Jean Daniel et le Coronavirus

Jean Daniel, fondateur du “Nouvel Observateur”, écrivain, journaliste et intellectuel notoire, est décédé il y a quelques jours à l’âge de 99 ans. Ce bel esprit d’origine juive avait choisi de se distancier de sa judéité. Mais comme beaucoup de Juifs honteux, la haine de soi l’avait rendu plus critique vis-à-vis d’Israël que du reste du monde.  Au fil du temps cette détestation avait fini par infecter sa plume pour tout ce qui tournait autour du conflit israélo-arabe. Dans son ouvrage « La Prison Juive » il en arrive à conclure que les Juifs sont les artisans de leur propre malheur tellement ils sont captifs de leur délire messianique.  Jean Daniel n’est plus de ce monde, ce qui fait que l’on ne saura malheureusement jamais s’il estimait que  le Coronavirus c’est la faute aux Juifs, aux Chinois ou aux cyclistes.

George Steiner ou l’art de se tromper

L’écrivain et philosophe juif George Steiner est décédé à l’âge de 90 ans. Ce brillant universitaire polyglotte qui lisait Sophocle dans le texte se revendiquait comme juif, mais avait une propension morbide à fréquenter des antisémites en tous genres. Il trouvait que la vocation du Juif était de ne pas être sédentaire, de toujours être invité partout et de se conduire en conséquence. Il estimait que l’Etat juif c’était cher payé comme solution à l’antisémitisme, mais omettait d’expliquer en quoi la Shoah ne l’était pas. Mais vers la fin de sa vie il s’est ravisé : petit rappel de ce qu’il dit à la journaliste Laure Adler dans un livre d’entretiens publié en 2014 et intitulé « Un long samedi » :

« …dire que Netanyahou est dans l’erreur, c’est facile quand on est dans un beau salon à Cambridge. C’est là-bas qu’il faut le dire. Et tant qu’on n’y est pas, à vivre de tout son être en otage de la situation, je crois qu’il vaut mieux se taire. D’ailleurs, maintenant que je suis si près de la fin, de ma fin, je ne suis plus certain du tout. Il y a des moments où je voudrais partir et y être. Des moments où je me demande si je n’aurais pas dû aller en Israël.

... J’ai étudié de l’hébreu jusqu’à ma bar-mitsva, puis je me suis rué sur le latin et le grec. J’ai laissé tomber l’hébreu. Inexcusable. J’aurais pu le reprendre plus tard… Paresse.

Maintenant, cela me manque terriblement de ne pas avoir appris l’hébreu. Je l’ai fait, au début, et puis j’ai été pris par le grec et le latin… C’était une grande erreur.

Déjà, et c’est très grave, vous et moi devons lire la Bible dans de mauvaises traductions, parfois glorieuses mais au fond mauvaises. Ne pas savoir l’hébreu est une première barrière devant l’une des sources de notre humanité.

…Pourquoi est-ce que 70  % des Nobel en sciences sont juifs ? Pourquoi est-ce que 90  % des maîtres d’échecs sont juifs, que ce soit en Argentine ou à Moscou ? Pourquoi les Juifs se reconnaissent-ils entre eux à un niveau qui n’est pas seulement celui de la réflexion rationnelle ? »

Steiner ne donne plus de nouvelles depuis son décès, mais il est probablement en train d’arpenter le Paradis en compagnie de Moïse.

Le plan de paix Trump

Le « plan Trump » consiste à acter que la ligne d’armistice de 1949 ne peut en aucun cas être considérée comme une frontière d’Israël, et qu’un  éventuel Etat palestinien ne pourra disposer ni d’une armée, ni du contrôle de ses frontières, ni de son espace aérien aussi longtemps que le leadership palestinien sera déterminé à détruire Israël. Il ne reste pour Israël qu’à prendre des mesures unilatérales, or c’est cela que les Etats-Unis ont compris. On peut penser ce que l’on veut de la coiffure du Président Trump, mais depuis qu’il est au pouvoir il a fait un sans-faute en ce qui concerne Israël.

La région d’Israël surnommée « le petit triangle » est peuplé de 260.000 arabes israéliens. Ceux-ci sont majoritairement  hostiles à Israël en tant qu’Etat sioniste.  Ils possèdent leur système d’éducation en langue arabe, sont solidaires des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, refusent de faire le service militaire tout comme le service civil, arborent le drapeau palestinien à toute occasion, ne respectent pas l’hymne national israélien, soutiennent la création d’un Etat palestinien et commémorent l’indépendance d’Israël sous le signe du deuil. Mais en apprenant que le « plan Trump » prévoyait d’inclure « le petit triangle » dans la future Palestine et de commuer leur citoyenneté israélienne en citoyenneté palestinienne, ils ont été pris d’une rage folle et ont manifesté pour clamer  qu’en aucun cas ils ne voulaient pour eux de cette Palestine qui semblait pourtant jusqu’à la semaine dernière incarner leur rêve le plus fou.

L’honneur perdu du Parti démocrate américain.

Les autorités israéliennes ont récemment refusé de délivrer un visa d’entrée à Rashida Tlaib et Ilhan Omar,  deux membres démocrates du Congrès américain. Celles-ci sont  connues pour leurs déclarations antisémites et appellent à ostraciser Israël, ce qui tombe sous le coup de la loi israélienne, qui  interdit l’accès au territoire à quiconque appelle au boycott économique, culturel ou universitaire de l’Etat.

Se voyant déclarée « persona non grata », Rashida Tlaib, qui est d’origine palestinienne,  a envoyé une lettre au Ministre de l’Intérieur le conjurant de lui permettre de visiter sa grand-mère en Cisjordanie, arguant que ce serait peut-être la dernière occasion de la voir. Le Ministre le lui a concédé sur base humanitaire, à condition qu’elle s’engage à ne pas exploiter la situation en transformant sa visite en manifestation hostile à Israël. Elle a accepté le compromis, mais deux jours après elle s’est rétractée sous la pression de ses amis politiques.

Comme l’objet déclaré de la visite de Rashida Tlaib était de révéler au monde à quel point les conditions de vie des Palestiniens étaient difficiles, le journal israélien « Israel Hayom » a décidé de faire le point sur la question.  Une des sources d’information a consisté à analyser les profils Facebook des habitants de Beit Ur al-Fauqa, le village de la famille de Rashida Tlaib. C’est ainsi qu’il appert que les Tlaib vivent plutôt confortablement. Ahiam Tlaib et Samah Tlaib exhibent sur Facebook des BMW flambant neuves, et Raja et Anas Tlaib leur Mercedes dans laquelle Anas se rend dans sa luxueuse salle de sport.  Nayef Tlaib quant à lui roule en Corvette décapotable que l’on voit  garée devant une superbe maison de trois étages en construction. Par ailleurs ces profils Facebook montrent que les Tlaib se promènent à Jaffa, Saint-Jean d’Acre Acre et à Tel Aviv, et voyagent en Turquie ou ailleurs dans le monde, ce qui n’est pas vraiment un signe d’enfermement.

Ces clichés n’ont évidemment pas de valeur statistique, mais ce qui est intéressant c’est qu’ils sont corroborés par un rapport de 2014 de la Banque Mondiale, qui révèle que le village où vivent les Tlaib est l’un des endroits les plus prospères de Cisjordanie. Le taux de pauvreté y est de 7,4% tandis que la moyenne de Cisjordanie est de 21%. Le taux de chômage quant à lui figure parmi les plus bas de la région.

Selon un rapport du « Bureau Central de Statistique de Palestine », il y a dans ce village 230 ménages. 215 des immeubles y sont définis comme propriétés privées. 116 d’entre eux ont cinq chambres ou plus, et 65 en ont quatre. Pratiquement tous les ménages sont équipés de la télévision par satellite, d’écrans LCD dernier cri, et sont connectés à l’Internet. La plupart des habitants ont un téléphone portable et la moitié des familles possèdent une voiture.

Reste que s’il est vrai qu’il s’agit d’une région à l’avenir politique incertain, il n’en est pas moins vrai que les habitants y vivent un quotidien digne. A comparer avec Gaza, ce territoire qu’Israël a quitté.

Climat

A propos du réchauffement de la planète, ou du « dérèglement climatique » selon une formulation plus elliptique, moi aussi je préfère un environnement propre plutôt qu’un environnement sale, un air pur plutôt qu’un air pollué, etc…, mais il m’apparaît que certains courants écologiques ont pris une tournure religieuse, or quand la religion se mêle de science cela finit toujours mal. En URSS déjà il y avait une « bonne » et une « mauvaise » science.

Et comme par hasard une frange non-négligeable du mouvement écologiste international est antisémite  et proche de  l’extrême gauche (expression pléonastique). Sans oublier que ces gens qui trouvent qu’il faut respecter la planète ne respectent pas Israël, frayent avec ses pires ennemis et soutiennent le BDS.

Il appartient à la science le soin de déterminer, dans la mesure du possible, ce qui est susceptible d’arriver à notre planète et d’en discerner les causes, et laisser ensuite la politique sonder les cœurs. J’ai bien aimé cet aphorisme des « gilets jaunes » : « Les élites parlent de fin du monde quand nous parlons de fin du mois ».  Pour ma part en tous cas je ne suis pas disposé à sacrifier la moindre génération vivante au nom de générations qui ne le sont pas encore. Ce genre de raisonnement à fait couler suffisamment de sang pour qu’on s’en abstienne désormais.

Olivier Rafowicz candidat au Conseil Municipal de Tel Aviv

Olivier Rafowicz a quitté la France à dix-neuf ans. Il a poursuivi des études de sciences politiques et de relations internationales à l’Université de Jérusalem, avant d’accomplir vingt années de service dans Tsahal. Colonel de réserve, il en fut aussi l’un des porte-paroles les plus remarqués.

Après avoir dirigé l’Agence Juive et exercé les fonctions d’ambassadeur itinérant du Fonds National Juif, il a choisi de mettre son expérience et son énergie au service de la cité. Il se présente aujourd’hui au Conseil municipal de Tel Aviv, à l’occasion des élections du 30 octobre 2018.

Sa priorité est claire : attirer l’attention de la municipalité sur l’importance de l’Alyah, en particulier celle en provenance d’Europe, où le malaise des communautés juives est manifeste. Il s’agit aussi de rappeler aux Israéliens de naissance le pacte imprescriptible qui unit la Diaspora à Israël. Il n’y a pas si longtemps, le pays était une pépinière d’orangers plus qu’une pépinière de start-up. Les Olim, venus de toutes les époques et de tous les horizons, en ont été les bâtisseurs.

Mais le temps des pionniers venus façonner l’avenir appartient à une autre génération. Aujourd’hui, l’enjeu est différent : il ne s’agit plus seulement de construire le pays, mais de s’y insérer pleinement, d’y trouver sa place, d’y mener une vie digne et stable, dans toutes ses dimensions.

Israël n’a plus rien à envier aux nations les plus développées. Cette réussite implique cependant une préparation lucide de l’Alyah. Dans une métropole aussi effervescente que Tel Aviv, il n’est pas toujours simple de s’orienter parmi les opportunités économiques, culturelles et sociales. Olivier Rafowicz souhaite que le Conseil municipal accorde une attention particulière à l’accompagnement des familles, à l’aide au logement et à l’apprentissage de l’hébreu pour les nouveaux arrivants.

Brillant et charismatique, il a tenu à s’entourer d’une équipe issue d’horizons variés mais animée par un engagement commun. Autour de lui figurent notamment Boris Shindler, représentant de la communauté russophone ; Vika Kanar, porte-voix des jeunes traditionalistes américains ; Liami Lawrence, engagée dans le soutien aux Olim ; Claude Brightman, du Campus francophone du Collège académique de Netanya ; Edgar Cohen, du Centre médical de Neve Tsedek ; Jacques Amoyal, entrepreneur ; Sandie Benhamou, femme d’affaires, ainsi que de nombreux autres soutiens.

À travers cette candidature, c’est une certaine idée d’Israël qui se dessine : un pays fort de sa diversité, fidèle à son histoire et attentif à ceux qui choisissent de le rejoindre.

Bon vent à Olivier Rafowicz.

Elias Sanbar ou l’arme du déni

Elias Sanbar est un historien, poète et essayiste palestinien, aujourd’hui ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco. Médiapart a récemment publié un entretien entre lui et Edwy Plenel, dans le sillage de la « Marche du retour » organisée par le Hamas à Gaza pour commémorer la Naqba. Sanbar y défend avec passion la cause palestinienne, mais son zèle l’entraîne trop souvent à des approximations, voire à des contre-vérités qui brouillent l’histoire plus qu’elles ne l’éclairent.

Il qualifie de « massacre » la riposte de l’armée israélienne et parle même de « crime de guerre ». Pourtant, il reconnaît lui-même que cinquante des soixante morts appartenaient au Hamas et avaient été envoyés pour franchir la frontière israélienne et y semer la mort. Autrement dit, il admet qu’il s’agissait bien d’une opération suicidaire. Les autres victimes n’étaient pas de simples passants : certains étaient complices, d’autres des boucliers humains. Quant aux enfants présents sur ce champ de bataille, c’est aux adultes qui les y ont emmenés qu’il faut imputer la responsabilité.

Selon Sanbar, 1948 ne fut pas une « occupation » mais une « disparition » de la Palestine, qu’« on » aurait prétendu rayer de la carte. Mais qui est ce « on » ? En réalité, la résolution 181 de l’ONU proposait le partage du territoire en deux États, l’un juif et l’autre arabe. Les Juifs l’acceptèrent et proclamèrent Israël, tandis que les dirigeants arabes refusèrent et se lancèrent dans une guerre qu’ils perdirent. La Transjordanie annexa alors la Cisjordanie, privant les Palestiniens d’un État qui leur était destiné. En 1967 encore, la Jordanie attaqua Israël, non pour créer une Palestine, mais pour accroître son propre territoire.

Sanbar affirme par ailleurs que la disparition de pays comme la Syrie, l’Irak ou le Yémen relèverait d’un vaste « processus criminel ». Mais quel rapport établir avec Israël ? En quoi les Juifs seraient-ils responsables des guerres confessionnelles, des luttes internes, des rivalités qui déchirent le monde arabe ? Ici, l’argument vire à la projection : il attribue à Israël des drames dont les causes lui sont totalement étrangères.

S’agissant des réfugiés, Sanbar soutient que l’exil palestinien n’a pas été un dépaysement puisque langue et culture étaient communes avec les pays d’accueil. Mais alors, pourquoi ces pays arabes n’ont-ils pas accueilli plus fraternellement leurs frères ? Pourquoi les ont-ils confinés dans des camps, privés de nationalité, exclus de certains métiers, comme en décida le sommet de Khartoum en 1967 ? Dans l’histoire moderne, des dizaines de millions de réfugiés ont fini par être intégrés ailleurs. Seuls les Palestiniens demeurent prisonniers de ce statut, entretenu par des régimes qui haïssent Israël davantage qu’ils n’aiment les Palestiniens. Dans le même temps, près d’un million de Juifs furent spoliés et chassés du monde arabe, sans jamais bénéficier d’un statut comparable.

Sanbar reproche encore au plan de partage de 1947 d’avoir attribué 55 % des terres aux Juifs et d’avoir placé Jérusalem sous régime international. Mais la Palestine était alors sous mandat britannique : il ne s’agissait pas de céder la terre d’un peuple à un autre, mais de partager un territoire afin que deux peuples puissent y vivre côte à côte. Les Juifs acceptèrent, y compris l’internationalisation de Jérusalem. Ce furent les Jordaniens qui, après 1948, annexèrent la vieille ville et l’interdirent aux Juifs.

Il rappelle aussi qu’un délégué palestinien avait proposé une alternative : égalité des droits entre Juifs et Arabes présents, mais arrêt complet de l’immigration juive. L’idée paraît illusoire. Israël est aujourd’hui une démocratie où tous les citoyens jouissent des mêmes droits, et l’histoire a montré qu’il n’était pas vrai que le pays ne pouvait supporter un afflux de population. Depuis 1948, sa population a décuplé et son économie a prospéré au point de rivaliser avec celles des nations développées.

Sanbar imagine encore qu’Arafat, par intelligence politique, aurait accepté le partage en pariant sur l’évolution démographique. Mais tout laisse penser qu’Arafat n’a jamais réellement voulu mettre un terme au conflit, fidèle à l’adage selon lequel les Palestiniens ne ratent jamais une occasion de rater une occasion. Les échecs du plan Clinton et d’autres initiatives de paix en sont la preuve.

Enfin, Sanbar parle de « conquête de la Palestine par les troupes de Ben Gourion ». C’est oublier qu’en 1948, Israël proclamé conformément à l’ONU fut attaqué par une coalition d’États arabes – Irak, Égypte, Syrie, Liban, Transjordanie – dont l’objectif n’était pas la libération d’un territoire, mais l’anéantissement pur et simple du nouvel État et l’expulsion des Juifs.

Elias Sanbar a sans doute des intentions sincères, mais ses propos reposent trop souvent sur des déformations ou des omissions qui faussent la mémoire. Or ce n’est pas en travestissant l’histoire que l’on prépare l’avenir : c’est en la regardant en face, dans toute sa complexité, qu’un jour peut-être s’esquissera une issue au conflit.

L’attentat de Gaza

La presse européenne parle en majorité de « réaction disproportionnée »  de la part d’Israël à propos de ce qui s’est passé cette semaine à Gaza. La seule explication possible à cette ânerie est l’application de deux poids et deux mesures quand il s’agit d’Israël. Personne en France n’avait jugé  en 2012 la réaction de la police « disproportionnée »  quand le massacreur d’enfants juifs Mohammed Merah avait été localisé à Toulouse par des centaines d’agents mobilisés pour en venir à bout, sans d’ailleurs réussir à le capturer vivant.

Quand une organisation comme le Hamas, qui figure sur la liste des organisations terroristes  de l’Union Européenne, des Etats-Unis, du Canada, de l’Arabie Saoudite, de l’Egypte, des Emirats arabes unis et de Bahreïn, quand le Hamas, donc, mobilise ses tueurs  et « encourage » des milliers de civils à les couvrir lors d’une tentative d’ouvrir une brèche dans la frontière afin d’égorger des Juifs, cela s’appelle un attentat selon tous les critères conventionnels possibles.

Et le fait que ces kamikazes se lancent entourés d’une nuée de civils est une circonstance aggravante, parce que cela suppose une complicité assumée de la foule avec le terrorisme.  Tout ce qu’à fait Israël en l’occurrence a consisté à descendre une cinquantaine de Mohammed Merah pour contenir ce qui aurait pu tourner au pogrom.

Quand la presse anti-israélienne parle d’une « manifestation pacifique » cela relève d’une volonté politique de salir Israël et de se salir aussi soi-même pour se laver ensuite avec du pétrole. C’est l’exploitation cynique d’un cliché consistant à présenter Israël comme un régime n’hésitant pas à tirer sur de paisibles manifestants.

L’opération du Hamas visait à assassiner le plus de Juifs possibles une fois la frontière ébréchée, ce qui est d’ailleurs conforme à la charte de cette organisation. Ce danger-là était réel, d’autant plus que cela faisait des années que la population frontalière israélienne se plaignait de ce que les autorités ne fassent pas assez pour assurer sa sécurité. Elle a été entendue cette fois-ci et a pu vaquer à ses occupations pendant que Tsahal refoulait une horde déchaînée de fous-furieux islamistes.

La riposte d’Israël relève de la légitime défense. Malheureusement les faiseurs d’opinion en Europe n’ont pas encore enregistré que les Juifs y avaient droit.

La légitime défense d’Israël

Le concert d’indignation qui nous vient d’Europe par rapport à ce qui se passe à Gaza est un mélange de méchanceté, de bêtise et d’ignorance. Ces bien-pensants de Paris, de Londres ou d’ailleurs feignent d’ignorer que le Hamas et ses alliés n’ont qu’une idée en tête, qui est de massacrer autant de Juifs que possible, et ceci dans tous les cas de figure.

Lors de la deuxième intifada ils en ont tués ou estropiés plus de dix mille. Comme Gaza se trouve à un jet de pierre d’Israël les tueurs locaux essaient depuis des années de terroriser le sud d’Israël au moyens de roquettes ou en passant par des tunnels pour surgir au milieu d’agglomérations juives.

Leur problème est qu’Israël réussit à déjouer la plupart de ces tentatives, alors les tacticiens du Hamas ont mis en œuvre une arme qu’ils affectionnent tout particulièrement, à savoir celle des boucliers humains. Cela consiste à envoyer des dizaines de milliers de civils en direction de la clôture entre Gaza et Israël. Parmi cette masse se mêlent quelques centaines de terroristes équipés d’outils pour forcer un passage vers Israël au risque de leur vie. Ils n’arrivent  pas à leurs fins parce que Tsahal les empêche.

Cela s’appelle la légitime défense. Malheureusement les faiseurs d’opinion de l’Union Européenne n’ont pas encore enregistré que les Juifs y ont droit.

Des antisémites à la Marche Blanche ?

Jean-Luc Mélenchon a été accusé d’antisémitisme il y a quelques années suite à des propos concernant Pierre Moscovici, alors Ministre juif de l’Economie ou Juif Ministre de l’Economie, on ne sait plus très bien. Par ailleurs Mélenchon vouait une admiration béate à l’antisémite Hugo Chavez, Président du Venezuela décédé depuis.

Clémentine Autain, Danièle Obono, Muriel Ressiguier et Michel Larive, tous députés du mouvement « La France Insoumise »  de Mélenchon, ont récemment témoigné de leur soutien à l’assassin Marouane Barghouti, terroriste emprisonné pour avoir commis plusieurs meurtres de Juifs du seul fait qu’ils étaient juifs.

Quant au « Front National » c’est un parti d’extrême-droite au lourd passé raciste qui a certes évolué dans son discours, mais peut-être pas assez pour mériter sa place dans une manifestation contre l’antisémitisme. C’est d’ailleurs pour cette raison que Marine Le Pen n’est pas la bienvenue en Israël.

Francis Kalifat, le Président du CRIF, a appelé à une « Marche Blanche » contre l’antisémitisme. Il a cependant précisé que ni la « France Insoumise » ni le « Front National » n’étaient les bienvenus compte tenu de la surreprésentation d’antisémites dans leurs rangs.

On ne peut dénier à Kalifat le droit moral de stigmatiser ces organisations. Si pas maintenant, quand ? Au nom de quoi faire l’impasse, justement à cette occasion, des penchants  antisémites de l’extrême droite comme de l’extrême-gauche ?

Kalifat a aussi dit que la rue n’appartenait à personne, n’a pas appelé à la violence et n’a pas exigé d’interdire à qui que ce soit de se joindre à la manifestation.  Tout ce qu’il a dit était que « La France Insoumise » et le « Front National » n’étaient pas les bienvenus. C’est son sentiment, or c’est ce qui s’appelle exercer sa liberté d’expression.

A ceux qui estiment que cette marche devait être ouverte à tout le monde, qu’auraient-ils pensé si « Les Indigènes de la République » ou les « Frères Musulmans » avaient envoyé une délégation ?

Non, cette manifestation ouverte à tout le monde n’était pas ouverte aux antisémites.

 

Zeev Sternhell ou le naufrage de la pensée

Zeev Sternhell est historien et professeur de science politique à l’Université Hébraïque de Jérusalem. « Le Monde »  a publié  un article de sa main intitulé « En Israël pousse un racisme proche du nazisme à ses débuts ».

Cette publication n’est pas une surprise, parce que c’est dans la logique d’une grande partie de la presse que d’être hostile à Israël. Celle-ci se régale de tout ce qui peut être nuisible à l’Etat juif et ne demande pas mieux que d’ouvrir ses colonnes à des Israéliens pour asseoir sa propagande antisioniste.

Dans son article Sternhell nous apprend que l’Etat d’Israël « est devenu un monstre pour les non-juifs sous sa domination » et fait un procès d’intention à la droite en posant que celle-ci réserve aux Palestiniens, aux Soudanais et aux Érythréens le même sort que les Nazis d’antan réservaient aux Juifs.

Il précise que beaucoup d’Israéliens ont honte de leurs élus tout en votant pour eux. On ne voit pas ce qui lui permet d’affirmer cela, mais on peut supposer que cet éminent intellectuel a l’autorité morale de considérer la majorité des Israéliens comme des crétins à rééduquer.

Sternhell et ses amis politiques ont peu d’audience en Israël, alors ils se déshonorent en s’exprimant dans des forums internationaux qui jubilent quand un Juif associe la démocratie israélienne au nazisme.

Sternhell mais n’a pas le droit moral de traiter Israël d’Etat « nazi », « d’Etat d’apartheid » ni de « monstre ». Cet historien, ce juif polonais qui a échappé aux vrais Nazis le sait mieux que quiconque. Ce qu’il écrit est un amalgame d’élucubrations de quelqu’un qui veut à tout prix exister. Il fait exprès de ne pas distinguer entre l’Etat d’Israël et une extrême-droite qui n’est ni pire ni meilleure que celle de Belgique ou de France. Par ailleurs il fait l’impasse sur l’extrême-gauche, qui elle constitue un véritable danger pour la démocratie en Israël comme ailleurs.

On ne peut accorder le moindre crédit à ce Juif qui pour obtenir une tribune dans « Le Monde » est prêt à traiter Israël de nazi. Non seulement est-ce insultant, mais c’est une manière de banaliser la Shoah. Si la vie quotidienne à Ramallah est comparable à celle d’Auschwitz cela rejoint le point de vue négationniste comme quoi la Shoah n’aurait pas été si grave que cela.

Nul besoin de Sternhell pour déterminer si Israël est une démocratie. Le danger du populisme existe dans beaucoup de pays occidentaux, à la différence près qu’Israël démontre la solidité de ses institutions malgré l’état de guerre. Pas sûr que la France ou la Belgique seraient encore des démocraties si ces pays avaient à faire face aux défis qu’Israël subit à ses frontières, ou si une puissance comme l’Iran les menaçait de destruction par le feu nucléaire.

Quand des intellectuels comme Sternhell alignent leurs positions sur celles d’Edwy Plenel, de Mélenchon ou de prédicateurs islamistes, quand ils contestent la légitimité  même d’Israël ce ne sont pas des adversaires politiques, mais des ennemis.

Yonatan Gefen ou l’art de faire parler de soi

Ahed Tamimi est une adolescente palestinienne qui a bousculé,  donné des coups de pied et giflé un militaire israélien en marge de l’effervescence produite par la décision du Président Trump de reconnaître Israël comme capitale d’Israël. Le militaire en question a gardé son sang-froid et n’a pas jugé utile de réagir, mais comme  la scène a été préméditée, filmée et publiée sur Facebook par la mère d’Ahed Tamimi, cela à entraîné son arrestation.

Yonatan Gefen est un auteur, poète, chanteur, journaliste et dramaturge israélien. Il a publié un poème où il chante la gloire d’Ahed Tamimi en disant que l’Histoire la retiendra au même titre que Hanna Senesh et à Anne Frank.

Pour mémoire, Chana Senesh est une poétesse juive formée par les britanniques en Palestine lors de la Deuxième Guerre Mondiale pour aider à sauver les Juifs d’Europe. Elle fut parachutée en 1944 en Yougoslavie et peu après arrêtée, torturée et fusillée.

Pour mémoire, Anne Frank est une adolescente juive assassinée en 1945 au camp de concentration de Bergen-Belsen. Elle est connue pour son journal intime où elle relate jour après jour le calvaire vécu par elle sa famille dans une cache d’Amsterdam avant  d’être déportée vers les camps d’extermination nazis.

Pour mémoire, et comme dit plus haut, Yonatan Gefen est un auteur, poète, chanteur, journaliste et dramaturge israélien. Mais pour compléter le portrait il faudrait maintenant ajouter que Yonatan Gefen est un crétin.

Peut-on publier Céline ?

Louis-Ferdinand Céline, mort en 1961,  est considéré comme l’un des plus grands écrivains du vingtième siècle. Le problème est qu’il s’est également distingué par un antisémitisme d’une férocité rarement égalée. La maison d’édition Gallimard envisage ces temps-ci de rééditer trois de ses pamphlets anti-juifs parus entre 1937 et 1941. Cette initiative  a  déclenché de vives réactions dans des milieux assez divers, mais qui ont tous pour point commun de s’opposer à cette réédition, même si elle est accompagnée d’avertissements quant à la nature détestable du contenu.

Gallimard sera peut-être sensible aux protestations contre son projet, mais un autre éditeur pourrait tôt ou tard s’en charger. La vraie question qui se pose à ce stade est de déterminer où se situe la sagesse, entre publier ou ne pas publier les écrits antisémites de Céline.

D’abord, il faut savoir que cette prose est disponible sur Internet, le plus souvent sans mise en garde. Ensuite, il faut se demander pourquoi Céline serait l’objet d’un traitement différent que celui dont bénéficient d’autres auteurs antisémites, qui touchent souvent un public autrement plus important que celui de Céline.

Liste non exhaustive de la littérature antisémite disponible en librairie : « La France Juive » de Drumont, « Les Juifs et leurs Mensonges » de Luther, « Le judaïsme dans la musique » de Wagner « Mein Kampf » de Hitler, « Les Protocoles des Sages de Sion », sans oublier Charles Fourier qui écrivait que « Les juifs ne firent aucun pas dans les sciences et les arts, et qui ne se signalèrent que par un exercice habituel de crimes et de brutalités» .

La censure ne fait pas partie des pratiques d’une démocratie digne de ce nom, qu’elle soit le fait de l’Etat ou de groupes de pression, qui, aussi bien intentionnées soient-ils, risquent de faire plus de mal que de bien.

Il ne faut pas s’opposer à ce que Gallimard publie Céline, tout en exigeant que l’éditeur fasse œuvre de pédagogie, et démontre ce que c’est qu’un artiste qui est capable du meilleur comme du pire.

Sidération collective à propos de Trump et Jérusalem.

Il est difficile de comprendre la sidération collective en réaction à la déclaration de Trump concernant Jérusalem, alors que ce n’est ni plus ni moins que la réalisation d’une de ses promesses électorales. Il semble que les opinions publiques soient tellement habituées à ce que les promesses électorales soient violées que pour une fois qu’elles ne le sont pas il y a comme un réflexe pavlovien pour s’en étonner.

Quant au plaisir que cela fait aux israéliens, là encore, pourquoi s’en étonner ? La quasi-totalité de l’échiquier politique s’en est réjouie. Est-on extrémiste parce que l’on se réjouit de ce que la première puissance au monde, qui en plus se considère comme allié privilégié d’Israël, reconnaisse que Jérusalem en est la capitale ? Depuis les origines du sionisme, Israël a veillé à s’assurer de la légitimité internationale. La Déclaration Balfour, la Conférence de San-Remo, la Commission Peel, la Résolution de des Nations-Unies appelant à la partition de la Palestine, la Proclamation de l’Indépendance et l’admission à l’ONU témoignent d’une incontestable continuité, même si celle-ci est contestée malgré tout par de mauvais coucheurs que le succès d’Israël indispose.

Les Etats-Unis d’Amérique viennent de franchir un pas de plus dans cette direction. Par ailleurs cela ne compromet en rien le processus de paix, parce que Trump n’a pas indiqué où serait installée l’ambassade. Il est d’ailleurs dommage qu’il n’ait pas choisi de le faire à Jérusalem – Ouest, parce qu’on aurait vu à ce moment-là que les Palestiniens ne l’auraient pas admis non plus, pas plus qu’ils n’admettent que Tel-Aviv se trouve dans une Etat juif.

Paris capitale de la France ?

Quoi que l’on pense de la déclaration de Trump concernant Jérusalem, suggérer que cela pourrait avoir pour effet d’alimenter la terreur islamiste est une (mauvaise) plaisanterie. Il est établi depuis belle lurette que toute tentative d’amadouer les terroristes produit l’effet inverse. Cela leur donne l’impression qu’ils gagnent du terrain, ce qui fait qu’ils s’enhardissent au lieu de se calmer.
 
Le précédent de Charlie-Hebdo est frappant : après l’incendie de ses locaux en 2011, les bien-pensants de France se sont fendu de quelques bonnes paroles, mais aucune mesure radicale (au sens étymologique du terme) n’a été prise contre les milieux en cause.
 
On connaît la suite, alors pourraient se poser les questions suivantes : aurait-il mieux valu fermer l’école « Ozar Hatorah » à Toulouse pour éviter que des enfants ne soient liquidés à bout portant ? Aurait-il mieux valu ne pas enrôler de Musulmans dans l’armée française pour éviter qu’ils ne soient exterminés au nom de la Sharia ? Aurait-il mieux valu interdire à Charlie-Hebdo le blasphème pour éviter que ses collaborateurs ne se fassent descendre? Aurait-il mieux valu fermer les magasins juifs pour éviter que ses clients ne se fassent massacrer à « l’Hyper Cacher » ?
 
Dans le même ordre d’idées, aurait-il mieux valu que Trump ne reconnaisse pas Jérusalem comme capitale d’Israël pour éviter d’indisposer ses ennemis? Cette question est aussi indigne que les précédentes. Aucune d’elles n’a à être posée. Ce sont des non-questions.
 
Le calendrier a parfois des hasards qui ressemblent à des clins d’œil : Macron a désapprouvé l’initiative de Trump, ce qui était prévisible, mais ce qui l’était moins était qu’il s’exprimerait à partir du Qatar, Etat ennemi d’Israël, théocratie où on n’a jamais entendu parler des droits de l’homme, dictature proche de l’Iran, Emirat que le monde arabe lui-même accuse de soutenir le terrorisme. C’est tout en vendant des machines à tuer au Qatar que Macron condamnait Israël, seule démocratie, seul havre de paix dans ce Moyen-Orient disloqué, confus et ensanglanté.
 
Trump s’est fait élire comme il a mené ses affaires, c’est-à-dire sans idéologie autre que le culte de soi-même. Mais son prédécesseur Obama, technocrate à la belle allure, sympathique, policé, affable et doué du sens de l’humour, est aussi un dangereux beau parleur. Il a échoué sur toute la ligne dans sa politique étrangère, est coupable de la montée en puissance économique et militaire de l’Iran, et a donné le feu vert à la Syrie pour commettre l’un des plus épouvantable massacre de notre époque en laissant son dictateur franchir les lignes rouges que lui-même avait décrétées. Nul ne sait si Obama dort bien, mais de nos jours des milliers de victimes syriennes sont soignées dans les hôpitaux israéliens en toute discrétion, parce qu’il est un peu embarrassant de soigner en Israël des ennemis d’Israël avec de l’argent du contribuable israélien. Qui, entre Obama et Israël mérite le prix Nobel de la Paix ?
 
Les réactions de la presse française laissent pantois. La plupart des commentateurs sont soit ignares soit de mauvaise foi quand ils parlent du droit international. De quel droit international parlent-ils ? De la Sharia ?
 
La Résolution 181 de l’ONU suggérait en 1947 un partage de la Palestine en deux Etats, l’un juif et l’autre arabe, et un statut international pour Jérusalem. Les Juifs ont accepté, les Arabes ont déclaré la guerre, et la Légion Arabe a chassé les Juifs de Jérusalem pour l’annexer à la Jordanie.
 
Les Juifs se sont contentés de ce statu quo jusqu’à ce qu’en juin 1967 les Jordaniens tentent à nouveau d’envahir Israël pour jeter les Juifs à la mer. A noter qu’entre 1948 et 1967 aucun juif, israélien ou pas, n’avait le droit de visiter les lieux saints de Jérusalem. Ou, quand, comment et sur quels textes se basent les journaleux de Paris pour décréter que Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël ? C’est à pleurer, d’autant que Trump s’est gardé de préciser quand son ambassade déménagerait ou dans quel quartier. Tout ce qu’il a dit était que Jérusalem était la capitale d’Israël.
 
On n’est pas d’accord au Quai d’Orsay ? Qu’ils aillent s’installer à Vichy, capitale de la France de Pétain.

Jean-Luc Mélenchon et ses antisémites

Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement « La France insoumise », n’a pas jugé utile de suspendre sa campagne électorale lors du massacre d’enfants juifs à Toulouse en 2012, probablement par peur d’indisposer ses amis islamo-gauchistes.

Mélenchon a été accusé d’antisémitisme en 2013 par ses amis socialistes suite à des propos tenus contre Pierre Moscovici, alors Juif Ministre de l’Economie, Ministre juif de l’Economie, ou Ministre de l’Economie juive, on ne se sait plus bien.

Mélenchon vouait une admiration, et même un amour inconditionnel, à Hugo Chavez, président antisémite du Venezuela, allié à Ahmadinejad, ce leader iranien qui voulait rayer Israël de la carte et qui organisait des concours de caricatures anti-juives.

Danièle Obono, amie de Mélenchon et députée de « La France insoumise », exige de venir en Israël pour réconforter ce brave Marouane Barghouti, inoffensif palestinien incarcéré pour deux fois rien, n’ayant en tout et pour tout assassiné que quelques Juifs et un chrétien.

Au cours d’une grande émission politique de France 2 cette semaine, Mélenchon qualifiait Danièle Obono d’antisémite, histoire de montrer à quel point il avait de l’estime pour elle. Peu après il s’est rétracté, laissant entendre qu’il avait commis un lapsus. Mais que pense vraiment Mélenchon ? Ce qu’il voulait dire ? Ou ce qu’il a dit.

Israël et la question de l’athéisme

La plupart des pères fondateurs du sionisme étaient athées, ou du moins agnostiques. Jabotinsky, Ben-Gourion Ahad Ha’am, Bialik et d’autres penseurs du sionisme étaient imprégnés de pensée juive mais aucun d’eux ne souhaitait de théocratie, et étaient même souvent même opposés à la religion, tout en étant férus de judaïsme. Herzl quant à lui était un Juif assimilé qui a même préconisé une conversion massive des Juifs sous les auspices du Vatican pour mettre fin à l’antisémitisme.

L’establishment rabbinique a pour sa part longtemps été essentiellement hostile au projet d’un Etat juif, et une partie non négligeable des Juifs orthodoxes d’aujourd’hui l’est d’ailleurs toujours, justement parce que ceux-là ne considèrent pas Israël comme un Etat juif au sens religieux du terme, ce en quoi ils n’ont pas tort. Mais d’une manière générale l’histoire du sionisme n’est pas un épisode religieux, mais bien le mouvement de libération nationale d’un peuple, comme il y en a eu d’autres au cours du vingtième siècle.

Beaucoup d’athées tiennent à Israël pour des raisons historiques, culturelles, familiales ou affectives. Il serait donc contre-nature pour eux de se détourner d’Israël ou de lui être indifférent du seul fait d’être athée.

Ceci dit la question de savoir si la pérennité d’Israël peut uniquement reposer sur l’idée de nation est une question ouverte, et dépasse d’ailleurs le cas d’Israël. Après tout les nations européennes sont de culture chrétienne mais leur spécificité repose sur des narratifs historiques, et non pas sur la religion.

Ce qui est vrai c’est que l’époque de l’Etat-nation est peut-être révolue parce que l’air du temps pousse plutôt à l’individualisme qu’au projet collectif. La question est de savoir si la pensée juive est assez puissante du point de vue spirituel pour survivre – ou remplacer – la religion qui lui est traditionnellement associée.

Rien n’est moins sûr, mais en fin de compte cela dépend des gens. S’il y en a suffisamment pour vouloir préserver un Etat à caractère juif, mais dissocié de la religion, alors c’est envisageable. Sinon Israël perdra son identité et ne sera, au mieux, qu’un Etat occidental parmi d’autres. Il se fondra dans ce cas-là dans le « village global » et la pensée juive rejoindra la mythologie grecque à l’Université et dans les musées. La religion juive en tant que telle survivra sans doute en Diaspora, mais cela ne concernera pas – par définition –  les athées.

Le scandale Tariq Ramadan

Le scandale Tariq Ramadan n’est pas fait pour conforter l’image d’Edgar Morin, ce penseur juif qui a cessé de réfléchir par haine de soi. Il aurait été préférable que Ramadan tombe sur ses idées plutôt que sur son comportement avec les femmes.

Ce qui est agaçant c’est qu’il a fallu attendre ce scandale pour s’apercevoir que Ramadan était infréquentable. Un élémentaire bon sens aurait pourtant suffi pour trouver que Morin se fourvoyait en accordant du crédit à cet islamiste, compagnon de route du Hamas et petit-fils du fondateur des Frères Musulmans auquel il a consacré une thèse dithyrambique. Sans parler de sa chaire bidon, qui n’est autre qu’une excroissance en dollars du Qatar, cette belle démocratie, en plein milieu d’Oxford.

Morin expliquait cette semaine que Ramadan avait assuré à Madame Morin qu’il était toujours correct avec les femmes. Dont acte. C’est probablement sur base de cela que Morin a déduit que Ramadan devait aussi être correct avec les Juifs. Le problème c’est que Ramadan avait omis de mentionner que les femmes qui se maquillaient et qui n’étaient pas voilées devaient être considérées comme des putes, conformément à sa vision du monde. A chacun ses principes, mais quand bien même cela serait, je ne vois pas en quoi les putes n’auraient pas droit au même respect que n’importe quel autre être humain, mais c’est un autre débat.

Tariq Ramadan n’a peut-être jamais tué personne, mais c’était également le cas de nombreux prédicateurs nazis. Sa chute fait penser au Chicago d’antan: échappant à la justice en tant que gangster, Al Capone a fini par trébucher sur une minable fraude fiscale.

Quand la presse se prend pour l’opposition

Dans le paysage politique israélien, les relations entre les médias, le pouvoir judiciaire et le Premier ministre Benjamin Netanyahu constituent un objet d’analyse révélateur des tensions qui traversent la démocratie israélienne. Depuis plusieurs années, une large partie de la presse semble engagée dans une couverture particulièrement critique du chef du gouvernement, en insistant sur les enquêtes judiciaires en cours à son encontre. L’argument fréquemment avancé est que ces procédures compromettent sa capacité à gouverner, et qu’il conviendrait, dans l’intérêt des institutions, qu’il se retire.

Mais derrière ce discours se dessine une stratégie politique plus large. En l’absence d’une majorité électorale stable pour le renverser par les voies traditionnelles du suffrage, certains de ses opposants investissent l’arène judiciaire comme substitut à la défaite dans les urnes. Cela se traduit par une attention constante portée à sa vie publique et privée, dans le but explicite de trouver matière à lancer de nouvelles investigations. Une fois celles-ci engagées, leur traitement médiatique amplifie la pression, créant un climat propice à la délégitimation.

Les journalistes engagés dans cette dynamique soutiennent généralement qu’ils se contentent d’exercer leur rôle d’informateurs. Or, dans certains cas, les mêmes acteurs semblent à l’origine des révélations qui déclenchent les enquêtes, avant d’en orchestrer la médiatisation. Cela pose la question du chevauchement entre information, influence et initiative judiciaire — un glissement problématique dans une démocratie fondée sur la séparation des pouvoirs.

Le rôle de la justice elle-même n’échappe pas à la critique : les fuites issues des procédures en cours sont fréquentes, relayées en temps réel dans les médias, ce qui alimente une perception d’hostilité coordonnée, voire de connivence. Cette synchronisation entre certaines sphères médiatiques et judiciaires donne l’impression qu’un objectif politique — l’éviction du Premier ministre — pourrait être poursuivi par des moyens extra-électoraux.

Il ne s’agit pas de nier que des procédures judiciaires puissent affecter la légitimité d’un dirigeant en exercice, ni que la presse doive se taire face à des soupçons fondés. Mais il convient de rappeler qu’une enquête ne constitue ni une preuve ni un jugement. Subordonner le mandat d’un élu au simple fait qu’il soit l’objet d’investigations reviendrait à fragiliser dangereusement le principe de souveraineté populaire. La démocratie suppose que ce soit le peuple — et non les médias ni les juges — qui décide de la légitimité d’un gouvernement, sauf condamnation judiciaire formelle.

La séquence politique récente en Israël montre que la pression médiatique exercée sur Netanyahu atteint parfois des niveaux difficilement justifiables. Certaines critiques ne portent plus sur ses actes, mais sur ceux de personnes de son entourage. L’idée même d’une présomption d’innocence semble parfois remise en question : un député a pu récemment affirmer que le Premier ministre devait être présumé coupable jusqu’à preuve du contraire — un renversement préoccupant des principes fondamentaux du droit.

Ce climat de polarisation extrême a paradoxalement pu renforcer Netanyahu auprès d’une partie de l’opinion, qui voit en lui la cible d’un système médiatico-judiciaire agissant en dehors du cadre démocratique. Lors des dernières élections, malgré l’hostilité manifeste d’une majorité de titres de presse, une partie significative de l’électorat a renouvelé sa confiance au Premier ministre, exprimant peut-être aussi, à travers lui, une défiance envers certaines élites médiatiques.

Ce phénomène invite à une réflexion plus large : comment garantir à la fois la liberté de la presse, l’indépendance de la justice et la souveraineté du suffrage populaire, sans que l’un ne prenne le pas de manière déstabilisante sur les autres ?

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