement de ne pas avoir appris l’hébreu. Je l’ai fait, au début, et puis j’ai été pris par le grec et le latin… C’était une grande erreur.

Déjà, et c’est très grave, vous et moi devons lire la Bible dans de mauvaises traductions, parfois glorieuses mais au fond mauvaises. Ne pas savoir l’hébreu est une première barrière devant l’une des sources de notre humanité.

…Pourquoi est-ce que 70  % des Nobel en sciences sont juifs ? Pourquoi est-ce que 90  % des maîtres d’échecs sont juifs, que ce soit en Argentine ou à Moscou ? Pourquoi les Juifs se reconnaissent-ils entre eux à un niveau qui n’est pas seulement celui de la réflexion rationnelle ? »

Steiner ne donne plus de nouvelles depuis son décès, mais il est probablement en train d’arpenter le Paradis en compagnie de Moïse.

Le plan de paix Trump

Le « plan Trump » consiste à acter que la ligne d’armistice de 1949 ne peut en aucun cas être considérée comme une frontière d’Israël, et qu’un  éventuel Etat palestinien ne pourra disposer ni d’une armée, ni du contrôle de ses frontières, ni de son espace aérien aussi longtemps que le leadership palestinien sera déterminé à détruire Israël. Il ne reste pour Israël qu’à prendre des mesures unilatérales, or c’est cela que les Etats-Unis ont compris. On peut penser ce que l’on veut de la coiffure du Président Trump, mais depuis qu’il est au pouvoir il a fait un sans-faute en ce qui concerne Israël.

La région d’Israël surnommée « le petit triangle » est peuplé de 260.000 arabes israéliens. Ceux-ci sont majoritairement  hostiles à Israël en tant qu’Etat sioniste.  Ils possèdent leur système d’éducation en langue arabe, sont solidaires des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, refusent de faire le service militaire tout comme le service civil, arborent le drapeau palestinien à toute occasion, ne respectent pas l’hymne national israélien, soutiennent la création d’un Etat palestinien et commémorent l’indépendance d’Israël sous le signe du deuil. Mais en apprenant que le « plan Trump » prévoyait d’inclure « le petit triangle » dans la future Palestine et de commuer leur citoyenneté israélienne en citoyenneté palestinienne, ils ont été pris d’une rage folle et ont manifesté pour clamer  qu’en aucun cas ils ne voulaient pour eux de cette Palestine qui semblait pourtant jusqu’à la semaine dernière incarner leur rêve le plus fou.

Vanessa Springora ou la question du consentement

Vanessa Springora est une auteure et réalisatrice française, actuellement directrice des éditions Julliard. Elle a récemment publié chez Grasset un récit autobiographique intitulé Le Consentement, où elle raconte sa liaison avec l’écrivain Gabriel Matzneff alors qu’elle n’avait que quatorze ans.

Le livre de Vanessa est clair, concis, et assez lucide compte tenu des circonstances. Elle se dit marquée à jamais par le fait que Matzneff l’ait séduite, manipulée et mystifiée alors qu’elle sortait à peine de l’enfance. Elle explique qu’elle s’est donnée corps et âme à ce quinquagénaire parce que « jamais aucun homme ne l’avait regardée de cette façon », et parce qu’elle s’était « sentie désirée pour la première fois ». Il apparaît donc qu’elle reproche surtout à Matzneff de l’avoir déçue : « La situation aurait été bien différente si, au même âge, j’étais tombée follement amoureuse d’un homme de cinquante ans qui, en dépit de toute morale, avait succombé à ma jeunesse… si j’avais eu la certitude d’être la première et la dernière, si j’avais été, en somme, dans sa vie sentimentale, une exception. Comment ne pas lui pardonner, alors, sa transgression ? L’amour n’a pas d’âge, ce n’est pas la question », estime encore aujourd’hui Vanessa.

Ce n’est donc pas la transgression en elle-même qui semble avoir traumatisé Vanessa, mais plutôt la sensation d’y avoir été entraînée par un homme qui prétendait l’aimer, alors qu’elle estime après coup n’avoir jamais été pour lui autre chose qu’un objet sexuel. Elle souligne combien la partie était inégale entre elle, fille à peine pubère, et cet écrivain célèbre qui se servait de son aura pour séduire. Mais Vanessa contextualise son histoire en précisant que « dans les années soixante-dix, au nom de la libération des mœurs et de la révolution sexuelle, on se devait de défendre la libre jouissance de tous les corps. Empêcher la sexualité juvénile relevait donc de l’oppression sociale, et cloisonner la sexualité entre individus de même classe d’âge constituait une forme de ségrégation ».

De nombreuses personnalités du monde intellectuel et politique étaient, à cette époque, favorables à la dépénalisation de la pédophilie. Cette revendication était même théorisée sur le plan philosophique et soutenue par Françoise Dolto, éminente psychologue faisant autorité dans le domaine de la pédiatrie. Vanessa rappelle qu’en 1977 « une lettre ouverte en faveur de la dépénalisation des relations sexuelles entre mineurs et adultes, intitulée « À propos d’un procès », est publiée dans Le Monde, signée et soutenue par d’éminents intellectuels, psychanalystes et philosophes de renom, écrivains au sommet de leur gloire, de gauche pour la plupart. On y trouve entre autres les noms de Roland Barthes, Gilles Deleuze, Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre, André Glucksmann, Louis Aragon ».

Les mineurs en dessous d’un certain âge n’ont pas le discernement requis pour consentir à des rapports sexuels. Mais c’est tout aussi vrai pour voyager ou pour d’autres décisions normalement dévolues à la seule discrétion des parents. Dans ces conditions, comment appréhender ce cas où une mère, bien sous tous rapports comme celle de Vanessa, détermine en conscience que sa fille a atteint la maturité sexuelle et consent, partant, à ce qu’elle batifole avec un adulte ? Nulle part dans le récit n’apparaît que la mère de Vanessa aurait été perverse ou malveillante. Elle est au contraire décrite comme une personne intégrée, sociable, travaillant avec sérieux pour assurer son quotidien.

Vanessa n’épargne pas sa mère dans son récit : « Lorsque je traverse encore des phases de dépression ou des crises d’angoisse irrépressibles, c’est souvent à ma mère que je m’en prends. De façon chronique, je tente d’obtenir d’elle un semblant d’excuse, une petite contrition. Je lui mène la vie dure. Elle ne cède jamais, cramponnée à ses positions. Lorsque j’essaie de la faire changer d’avis en désignant les adolescents qui nous entourent aujourd’hui : « Regarde, tu ne vois pas, à quatorze ans, à quel point on est encore une gamine ? », elle me répond : « Ça n’a rien à voir. Tu étais bien plus mûre au même âge. » 

Le déchaînement médiatique qui s’abat sur Matzneff ces temps-ci fait preuve d’un silence assourdissant concernant la mère de Vanessa, alors que celle-ci porte pourtant la responsabilité d’avoir couvert cette relation. Elle s’est limitée à exiger de Matzneff de ne pas faire souffrir sa fille, suite à quoi elle s’est accommodée de la situation. Elle invitait même Matzneff à dîner chez elle, et Vanessa décrit dans son livre ces repas bizarres où ils étaient tous trois « à table autour d’un gigot-haricots verts, presque une gentille petite famille… ». Tout juste la mère veillait-elle à ce que les grands-parents de Vanessa ne fussent pas mis au courant. Elle pensait qu’ils « ne pourraient pas comprendre », ce qui laisse entendre qu’elle-même comprenait. Elle n’avait par ailleurs pas perdu tout contrôle sur Vanessa : celle-ci passait beaucoup de temps avec son amant, mais revenait à la maison lorsque sa mère l’exigeait. Quand Matzneff proposa à Vanessa de l’accompagner aux Philippines, sa mère refusa tout net.

Au bout de douloureux tiraillements, Vanessa finit par quitter Matzneff. Elle s’en ouvre à sa mère, qui, au lieu de s’en réjouir, « reste d’abord sans voix, puis lance d’un air attristé : « Le pauvre, tu es sûre ? Il t’adore ! » 

Ce livre ne révèle rien de nouveau sur Matzneff en tant que tel, puisque lui-même a de tout temps relaté ses extravagances dans ses livres. Ce que nous apprenons, en revanche, c’est à quel point le consentement de la mère de Vanessa a été déterminant. Sa participation, tout comme celle de son entourage, est patente.

Plus de trente ans après les faits, la vox populi réclame des sanctions contre Matzneff, mais épargne curieusement ceux qui, à commencer par la mère de Vanessa, ont été partie prenante ou complaisants. Alors, de deux choses l’une : des sanctions pour tout le monde, ou pour personne. Il est peut-être plus raisonnable d’opter pour personne, parce que tout le monde, cela fait trop de monde.

L’honneur perdu du Parti démocrate américain.

Les autorités israéliennes ont récemment refusé de délivrer un visa d’entrée à Rashida Tlaib et Ilhan Omar,  deux membres démocrates du Congrès américain. Celles-ci sont  connues pour leurs déclarations antisémites et appellent à ostraciser Israël, ce qui tombe sous le coup de la loi israélienne, qui  interdit l’accès au territoire à quiconque appelle au boycott économique, culturel ou universitaire de l’Etat.

Se voyant déclarée « persona non grata », Rashida Tlaib, qui est d’origine palestinienne,  a envoyé une lettre au Ministre de l’Intérieur le conjurant de lui permettre de visiter sa grand-mère en Cisjordanie, arguant que ce serait peut-être la dernière occasion de la voir. Le Ministre le lui a concédé sur base humanitaire, à condition qu’elle s’engage à ne pas exploiter la situation en transformant sa visite en manifestation hostile à Israël. Elle a accepté le compromis, mais deux jours après elle s’est rétractée sous la pression de ses amis politiques.

Comme l’objet déclaré de la visite de Rashida Tlaib était de révéler au monde à quel point les conditions de vie des Palestiniens étaient difficiles, le journal israélien « Israel Hayom » a décidé de faire le point sur la question.  Une des sources d’information a consisté à analyser les profils Facebook des habitants de Beit Ur al-Fauqa, le village de la famille de Rashida Tlaib. C’est ainsi qu’il appert que les Tlaib vivent plutôt confortablement. Ahiam Tlaib et Samah Tlaib exhibent sur Facebook des BMW flambant neuves, et Raja et Anas Tlaib leur Mercedes dans laquelle Anas se rend dans sa luxueuse salle de sport.  Nayef Tlaib quant à lui roule en Corvette décapotable que l’on voit  garée devant une superbe maison de trois étages en construction. Par ailleurs ces profils Facebook montrent que les Tlaib se promènent à Jaffa, Saint-Jean d’Acre Acre et à Tel Aviv, et voyagent en Turquie ou ailleurs dans le monde, ce qui n’est pas vraiment un signe d’enfermement.

Ces clichés n’ont évidemment pas de valeur statistique, mais ce qui est intéressant c’est qu’ils sont corroborés par un rapport de 2014 de la Banque Mondiale, qui révèle que le village où vivent les Tlaib est l’un des endroits les plus prospères de Cisjordanie. Le taux de pauvreté y est de 7,4% tandis que la moyenne de Cisjordanie est de 21%. Le taux de chômage quant à lui figure parmi les plus bas de la région.

Selon un rapport du « Bureau Central de Statistique de Palestine », il y a dans ce village 230 ménages. 215 des immeubles y sont définis comme propriétés privées. 116 d’entre eux ont cinq chambres ou plus, et 65 en ont quatre. Pratiquement tous les ménages sont équipés de la télévision par satellite, d’écrans LCD dernier cri, et sont connectés à l’Internet. La plupart des habitants ont un téléphone portable et la moitié des familles possèdent une voiture.

Reste que s’il est vrai qu’il s’agit d’une région à l’avenir politique incertain, il n’en est pas moins vrai que les habitants y vivent un quotidien digne. A comparer avec Gaza, ce territoire qu’Israël a quitté.

Climat

A propos du réchauffement de la planète, ou du « dérèglement climatique » selon une formulation plus elliptique, moi aussi je préfère un environnement propre plutôt qu’un environnement sale, un air pur plutôt qu’un air pollué, etc…, mais il m’apparaît que certains courants écologiques ont pris une tournure religieuse, or quand la religion se mêle de science cela finit toujours mal. En URSS déjà il y avait une « bonne » et une « mauvaise » science.

Et comme par hasard une frange non-négligeable du mouvement écologiste international est antisémite  et proche de  l’extrême gauche (expression pléonastique). Sans oublier que ces gens qui trouvent qu’il faut respecter la planète ne respectent pas Israël, frayent avec ses pires ennemis et soutiennent le BDS.

Il appartient à la science le soin de déterminer, dans la mesure du possible, ce qui est susceptible d’arriver à notre planète et d’en discerner les causes, et laisser ensuite la politique sonder les cœurs. J’ai bien aimé cet aphorisme des « gilets jaunes » : « Les élites parlent de fin du monde quand nous parlons de fin du mois ».  Pour ma part en tous cas je ne suis pas disposé à sacrifier la moindre génération vivante au nom de générations qui ne le sont pas encore. Ce genre de raisonnement à fait couler suffisamment de sang pour qu’on s’en abstienne désormais.

Olivier Rafowicz candidat au Conseil Municipal de Tel Aviv

Olivier Rafowicz a quitté la France à dix-neuf ans. Il a poursuivi des études de sciences politiques et de relations internationales à l’Université de Jérusalem, avant d’accomplir vingt années de service dans Tsahal. Colonel de réserve, il en fut aussi l’un des porte-paroles les plus remarqués.

Après avoir dirigé l’Agence Juive et exercé les fonctions d’ambassadeur itinérant du Fonds National Juif, il a choisi de mettre son expérience et son énergie au service de la cité. Il se présente aujourd’hui au Conseil municipal de Tel Aviv, à l’occasion des élections du 30 octobre 2018.

Sa priorité est claire : attirer l’attention de la municipalité sur l’importance de l’Alyah, en particulier celle en provenance d’Europe, où le malaise des communautés juives est manifeste. Il s’agit aussi de rappeler aux Israéliens de naissance le pacte imprescriptible qui unit la Diaspora à Israël. Il n’y a pas si longtemps, le pays était une pépinière d’orangers plus qu’une pépinière de start-up. Les Olim, venus de toutes les époques et de tous les horizons, en ont été les bâtisseurs.

Mais le temps des pionniers venus façonner l’avenir appartient à une autre génération. Aujourd’hui, l’enjeu est différent : il ne s’agit plus seulement de construire le pays, mais de s’y insérer pleinement, d’y trouver sa place, d’y mener une vie digne et stable, dans toutes ses dimensions.

Israël n’a plus rien à envier aux nations les plus développées. Cette réussite implique cependant une préparation lucide de l’Alyah. Dans une métropole aussi effervescente que Tel Aviv, il n’est pas toujours simple de s’orienter parmi les opportunités économiques, culturelles et sociales. Olivier Rafowicz souhaite que le Conseil municipal accorde une attention particulière à l’accompagnement des familles, à l’aide au logement et à l’apprentissage de l’hébreu pour les nouveaux arrivants.

Brillant et charismatique, il a tenu à s’entourer d’une équipe issue d’horizons variés mais animée par un engagement commun. Autour de lui figurent notamment Boris Shindler, représentant de la communauté russophone ; Vika Kanar, porte-voix des jeunes traditionalistes américains ; Liami Lawrence, engagée dans le soutien aux Olim ; Claude Brightman, du Campus francophone du Collège académique de Netanya ; Edgar Cohen, du Centre médical de Neve Tsedek ; Jacques Amoyal, entrepreneur ; Sandie Benhamou, femme d’affaires, ainsi que de nombreux autres soutiens.

À travers cette candidature, c’est une certaine idée d’Israël qui se dessine : un pays fort de sa diversité, fidèle à son histoire et attentif à ceux qui choisissent de le rejoindre.

Bon vent à Olivier Rafowicz.

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