La Loi du Retour

La « Loi du Retour »[1] a pour vocation d’accueillir tout Juif souhaitant s’établir en Israël. Elle prévoit que « l’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du peuple juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou privés de liberté en raison de leur judéité ou de leur citoyenneté ». En pratique, cette loi confère un droit immédiat et irréversible à la citoyenneté israélienne à toute personne éligible désireuse d’immigrer, indépendamment des circonstances qui motivent sa décision, qu’elle soit en situation de détresse ou non.

Cependant, tout droit implique en contrepartie une forme de responsabilité. Tout Juif se revendiquant du sionisme est appelé à soutenir Israël, en temps de guerre comme en temps de paix, chacun selon ses moyens, ses capacités et son engagement. Les personnes éligibles à la Loi du Retour pourraient ainsi être tenues à un devoir de réserve à l’égard du gouvernement israélien, quel qu’il soit. Il apparaît difficilement concevable que certains puissent, d’une part, exprimer publiquement des positions hostiles à Israël — voire reprendre des discours antisémites — et, d’autre part, se réserver la possibilité d’y immigrer à leur convenance ou par nécessité.

Si la liberté d’expression constitue un droit fondamental, l’État d’Israël pourrait, dans cette perspective, se réserver la faculté de restreindre l’accès à l’alyah pour des personnes dont les prises de position seraient jugées manifestement contraires à ses intérêts.

La Loi du Retour s’applique actuellement à toute personne née de mère juive, convertie au judaïsme, ou ayant au moins un grand-parent juif. Il pourrait toutefois être envisagé d’élargir ce cadre à des individus ne répondant pas strictement à ces critères, mais exprimant une volonté sincère de partager le destin du peuple juif. Dans la mesure où la définition du terme « Juif » au sens de cette loi ne correspond pas strictement à celle de la Halakha, il serait envisageable de confier cette qualification à des instances explicitement laïques, porteuses d’une identité juive affranchie de toute dimension religieuse.


[1] Loi votée en 1950 par le Parlement israélien garantissant à tout Juif le droit d’immigrer en Israël.

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