Civitas ou le gardien de la chrétienté

« Civitas » est un groupuscule catholique intégriste français qui pourrait bientôt être dissous suite à des propos antisémites proférés par son dirigeant Pierre Hillard. Cette secte, qui est aussi un parti politique, ne compte que quelques énergumènes qui ne méritent pas que l’on s’attarde à eux.

Mais en cherchant des déclarations passées de Pierre Hillard, on trouve sur Internet une  vidéo d’une heure érudite, structurée et bien documentée. Ce connaisseur du judaïsme explique le combat de sa vie contre le peuple juif de manière posée, ce qui ne devrait pas surprendre, puisse qu’il ne s’agit de rien d’autre qu’un rappel conforme, précis et scrupuleux de la doctrine antijuive autour de laquelle s’est articulée la chrétienté tout au long de l’Histoire.

L’accusation de « déicide » était encore valide au Vatican lors du pontificat de Pie XII et l’est toujours dans l’Église grecque-orthodoxe, dans de nombreuses  congrégations protestantes, dans l’anglicanisme  et dans la mouvance catholique intégriste.  Il ne s’agit donc pas d’un épiphénomène, mais bien de la raison d’être du christianisme.

Comme le christianisme s’est établi comme religion d’Etat à travers le monde pendant près de deux millénaires, la haine des Juifs continue d’irriguer les soubassements de la conscience collective, même là ou la religion est en déclin.   C’est ce qui explique qu’en sécularisant l’antisémitisme, les régimes nazis et communistes n’ont pas éprouvé le besoin d’en démontrer le bien-fondé auprès des masses. C’est aussi ce qui explique l’antisionisme, qui n’est qu’un travestissement de l’antisémitisme séculaire.

Idéologie et économie en Israël même combat ?

Singapour est dirigé par une même famille et le même parti politique depuis près de soixante ans. Le taux d’application de la peine de mort y est parmi les plus élevés du monde. L’Etat peut infliger à ses opposants politiques, comme à des délinquants de droit commun, des détentions administratives illimitées. La population est sous surveillance et est exposée à une répression permanente. La presse est censurée et l’Internet filtré.  La possession d’antennes paraboliques de télévision est interdite. Les bonnes mœurs sont décrétées par l’Etat.

Singapour jouit néanmoins d’une économie prospère et moderne. Elle est classée au haut de l’échelle dans l’indice mondial de l’innovation, dont le High-tech est l’un des piliers. La confiance des marchés financiers lui est acquise depuis longtemps et pour longtemps.  L’afflux de capitaux y est massif.

Singapour est classée AAA par les agences de notation Moody’s, S&P et Fitch, avec en prime une perspective stable. Les Emirats Arabes Unis et le Qatar sont d’autres exemples d’économies qui ne doivent pas grand-chose à la démocratie mais qui sont néanmoins appréciées par Moody’s et compagnie, malgré leur constitution basée sur la Charia.

Contrairement à une idée colportée par certains médias, Moody’s a récemment exprimé des réserves concernant l’économie israélienne non pas par rapport à la réforme judiciaire en marche, mais par crainte d’instabilité politique vu l’ampleur des manifestations antigouvernementales.

Ce n’est pas parce que le gouvernement d’Israël est détestable pour beaucoup d’entre nous et qu’il est noyauté par des ultraorthodoxes fanatiques et des messianiques fascisants, que tout est permis pour le déloger. La rhétorique est choquante, de ceux qui s’emploient à scier la branche de l’économie sur laquelle nous sommes tous assis. L’idée que la réforme judiciaire ébranlerait l’économie si par malheur elle passait est une fable contreproductive. La bourse et la monnaie israélienne sont attaquées parce que les marchés  ont horreur de l’incertitude, quelle qu’en soit la nature. L’argument consistant à établir un lien entre la perspective d’une dictature et la faiblesse de l’économie est une contrevérité qui empoisonne le débat.

Ne nous trompons pas de combat.  La bataille qui déchire le pays en ce moment est une bataille entre démocratie et théocratie. C’est  un conflit idéologique et éthique. Espérons que la démocratie l’emportera, mais laissons  l’économie en dehors de l’équation.

Anne Sinclair ou la Tartuffe de service

Anne Sinclair a récemment publié une tribune dans le journal « Le Monde ».  Elle a choisi ce quotidien antisioniste proche de l’islamogauchisme pour s’attaquer à Israël.

La « Loi du Retour » est une disposition de l’Etat d’ Israël qui garantit à tout Juif le droit d’immigrer à tout moment et de devenir citoyen sur simple demande. Cette loi stipule que « L’État déploiera des efforts pour garantir la sécurité des membres du Peuple Juif et de ses citoyens se trouvant en détresse ou emprisonnés en raison de leur judéité ou de leur citoyenneté ».

Les Juifs à travers le monde qui sont partie prenante de la « Loi du Retour », concrètement ou symboliquement, pour eux-mêmes ou pour leurs descendants,  maintenant ou plus tard, ont une obligation de réserve envers Israël, qui s’engage à accueillir les Juifs de la Diaspora en temps de paix comme en temps de crise.

Il y a quelques années, quelque 400 Juifs britanniques ont écrit à l’Ambassade d’Israël à Londres pour lui signifier qu’ils rejetaient à titre définitif tout recours à la « Loi du Retour ». Ils ont déclaré ne pas se sentir concernés par cette loi, ni concrètement ni symboliquement, ni pour eux-mêmes ni pour leurs descendants, ni maintenant ni plus tard. Ils ont donc le droit moral de critiquer Israël et même de lui être hostile en vertu de la liberté d’expression.

Si Anne Sinclair estime qu’elle n’a pas de devoir de réserve envers Israël elle devrait faire pareil. Elle pourra alors publier des tribunes contre l’Etat juif dans tous les torchons du monde en ayant la conscience tranquille.

Israël en l’absence d’une Constitution

La démocratie est un système de gouvernement et un cadre légal qui  s’adapte aux peuples de manière dynamique. La crise actuelle révèle à quel point  Israël n’est pas politiquement mûr de ce point de vue-là. La coalition au pouvoir n’a pu déposer son invraisemblable projet de réforme judiciaire que moyennant un néant constitutionnel.

Il faut d’urgence une base juridique de gouvernance afin d’exclure toute dérive totalitaire, qu’elle soit d’inspiration théologique ou idéologique.

Le hasard a voulu qu’en ce moment même il y ait une situation tendue en  France, avec des manifestations de grande ampleur. Bien que celles-ci semblent plus violentes qu’en Israël, les enjeux sont très différents.  En France il s’agit d’un mouvement social,  alors qu’en Israël nous assistons à un conflit civilisationnel entre une droite libérale, laïque, patriotique d’une part, et une droite obscurantiste, théocratique  et fascisante d’autre part.

La gauche quant à elle est pratiquement absente de l’échiquier politique, mais demeure influente dans la magistrature. Cela a pour effet que quand la Knesset légifère, la Cour Suprême dispose du droit d’annuler des lois si elle les juge déraisonnables, et peut le faire sans base juridique, logique ou constitutionnelle pour l’étayer. A sa seule discrétion, donc.

La Cour Suprême se comporte parfois comme une force politique à part entière mais dispose du pouvoir de retoquer des lois votées à la majorité par un parlement pourtant élu au suffrage universel. Cette anomalie existe depuis des décennies, mais la magistrature n’a jamais voulu céder la moindre parcelle de pouvoir malgré de nombreux appels à la réforme par une grande partie de l’opinion publique.

Cela a conduit l’extrême-droite et les partis ultra-orthodoxes du gouvernement actuel à soumettre à la Knesset une réforme judiciaire insensée, où les magistrats seraient désignés par le pouvoir en place et où la Cour Suprême n’aurait plus qu’un rôle consultatif.

Il est difficile de faire des prédictions, surtout quand il s’agit de l’avenir, comme disait l’autre. Mais ce qui pourrait arriver, du probable à l’improbable, pourrait être une marche arrière du gouvernement, sa chute suite à un désaccord interne, un compromis avec l’opposition, une paralysie des institutions, un coup d’Etat, ou une guerre civile.

Le problème est et demeure l’absence de Constitution,  bien que le pire ne soit jamais certain.

Israël démocratique et juif ?

Depuis l’indépendance d’Israël en 1948, et pendant des décennies, il allait de soi que le courant politique dominant était celui d’une social-démocratie accommodante, à la fois avec l’humanisme et  le judaïsme. C’était d’ailleurs ce que la plupart des pères fondateurs avaient souhaité. Mais les temps ont changé, et il va falloir déterminer ce que signifie « Israël Etat juif et démocratique », selon la formule consacrée.

En réalité cette formule implique une hiérarchie dans les termes. La s0ociologie de la population a changé, et l’espèce de consensus  qui a longtemps prévalu ne semble plus avoir cours face à la polarisation de la vie politique. Les nouvelles générations n’ont peut-être pas grandi, à tort ou à raison, avec le sentiment qu’une menace existentielle pesait encore sur Israël.

Suzie Navot est professeure de droit constitutionnel et vice-présidente de la recherche à l’”Israël Democracy Institute”. Elle est opposée au projet de réforme du gouvernement actuel.  Mais au-delà de cette prise de position il est intéressant d’entendre ce que cette juriste au dessus de tout soupçon  entend par Israël pays « juif et démocratique ».

Au cours d’une interview récente Navot explique que cette formule doit être comprise « dans cet ordre ». En d’autres termes qu’Israël est d’abord juif et ensuite démocratique. Elle estime que le pays ne pourra jamais être cent pourcent démocratique, parce que la démocratie doit parfois céder la place au caractère juif de l’Etat. Cela  entraine que certains droits, au sens humaniste du terme, ne seront jamais accordés dès lors qu’il entreraient en conflit avec des valeurs juives. Navot précise qu’elle assume cela et estime qu’il fait bon vivre dans un tel pays en tant que juif.

Perfide Dieudonné

L’humoriste Dieudonné, antisémite notoire, a récemment demandé pardon aux Juifs en publiant une tribune dans le mensuel franco-israélien « Israël Magazine ».

Il faut que la liberté d’expression soit la plus large possible, ce qui fait que ce périodique est dans son rôle en publiant Dieudonné. Mais cela signifie aussi que l’on est libre de s’exprimer contre ce qui est dit, montré ou publié quand on est en désaccord.

C’est au nom de cette même liberté d’expression qu’il est permis de dire que Dieudonné est haïssable, et que le tort qu’il a fait aux Juifs est impardonnable. Cet énergumène s’est employé sans relâche à semer la haine antijuive dans ses spectacles, dans les médias et au travers de ses engagements politiques. Il a cautionné le négationnisme le plus académique tout comme l’antijudaïsme le plus primaire. Il ne fait aucun doute que de nombreux antisémites se sont sentis confortés par Dieudonné dans leur détestation du monde juif. Il s’est associé à tout ce que le monde compte de plus obscurantiste, barbare et criminel, dans le seul but de nuire aux Juifs de manière à la fois abjecte et efficace, faisant appel aux instincts pervers d’une certaine populace. Dieudonné est de ceux dont les mots peuvent tuer.

Il faut savoir que Dieudonné est inculte et d’une ignorance crasse. Ses déclarations où il prétend regretter le mal qu’il a causé démontrent qu’il n’a toujours pas compris ce que c’est que le peuple juif, ni ce que c’est qu’Israël. Il entend prouver sa bonne foi en mettant en avant son éducation chrétienne, mais cet illettré bête à mourir ne sait même pas que le christianisme est à l’origine de l’antisémitisme, et que c’est même sa raison d’être. Se réclamer de cette religion qui n’a eu de cesse d’appeler à la  persécution des Juifs tout au long de l’Histoire est stupide et d’une coupable maladresse. Dans une interview avec « Israël Magazine », Dieudonné évoque Benoît XVI en guise de maitre à penser. Mais ce Pape a été membre des Jeunesses hitlériennes et a réhabilité une prière catholique consistant à traiter les Juifs de « perfides ».

Mais Dieudonné n’est jamais en panne d’humour. Sa dernière blague en date est à mourir de rire : il  dit qu’il « n’est pas, et qu’il n’a jamais été, antisémite ».

L’Etat d’Israël n’est pas né de la Shoah

L’idée reçue selon laquelle la Shoah serait à l’origine, ou aurait été déterminante, pour la création de l’État d’Israël est une contrevérité historique et une offense faite aux héros du Yichouv qui ont lutté, souvent les armes à la main, pour l’indépendance d’Israël en expulsant les occupants britanniques de Palestine.

La fable d’un État juif concédé en compensation de la Shoah est malveillante. Elle vise à délégitimer Israël en insinuant que sa création serait un caprice de l’Occident, pris de remords après la découverte de l’horreur nazie, au détriment des populations arabes du Moyen-Orient.

Selon cette narration pernicieuse, Israël serait une anomalie, un anachronisme, une injustice coloniale maquillée en réparation humanitaire. Ce récit est faux. La réalité est que le projet sioniste était déjà bien avancé avant la Seconde Guerre mondiale.

Comme le rappellent des historiens sérieux, parmi lesquels Georges Bensoussan[1] et Yehuda Bauer[2], la marche vers la création de l’État d’Israël avait été engagée depuis plus de soixante ans avant la Shoah.

La sécurité sociale du Yishouv, ses syndicats ouvriers, son système de transport, sa police, l’université hébraïque, son infrastructure agricole, la renaissance linguistique, ses prémices technologiques — tous ces éléments d’un État en gestation étaient en place avant 1939.

Bensoussan mentionne que des bataillons entiers de jeunes Juifs d’Europe, formés aux métiers agricoles et aux techniques militaires en vue de leur aliyah, étaient prêts à venir renforcer le Yichouv. Ces jeunes ont péri dans les camps de la mort, fauchés avant d’avoir pu rejoindre la terre d’Israël.

La Shoah n’a donc pas facilité la création de l’État d’Israël. Elle l’a au contraire compromise en détruisant la génération qui devait en être la force vive.

Yehuda Bauer souligne, dans ses travaux fondamentaux, que si l’émigration juive vers la Palestine n’avait pas été entravée par les autorités britanniques dans les années 1930 (par le Livre blanc de 1939), des centaines de milliers de Juifs auraient pu être sauvés, et la création d’Israël se serait faite plus rapidement et plus puissamment.

Pour Bauer, le lien causal entre la Shoah et la création d’Israël est un mythe historique  : la Shoah n’a pas «  donné  » Israël  ; elle a au contraire failli empêcher sa naissance en décimant une partie essentielle du peuple juif. L’État d’Israël n’est donc pas une conséquence de la Shoah, mais son démenti.

C’est cette vérité qu’il faut transmettre aux jeunes générations  : Israël n’est pas un pays de réfugiés ni de rescapés. Israël est l’expression politique d’un projet de libération nationale qui existait avant Auschwitz et qui se serait de toute façon réalisé, car il répondait à une nécessité existentielle ancrée dans l’histoire millénaire du peuple juif.

La Shoah n’a pas créé Israël. Israël est né malgré la Shoah.

***

[1] Historien spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, en particulier, des mondes juifs.

[2] Historien et un universitaire israélien spécialiste de la Shoah.

Les leçons des élections

La coalition qui vient de remporter les élections en Israël n’est pas l’œuvre de Benjamin Netanyahu, mais celle d’une mouvance idéologique dont le socle est le parti Likoud. Ces élections ne marquent pas non plus la défaite de l’opposition au Likoud, mais celle de frères ennemis au sein même de cette famille politique.

L’hostilité de ces dissidents les a menés au suicide en proposant comme thème de campagne la détestation du chef de file, et non pas un programme de gouvernement. Les rivaux issus du propre camp de Netanyahu ont voulu l’éliminer de la vie publique par des moyens déshonorants et provoqué depuis des années des élections superflues, inutiles et nuisibles. Ils ont bricolé des alliances hybrides en dépit du bon sens, et violé les engagements les plus élémentaires envers leur électorat. Ainsi va la vie de famille, quand on se dispute pour un héritage alors qu’il n’y a ni testament, ni notaire, ni défunt.

Nul doute que l’inquiétude que ressentent maintenant ceux qui aspiraient à être calife à la place du calife est sincère. Le gouvernement dirigé par Netanyahu va disposer d’une majorité assez confortable pour ne pas être exposé à des défections ponctuelles. Il n’est pas non plus tributaire d’une rotation entre deux chefs qui auraient vocation à se torpiller l’un l’autre. Ce gouvernement a des chances de durer.

Le Likoud détient la moitié des sièges de la coalition actuelle. C’est un parti libéral du point de vue économique, qui n’est ni religieux ni extrémiste comme l’autre moitié. Les adversaires du Likoud sont dans leur rôle dans l’opposition, mais la plupart de ceux qui lui sont idéologiquement apparentés ont maintenant le devoir de le soutenir.

Donc rien, sauf leur ego, ne les empêche de rallier le Likoud à la Knesset pour faire contrepoids à l’extrême-droite et aux ultra-orthodoxes. S’ils tiennent vraiment à faire barrage à l’extrémisme, c’est le moment de le démontrer. Ils seraient irresponsables de ne pas le faire, en particulier si Netanyahu le leur propose.

Ils doivent avaler leur chapeau, exercice plus difficile que de retourner leur veste. Ils l’on tellement fait qu’à ce stade elle doit être usée.

Mahmoud Abbas le récidiviste

Il y a quelques semaines à peine Mahmoud Abbas, Président de l’Autorité Palestinienne, se demandait si « au bout de 74 ans depuis la Nakba et l’occupation, le temps n’est pas venu de mettre un terme à l’occupation pour que le peuple palestinien soit libre et indépendant  ». En d’autres mots qu’il n’y a pas de place pour un Etat juif dans la Palestine historique. Certains ont vu un lapsus dans cette référence à 1948, année de la naissance de l’Etat d’Israël, mais considérant les antécédents d’Abbas il ne fait pas de doute qu’il exprimait là le fond de sa pensée, volontairement ou pas.

Il faut savoir qu’Abbas est titulaire d’un doctorat sous forme de thèse négationniste. D’après lui la Shoah est une mystification dont les Juifs se sont servis pour s’emparer de la Palestine. Depuis lors Abbas n’a eu de cesse que de contester non seulement la légitimité d’Israël, mais aussi celle du peuple juif lui-même par ses déclarations antisémites à répétition.

La semaine dernière ce récidiviste a été reçu à Berlin par le chancelier Olaf Scholz. Abbas n’a pas voulu exprimer de regrets concernant l’assassinat de 11 athlètes israélien à Munich en 1972 par le Fatah, organisation  aujourd’hui sous sa direction. Il a minimisé ce massacre en disant que ce n’est pas grand-chose en comparaison des 50 Shoah perpétrées par les Juifs depuis 74 ans.

Basé sur cette révélation en forme de scoop il appert donc que 300 millions de Palestiniens auraient été exterminés par les Juifs. Mais il y a là une impasse logique: étant donné que le docteur Abbas estime lui-même que la Shoah juive  n’a jamais eu lieu alors ça fait combien 50 Shoah palestiniennes multipliées par zéro ?

Encore un gouvernement de désunion nationale ?

Le gouvernement de Naftali Bennett a vécu. La question maintenant est d’essayer  de comprendre les raisons de cet échec, et d’en tirer les conséquences en vue des prochaines élections. Il y a à ce propos trois courants de pensée : ceux qui savaient dès le début que ce gouvernement ne serait pas viable, ceux qui ne voulaient pas le savoir, et ceux qui aujourd’hui encore ne veulent toujours pas le savoir.

Pour mémoire, lors de la dernière campagne électorale en date, Bennet avait annoncé quelles lignes rouges il s’interdirait de franchir lorsque viendrait le moment de former un gouvernement: Il s’engageait à ne jamais soutenir Yaïr Lapid[1] comme premier ministre, s’opposait à une coalition qui comprendrait les gauchistes de Meretz[2], et excluait toute coopération avec les Arabes de Ra’am[3].

Après les élections, Bennett a formé un gouvernement en violation de toutes ses lignes rouges. Il s’en est expliqué en arguant que cela avait été le prix à payer pour mettre fin aux élections à répétition, et de disposer ainsi d’un gouvernement stable. Cette coalition s’est d’ailleurs autoproclamée « d’union nationale », alors qu’en réalité une telle  coalition ne s’impose que dans des situations extrêmes, quand il y a menace existentielle, comme par exemple lors de la « Guerre des Six-Jours » en 1967.

L’opposition à Netanyahu est légitime, mais former une coalition hétéroclite avec pour seul point commun de considérer que Netanyahu constitue une « menace existentielle », est extravagant et relève du délire. C’est tellement vrai qu’à peine intronisés, des membres du gouvernement Bennett se sont mis à menacer de le faire tomber s’ils n’obtenaient pas satisfaction sur des points mineurs. C’est d’ailleurs ce qui a fini par arriver, ce qui démontre que  les propres piliers du gouvernement ne prenaient pas au sérieux l’épouvantail donquichottesque de la « menace existentielle ».

On a beaucoup reproché à Netanyahu de ne pas se retirer et permettre ainsi à une force nouvelle d’émerger pour mettre fin à la crise de régime. Mais cet argument est à double tranchant : si l’on estime qu’il suffirait que Netanyahu s’éclipse pour régler le problème, on peut aussi penser que si le veto contre lui était levé le problème serait réglé encore plus vite. Bien que le bloc qui soutient Netanyahu ne suffise pas pour dégager une majorité parlementaire, au moins dispose-t-il d’un soutien plus important que n’importe lequel des leaders qui lui sont hostiles. C’est d’autant plus flagrant que l’électorat de droite est majoritaire dans le pays, et qu’il ne serait que démocratique que ce soit ce courant-là qui détienne le pouvoir.

On en arrive au paradoxe qu’un intellectuel de gauche comme Gideon Levy, journaliste emblématique du quotidien « Haaretz », post-sioniste notoire, en vient à considérer que l’opposition contre Netanyahu est une pathologie.  Voici l’essentiel de ce qu’il en dit lors d’un entretien avec Moshe Feiglin [4]: « Netanyahu est une personnalité impressionnante et talentueuse qui a de nombreuses réalisations à son actif. La rage de ses opposants à vouloir l’écarter à tout prix est insupportable. Je ne peux m’associer à cette campagne haineuse et irrationnelle. J’attends de ses adversaires qu’ils proposent quelque chose et quelqu’un, mais je ne vois rien ni personne arriver. Face à cet vide abyssal, et bien que je ne sois pas de son bord, j’en viens à conclure que je préfère Netanyahu. »

Qui dit mieux, à gauche ?

 

 


[1] Président et fondateur de Yesh Atid parti centriste.

[2] Meretz est un parti de gauche, membre de l’Internationale socialiste.

[3] Ra’am est un parti politique arabe proche des « Frères Musulmans ».

[4] Homme politique de droite, partisan de la séparation entre la religion et l’Etat, libéral au plan économique.

Yuval Dayan ou la duplicité en chantant

Lors de la visite récente du Président des Etats-Unis en Israël, la chanteuse Yuval Dayan  a chanté en son honneur au cours d’une cérémonie officielle. Le Président a été ému par sa performance, et a voulu lui serrer la main. Elle est restée les bras croisés, et a ostensiblement refusé la main tendue sous prétexte que sa religion lui interdisait tout contact avec des hommes. Joe Biden, d’un naturel accommodant, ne s’en est pas formalisé. Il n’en reste pas moins que duplicité de Dayan et son manque de savoir-vivre a déclenché une vive polémique.

La foi de Dayan semble être à géométrie variable. Il faut savoir que le judaïsme orthodoxe interdit non seulement aux femmes de serrer la main des hommes, mais aussi de chanter devant eux. Maïmonide, autorité majeure de la Loi juive, était hostile à la musique en général, excepté dans le cadre strict de la religion. Quant à Ovadia Yosef, grand-rabbin d’Israël et décisionnaire de premier plan, il interdisait aux femmes de chanter à la radio, à la télévision, et de se faire enregistrer.

Pourtant la députée Tzipi Hotovely, juive orthodoxe elle aussi, déclarait quand elle était Ministre qu’elle serrait la main des hommes parce que la Loi juive commande d’être courtois avec des dignitaires étrangers. Mais peut-être Dayan a-t-elle créé une nouvelle secte, dont la pratique consiste à vouloir le beurre et l’argent du beurre.

Chute d’un gouvernement sans gouvernance

Naftali Bennett fut un combattant d’élite de Tsahal et en est sorti officier de réserve au grade de major. Après l’armée il  a fait carrière dans  l’industrie des technologies de pointe. Ensuite il est entré en politique dans le parti Likoud aux côtés de Netanyahu. En 2012 il a crée son propre parti dans le but de se positionner idéologiquement à la droite du Likoud, tout en lui restant proche.

Yaïr Lapid a été journaliste, chroniqueur, écrivain, et animateur de télévision. Ce surdoué de la communication, charismatique et consensuel jouissait à l’époque d’une grande popularité. Il avait d’ailleurs  été suivi à la trace par les médias dès son plus jeune âge, étant le fils d’une écrivaine réputée[1] et d’un père ministre[2]. Il est entré en politique il y une dizaine d’années, annonçant d’emblée qu’il aspirait aux plus hautes fonctions.

Lors de la campagne électorale de 2021 Bennett s’adressait au pays dans les termes suivants [3]: « regardez-moi bien en face et écoutez ce que je dis: je ne contribuerai en aucune manière, à aucune condition, dans quelque configuration que ce soit,  à un gouvernement où Lapid serait premier ministre, que ce  soit de manière conventionnelle ou par rotation. Il est hors de question d’intégrer cet homme dans ma coalition du simple fait qu’il s’agit d’un gauchiste. Quiconque prétend autre chose ment. Il ne faut pas croire à la rumeur  qui circule, selon laquelle je m’apprêterais à former une coalisation avec Lapid ; c’est de la foutaise. Quant à Meretz, j’exclue évidemment la participation de ce parti parce qu’il s’oppose au principe même d’un Etat juif et démocratique. Je m’engage donc à ne jamais soutenir de constellation autre qu’un gouvernement ancré à droite. Quant à mon rival Netanyahu, je le mets en demeure de s’engager à ne pas chercher à séduire l’électorat arabe en s’alliant avec le parti Ra’am[4]. » 

Le 13 juin 2021 Bennet remporte les élections. Il forme un gouvernement dont lui et Lapid assureront la fonction de premier ministre par rotation. La coalition de Bennett intègre Ra’am (proche des Frères Musulmans) ainsi que des formations traditionnellement hostiles à la droite, dont Meretz (extrême gauche) et Avoda (socialiste). Son gouvernement s’autoproclame d’union nationale alors qu’il n’a qu’un seul député d’avance sur l’opposition.

Bennet s’en explique en disant qu’il est conscient que sa décision est impopulaire, mais qu’il l’assume dans l’intérêt supérieur de la nation. Il admet que sa coalition est hétérogène et qu’elle pourrait être difficile à gérer, mais que tout doit être tenté pour mettre fin aux élections à répétition. Il pense ainsi atteindre son objectif de disposer d’un gouvernement stable et durable pour quatre ans. A noter qu’il a exigé d’être Premier Ministre avant de passer la main à Lapid, pourtant à la tête d’une  formation qui dispose de près de trois fois plus de députés que lui.

Le seul argument consistant que Bennett avait pu avancer pour justifier sa désertion idéologique et le reniement de ses principes avait été que cela devait garantir une stabilité et une durabilité à son gouvernement hybride. Mais très tôt des lézardes sont apparues. Au bout de quelque temps des membres de la coalition se sont mis à être de plus en plus critiques. Plusieurs députés ont fini par retirer leur soutien, et le gouvernement  est tombé au bout d’à peine un an, conséquence inévitable de son inconséquence.

Ce qui se profile maintenant, c’est que l’électorat de droite, déçu par la vaine volte-face de ses représentants sans rien en échange, pourrait cette fois-ci plébisciter le retour de Netanyahu sur base d’une majorité plus confortable que jamais.

Bennett et Lapid sont des personnalités respectables et des patriotes au-dessus de tout soupçon. Cependant ils ont peut-être vocation à déployer leurs talents dans la société civile plutôt que dans le monde politique.

[1] Shulamit Lapid

[2] Tommy Lapid.

[3] Les sources de ces propos peuvent être identifiées au moyen des liens ci-dessous :

[4] Le parti Ra’am est un parti arabe proche des « Frères Musulmans ».

Annie Ernaux et la bête immonde

Annie Ernaux est une écrivaine française de talent, dont l’œuvre est essentiellement autobiographique. Elle vient d’un milieu modeste, où ses parents étaient exploitants d’un café-épicerie après avoir été ouvriers. A force de travail et de persévérance Ernaux arrive à s’extraire de son milieu et devient agrégée de lettres. Elle gardera toute sa vie un sentiment de culpabilité par rapport à la classe sociale dont elle est issue, mais , dont elle s’est éloignée par la force des choses.

Ernaux est lauréate de nombreux prix littéraires, dont le Renaudot en 1984 pour son ouvrage « La Place ». Elle figure parmi les grands écrivains français de notre temps. Elle est récemment passée à la télévision sur France 5, où elle était le principal centre d’intérêt. Indépendamment de sa belle plume, on a pu découvrir la dérive morale et intellectuelle de cette  femme de lettres par ailleurs brillante. Ernaux est néoféministe, raciste, indigéniste, communiste, antisémite, décoloniale, neoécologique, propalestinienne, ennemie d’Israël et militante de la France Insoumise depuis 10 ans. Elle est une inconditionnelle Jean-Luc Mélenchon, leader de ce parti islamogauchiste, qui adore lui aussi fréquenter les antisémites de son parti ou d’ailleurs.

Ernaux a cosigné dans le quotidien « Le Monde » une tribune de soutien à Houria Bouteldja, antisémite notoire, et appelé au boycott d’une manifestation culturelle franco – Israélienne.   Son amie Bouteldja juge que Miss Provence était indigne de participer à Miss France, parce qu’elle avait un père israélo-italien.  Elle trouve d’ailleurs d’une manière générale qu’on « ne peut pas être Israélien innocemment » et suggère d’envoyer tous les sionistes au Goulag.  C’est cette scélérate proche des pires ennemis de Juifs que soutient Annie Ernaux, qui n’a même pas l’excuse de l’ignorance.

L’incendiaire incendiée

Jabas Asraa est une mère de famille arabe d’Est-Jérusalem âgée d’une trentaine d’années.  Un matin de septembre 2015 elle décide de massacrer des Juifs au moyen d’une bonbonne de gaz qu’elle charge dans sa voiture avec l’aide de son mari. Lors d’un contrôle de routine un policier demande à voir son permis de conduire. Au lieu d’obtempérer elle hurle « Allahu akbar » et fait exploser sa bombe. Le policier et elle-même sont grièvement brulés, mais survivent à l’explosion.

Lors du procès elle reconnait avoir échafaudé de longue date son attentat . Sa page Facebook témoigne d’ailleurs de son souhait de mourir en martyr en tuant le plus de Juifs possible, et contient des menaces explicites. Suite à son crime elle est condamnée à 11 ans de prison.

Asraa a récemment demandé aux services médicaux de la prison de procéder à une intervention visant à réparer son nez brûlé lors de sa  tentative de meurtre.  Il s’agit d’une opération esthétique pour pallier aux troubles psychologiques dont elle dit souffrir depuis qu’elle a échoué à réduire des Juifs en cendres.

Asraa a été opérée de la main à deux reprises, mais concernant son nez les services médicaux de la prison ont considéré que cette intervention ne relevait pas d’un strict impératif sanitaire.

Asraa fait maintenant appel à la Cour Suprême pour qu’elle enjoigne  l’administration pénitentiaire à financer l’opération sur base d’une nouvelle expertise. A noter que le policier brûlé avait lui aussi fait à l’époque une demande de chirurgie réparatrice, mais cela lui avait été refusé.

Sans commentaire.

 

 

Bennett ou le voisin intempestif

Naftali Bennett,aujourd’hui major de réserve, fut un combattant d’élite de Tsahal[1]. Après son service militaire, il a mené une brillante carrière dans les technologies de pointe avant d’entrer en politique. Patriote au parcours remarquable, il est devenu Premier ministre d’Israël, mais la politique ne semble peut-être pas lui convenir aussi naturellement qu’on aurait pu le croire.

À son arrivée à la tête du gouvernement, la résidence officielle du Premier ministre, à Jérusalem était en travaux. Mais Bennett a d’emblée annoncé qu’il n’avait pas l’intention de s’y installer. Il continuerait à vivre dans sa villa de Raanana, d’où il assumerait ses fonctions.

À sa demande, le conseiller juridique du gouvernement a requalifié sa résidence privée en résidence officielle. L’argument avancé était qu’un déménagement à Jérusalem serait perturbant pour sa famille. Il est d’ailleurs de notoriété publique que son épouse n’apprécie guère les contraintes liées à la fonction.

Résultat : la villa de Raanana a subi des aménagements lourds — et très coûteux — pour répondre aux exigences de sécurité du Shin Bet. Murs dressés en pleine rue, pylônes, projecteurs, caméras, gardes en faction, accès strictement contrôlé : ce quartier résidentiel paisible s’est brutalement transformé.

Pour les voisins, cette mutation est une calamité. La qualité de vie s’est effondrée, entre les travaux, les mesures de sécurité et l’agitation constante. Si tout cela avait été dicté par une impérieuse raison d’État, ils auraient pu faire preuve de patience. Mais il s’agit clairement d’une décision personnelle, prise pour le confort de la famille . On comprend mal pourquoi leur tranquillité passerait avant celle de tout un voisinage.

Bennett est pourtant un homme attaché aux symboles, et notamment à celui de Jérusalem. Il est donc surprenant qu’il ait préféré recevoir à Raanana les délégations étrangères, au lieu de le faire, comme il est d’usage, dans la capitale.

Selon la chaîne Aroutz 13, la facture des travaux avoisinerait les 45 millions de shekels — une somme considérable pour un mandat qui, au mieux, devait durer deux ans. Une dépense difficile à justifier vis-à-vis du contribuable.

Naftali Bennett reste toutefois un homme dans la force de l’âge, courageux et ambitieux. Si l’avenir politique devait se refermer pour lui, nul doute qu’il saurait relever de nouveaux défis, ailleurs.

[1] Armée de défense d’Israël (Tsahal)

Pie XII et les Juifs

L’obligation doctrinale de  tourmenter les Juifs repose sur les textes fondateurs du christianisme. Parmi les premiers ayant eu force de loi dans l’Empire romain, il y eut  les conclusions du Concile de Nicée en l’an 325, qui décrétaient déjà que « c’était chose indigne, que de suivre en ce point la coutume des Juifs… Les Juifs sont si fort éloignés de la vérité, même en ce point, qu’ils célèbrent deux fois la fête de Pâque en une année ».

Le silence de Pie  XII concernant la Shoah est un fait incontestable du point de vue historique, mais on peut l’interpréter de diverses manières. Il se peut qu’il craignait que les nazis ne déclenchent  de représailles, ou que le souci de protéger les catholiques sous botte nazie était prioritaire, ou que la menace de l’athéisme bolchévique mobilisait toute son attention, etc..

Par ailleurs il semble que nonobstant son silence, Pie XII aurait contribué au sauvetage de Juifs italiens menacés de déportation. Mais l’institution  papale étant de nature spirituelle, elle se situe en principe au-delà des spéculations temporelles. Sachant mieux que quiconque que la matrice de l’antisémitisme était le christianisme, Pie XII aurait pu, s’il l’avait voulu, manifester sa solidarité avec le peuple juif aux prises avec les nazis.  Il n’avait certes pas de canons, mais bien une voix. Il ne s’en est pas servi.

Si l’on considère que Pie XII avait des raisons de se taire concernant la Shoah, alors on peut aussi penser que les Alliés n’auraient pas dû débarquer en Normandie, que les Anglais auraient dû faire la paix avec l’Allemagne, que l’Europe aurait dû accepter de se soumettre au Troisième Reich, et que de Gaulle aurait dû rallier Vichy. Il n’y aurait sans doute pas eu de Deuxième Guerre Mondiale, et on parlerait aujourd’hui allemand à Paris.  On n’en finit pas avec ce genre de raisonnement.

En tant qu’être humain, Pie XII n’était  sans doute pas indifférent au sort des Juifs conduits à l’abattoir. Mais l’on ne peut pas, dans ce contexte, considérer la foi de ce grand chrétien comme un détail. En tant que Vicaire du Christ il devait être imprégné du credo  en vertu duquel le judaïsme est un obstacle à la christianisation – et donc au Salut – du genre humain tout entier.

La persistance du judaïsme ne peut être vécue par la chrétienté que comme un affront. C’est dans ce sens que Pie XII devait d’une certaine manière voir dans l’avènement d’Hitler la main de Dieu. A préciser que bien que germanophile, ce Pape n’avait aucune sympathie envers les nazis. Il estimait cependant qu’il ne pouvait s’opposer à la Providence qui les avait emmenés au pouvoir afin d’éradiquer le judaïsme. Il était convaincu que du point de vue théologique il ne pouvait se mettre en travers de la « Solution Finale », qu’il percevait comme une divine surprise dont les nazis constituaient le bras séculier.

Il n’est pas anodin de relever que l’archevêque anglican  Desmond Tutu récemment décédé avait adressé lors de sa visite au Mémorial de la Shoah à Jérusalem une prière pour l’âme des nazis. Après tout ceux-ci n’étaient de son point de vue, tout comme de celui de Pie XII, que les instruments du céleste Père.

Rien ne pourra jamais exonérer Pie XII de son coupable silence. Pas même sa possible canonisation, outrage ultime à six millions de Juifs partis en fumée. Aucun calcul, aussi rationnel et aussi pragmatique soit-il, aucune contorsion rhétorique ou contrevérité historique ne justifiera jamais qu’il n’ait pas hurlé à la face du monde qu’on était en train de massacrer le peuple juif.

Pie XII était donc un bon chrétien. Toute autre explication de son silence est nulle et non avenue.

Desmond Tutu ou le prélat indigne

L’archevêque Sud-Africain Desmond Tutu est décédé cette semaine à l’âge de 90 ans. Ce grand chrétien, prince de l’Eglise anglicane et prix Nobel de la paix, était aussi un antisémite notoire. Cela faisait des décennies que le centre Simon-Wiesenthal relevait sa judéophobie et son négationnisme de café de commerce.

Tutu minimisait l’ampleur de la Shoah et estimait que les chambres à gaz avaient eu l’avantage de tuer « proprement ».

Tutu accusait les Juifs  de s’être arrogé une exclusivité en matière de génocide et demandait aux survivants des camps d’extermination de « pardonner les nazis[1] ».

Tutu condamnait les Juifs pour avoir « monopolisé Dieu » alors qu’en réalité ils étaient (d’après lui) les ennemis de Dieu et que Jésus était en colère contre eux.

Tutu n’était pas raciste au sens premier du terme. Son antisémitisme était explicitement théologique. Il incriminait les Juifs de ne pas être chrétien, mais ne faisait pas ce reproche aux pratiquants  d’autres religions. C’est la marque même de l’obsession du christianisme, qui commande de liquider le judaïsme dont il est  issu. Le christianisme ne peut admettre la survivance des Juifs autrement que comme témoins souillés pour l’éternité par leur rejet du Christ.

Au mémorial de la Shoah à Jérusalem Tutu a adressé une prière pour les nazis responsables d’avoir exterminé six millions de Juifs.

Tutu accusait les Juifs de faire aux Palestiniens ce que les nazis faisaient aux Juifs. Il estimait que l’Etat d’Israël était terroriste et totalitaire, comparable en cela à l’Allemagne nazie et à l’Afrique du Sud sous Apartheid[2].

Tutu soutenait le BDS, organisation antisémite en faveur d’un boycott  d’Israël avec pour objectif la fin de l’Etat juif.

Tutu accusait les Juifs d’être arrogants et de terroriser les « bons » américains en se servant de la toute-puissance[3] du « lobby juif » aux Etats-Unis.

Tutu avait coutume de dire  « que cela plaise ou non aux Juifs, c’est un peuple particulier. Ils ne peuvent jamais espérer être jugés selon les mêmes normes que celles utilisées pour les autres. » Là aussi ressurgit « l’Enseignement du Mépris » du christianisme tel qu’il a été prêché durant des siècles jusqu’au concile Vatican II. Mais il se peut qu’en tant que dignitaire de l’Eglise anglicane Tutu n’était pas au courant des remises en question des catholiques.

La question est maintenant de savoir si une personnalité comme Tutu qui promeut la haine des Juifs a néanmoins droit à des circonstances atténuantes eu égard à son combat contre l’Apartheid.

La question est aussi de savoir si un prêtre comme Tutu qui avalise l’antijudaïsme chrétien a néanmoins droit à des circonstances atténuantes eu égard à son combat contre l’Apartheid.

Enfin la question est de savoir si un politicien comme Desmond Tutu qui s’appuie sur l’antisémitisme endémique pour nourrir sa propagande a néanmoins droit à des circonstances atténuantes eu égard à son combat contre l’Apartheid.

La réponse est non, non et non.

[1] « Tutu Urges Jews to Forgive The Nazis », San Francisco Chronicle, 27 décembre 1989.

[2] John Allen, Rabble-Rouser For Peace: The Authorised Biography of Desmond Tutu, p. 385

[3] Ibid

Mansour Abbas et Anouar el-Sadate, même combat ?

Mansour Abbas est un homme politique israélien de 47 ans. Bien qu’ayant un diplôme en médecine dentaire, il n’a exercé que  pendant une courte période.  Il milite depuis sa jeunesse pour l’amélioration des conditions de vie de la communauté arabe dont il est issu. Cet érudit enseigne le Coran et se consacre à la promotion d’un Islam modéré.  Il est membre de la faction sud du « Mouvement Islamique Israélien », et secrétaire général du parti arabe Ra’am. Il est aussi député et Ministre chargé des Affaires arabes dans le gouvernement d’Israël.

Les partis politiques arabes israéliens sont traditionnellement hostiles à l’idée même d’un Etat juif, et affichent sans nuances  leur solidarité avec les ennemis les plus irréductibles d’Israël.  Ils estiment que l’avènement de l’Etat juif en 1948 est un accident de l’Histoire qui devra tôt ou tard être revu et corrigé.

Mansour Abbas a récemment participé à un colloque à Tel Aviv sur l’avenir de l’Etat d’Israël, organisé par le quotidien financier « Globes ». Il a été invité à s’exprimer à la tribune en tant que leader politique influent de la communauté arabe d’Israël.

Le journaliste chargé de l’interviewer sur le podium  lui pose la question suivante : « pouvez-vous me dire si vous, en tant qu’Arabe, pouvez admettre Israël en tant qu’Etat juif ? » Mansour Abbas, qui a manifestement une réponse toute prête, répond  sans hésiter: « L’État d’Israël est né en tant qu’État juif. C’est la décision du peuple juif.  Ce serait une erreur que de s’interroger sur l’identité de cet État : il est né juif et le restera. La question maintenant est de déterminer quel est le statut du citoyen arabe dans l’Etat juif d’Israël. »

Cette déclaration sans précédent de la part d’un leader arabe de premier plan est proprement bouleversante. L’avenir dira s’il s’agit d’un cas isolé, ou s’il signale un revirement en profondeur de la conscience collective des Arabes israéliens. On peut l’espérer, mais il faut d’ores et déjà saluer le courage et la vision politique de cet homme qui n’a peut-être pas fini de nous étonner, comme naguère le regretté Président d’Egypte Anouar el-Sadate.

Prions pour que la ressemblance entre leur destin respectif s’arrête là.

Le christianisme selon Leibowitz

Le texte ci-dessous est un extrait de l’ouvrage de Daniel Horowitz paru en 2019 consacré à Yeshayahu Leibowitz.  

Adolf Eichmann[1] refusa, lors de son procès à Jérusalem, de prêter serment sur le Nouveau Testament comme le lui proposait le Président du tribunal. Mais comme il se disait croyant, le tribunal lui permit de jurer « au nom de Dieu » sans que l’on sût au juste duquel il s’agissait. Le monde chrétien en fut soulagé, parce qu’il avait craint – à raison – qu’il n’y eût, durant les débats, association d’idées entre nazisme et christianisme. Mais du point de vue juif il eût été cohérent qu’Eichmann jurât sur le Nouveau Testament, parce qu’en tant qu’artisan de la Shoah, il n’avait fait, du moins du point de vue conceptuel, qu’obtempérer à l’obsession chrétienne de liquider le judaïsme. Cette obsession constitue en effet la raison d’être de la religion créée par Saint Paul de Tarse[2] après la mort de Jésus de Nazareth. Même les chrétiens les mieux disposés par rapport aux Juifs tels que les évangélistes américains ont pour objectif la conversion du peuple juif tout entier après son retour en Israël. Eichmann ne fut donc pour Leibowitz que l’incarnation de deux mille ans d’antisémitisme chrétien.

Martin Luther, fondateur du protestantisme, écrivait au xvie siècle dans son ouvrage « Des Juifs et de leurs mensonges » que

« les synagogues des Juifs et leurs écoles doivent être brûlées, leurs livres de prières détruits, leurs rabbins interdits d’officier, leurs maisons rasées et leurs biens et argents confisqués. On ne peut montrer à leur égard aucune pitié ni aucune bonté, ni leur procurer de protection légale. Ces vers venimeux et vénéneux doivent être punis de travaux forcés ou expulsés une bonne fois pour toutes. Nous sommes fautifs de ne pas les tuer [3]».

Il est frappant de constater la proximité entre la rhétorique antisémite de Luther et celle des nazis. Il n’est pas étonnant que ce qui avait été prêché pendant des siècles à l’Église ait fini par faire partie intégrante de l’inconscient collectif chrétien, tant et si bien que même quand le lien organique entre État et religion fut rompu cela ne mit pas fin à l’antisémitisme.

Les crimes d’Eichmann et de ses complices vis-à-vis des Juifs ne furent que l’aboutissement de ce qui couvait dans la chrétienté depuis les origines. Il est vrai que le déicide dont furent longtemps accusés les Juifs n’est plus à la mode dans l’Église catholique, qui s’abstient depuis la Shoah de mettre les Juifs en cause sur ce point précis. Mais contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le mythe du déicide qui explique l’antisémitisme chrétien, mais bien la survivance du judaïsme en tant que frère ainé. Le concile Vatican II a donc mis une sourdine à l’accusation de déicide, mais pas mis fin à la répulsion endémique à l’égard du judaïsme. C’est ce qui faisait dire à Karl Barth, universitaire et théologien du xxe siècle, qu’

« Israël selon la chair est la forme fantomatique et monstrueuse de la synagogue. La synagogue qui entend la Parole de Dieu et qui, en dépit de tout ce qu’elle entend, demeure encore et toujours sans foi. L’entêtement et la mélancolie des Juifs, leurs lubies et leurs bizarreries. Le mensonge orgueilleux, le messianisme nationaliste et légaliste de la synagogue »[4].

Du point de vue Juif, le christianisme, qui se veut continuation du judaïsme, n’est en réalité qu’une régression idolâtre. Le christianisme emprunte certes des figures bibliques, mais n’est en réalité qu’un sous-produit de l’hellénisme païen. Il est courant d’entendre dire, dit Leibowitz, que Jérusalem est le berceau des trois religions monothéistes, mais en réalité c’est faux. Le judaïsme a commencé en Irak, l’islam en Arabie, et s’il est vrai que le christianisme a commencé à Jérusalem, cette religion n’est pas un monothéisme[5].

Il faut savoir que le monothéisme n’est pas à opposer au polythéisme au sens où le judaïsme postulerait qu’il n’y aurait qu’un seul Dieu. Si par exemple les Grecs avaient supprimé leurs dieux pour ne garder que Zeus, cela n’aurait eu aucune ressemblance conceptuelle avec le Dieu transcendant de la Torah. C’est ainsi que le postulat de la Torah en vertu duquel « Dieu est Un » ne fait pas référence à un nombre, mais que l’essence de Dieu est différente de tout ce qui est connaissable par l’être humain.

Le christianisme est l’antithèse du judaïsme au niveau de la pratique, de la pensée et du concept. Maïmonide mettait déjà en garde au xiie siècle contre « ces Chrétiens avec leurs mascarades qui prétendent porter la parole du Messie. Ce sont des idolâtres et il faut les traiter comme la Torah commande de le faire avec les païens[6]. Y a-t-il un plus grand obstacle à Israël que ce Nazaréen qui prétendait être le Messie ? Alors que les prophètes prédisaient que le Messie serait le rédempteur et qu’il terrasserait les oppresseurs, le Nazaréen a causé la destruction, la dispersion, l’humiliation et l’avilissement d’Israël et de sa Torah. »[7]

Il est notoire que le Pape Pie XII observa durant la Seconde Guerre mondiale un silence assourdissant face aux persécutions des Juifs, alors qu’il est établi qu’il ne pouvait les ignorer. La question est de savoir pourquoi il n’a pas dénoncé ces crimes à la face du monde. La réponse est que c’était sa foi qui le guidait[8]. En tant que représentant de Dieu sur terre, le pape ne pouvait que laisser faire les nazis qui, à ses yeux, accomplissaient l’essence du christianisme. Le pape en tant qu’homme n’était peut-être pas indifférent au sort de millions de Juifs menés à l’abattoir, mais ce grand chrétien voyait dans la Shoah le début de la fin du judaïsme,or c’était cela qui était prioritaire à ses yeux. Sa conviction en tant que Vicaire du Christ était que le judaïsme était un obstacle à la christianisation – et donc au Salut – du genre humain tout entier.

Le rapport du christianisme avec le judaïsme est différent de ce qu’il est avec d’autres religions, parce que le christianisme prétend être le véritable judaïsme. Mais le christianisme étant ultérieur au judaïsme, c’est un peu à l’image du fils qui dépouille son père de son vivant, mais continue de craindre pour son héritage aussi longtemps quel père n’est pas mort. C’est ainsi que le judaïsme est illégitime du point de vue chrétien, et que sa persistance ne peut être vécue que comme un outrage. L’Église ne peut s’y résigner qu’à condition que les Juifs soient stigmatisés en raison de leur mécréance. Autrement dit, plus les Juifs souffrent, plus cela démontre qu’ils ont tort de ne pas adhérer au Christ.

Il est vrai que dans un premier temps l’Église ne souhaitait pas la liquidation physique des Juifs, et leur conversion était même bienvenue, parce que cela corroborait la continuité entre judaïsme et christianisme. Mais comme après quelques générations il s’est avéré impossible de convertir l’ensemble des Juifs, il ne restait plus qu’à aspirer à leur extermination. L’apparition d’Hitler fut donc une aubaine pour le monde chrétien : la besogne allait être exécutée par autrui.

C’est dans ce sens que le Pape Eugenio Pacelli ne pouvait voir dans l’avènement d’Hitler autre chose que la main de Dieu. À préciser que cet aristocrate italien n’avait par ailleurs aucune sympathie pour Hitler, et méprisait les nazis qu’il considérait comme des brutes incultes. Mais il estimait qu’il ne pouvait s’opposer à la Providence qui les avait emmenés au pouvoir afin d’éradiquer le judaïsme. Il était convaincu que du point de vue théologique il n’avait pas le droit d’empêcher la « Solution Finale », qu’il percevait comme l’expression de la volonté divine dont les nazis constituaient le bras séculier.

L’indifférence du monde par rapport à la Shoah lors de la Deuxième Guerre mondiale est inexplicable sinon par la persistance d’un antisémitisme dans la mémoire collective du monde chrétien, qui continue à voir dans l’éradication du judaïsme un impératif civilisationnel. L’antisémitisme religieux a fini par muter en antisémitisme laïque, et a ressurgi avec force même dans les régimes politiques les plus athées.

De nos jours la majorité des fidèles qui maintiennent des pratiques religieuses dans le monde chrétien le font par tradition plutôt que par conviction. Beaucoup fêtent Noël, mais ne croient pas que Jésus ait été le fils de Dieu et ne sont de toute manière pas disposés à mourir en son nom. Mais la méfiance, la phobie, l’aversion, la détestation et la haine des Juifs persistent dans toutes les couches de la société occidentale, que ce soit dans la ruralité, les classes moyennes ou les élites, que celles-ci soient de gauche ou de droite. C’est ainsi que de grands esprits dans cet Occident largement déchristianisé estiment qu’il n’est pas démontré que Jésus de Nazareth ait jamais existé, mais demeurent néanmoins persuadés que ce sont les Juifs qui l’ont tué[9]. Les élites s’abstiennent d’exprimer un antisémitisme explicite, mais continuent de ressentir par rapport aux Juifs une étrangeté ontologique. C’était déjà le cas à l’époque des Lumières, quand Voltaire, Kant, Goethe ou Hegel pensaient que les Juifs n’avaient pas de place dans le monde des Droits de l’Homme qui s’annonçait.

C’est pour cela, conclut Leibowitz, qu’une intelligence entre judaïsme et christianisme est impensable du point de vue conceptuel, et un dialogue n’est possible qu’entre Juifs déjudaïsés et chrétiens déchristianisés[10].

[1] Criminel de guerre nazi condamné à mort en Israël en 1961 pour sa participation à la Shoah.

[2] Paul de Tarse est un Juif pharisien devenu apôtre du Christ et considéré comme fondateur de la chrétienté.

[3] Martin Luther « Des Juifs et de leurs mensonges », 1543

[4]  Karl Barth, « Dogmatique », Éditions « Labor et Fides », 1953

[5] Leibowitz, Correspondance, Éditions « Keter », 1999.

[6] Maïmonide, « Introduction à la Mishna ».

[7] Maïmonide « Mishne Torah », Chap. « Livre des Rois »

[8] Leibowitz, critique de la pièce « Le Vicaire » de Rolf Hochhuth.

[9] Leibowitz, Entretiens avec Michaïl Shashar, « Israël et Judaïsme ».

[10] Leibowitz, critique de la pièce « Le Vicaire » de Rolf Hochhuth.

Colette Avital ou l’emprise du passé

Colette Avital est une femme politique israélienne aujourd’hui à la retraite. Elle a été ambassadeur, consul général, députée, vice-présidente de la Knesset, et candidate à l’élection présidentielle.

Dans une interview au journal Haaretz, elle a récemment relaté qu’elle avait subi il y a près de quarante ans du harcèlement sexuel de la part de  Shimon Peres, Président de l’Etat et Prix Nobel, décédé en 2016. Par la suite ils ont néanmoins collaboré au plan professionnel, et Avital ne s’est jamais exprimée en public à propos des méfaits qu’elle impute maintenant à Peres.

Cette accusation est problématique, parce que si ce qu’Avital avance est vrai, elle n’est pas en mesure de le démontrer, et si elle ment, Peres n’est pas en mesure de se défendre.

Quoi qu’il en soit, le chanteur israélien Nissim Garamè, ami juré de Peres, a appelé les proches du défunt Président à faire entendre leur voix pour défendre sa mémoire. Il a en tous cas fait entendre la sienne, et a déclaré sans équivoque qu’il ne croyait pas Avital, qui d’après lui doit l’ensemble de sa carrière à Peres, sans lequel « elle aurait été employée de supermarché » (sic).  Il est convaincu qu’il s’agit d’une opération de relations publiques destinée à promouvoir l’ouvrage autobiographique d’Avital.

Rina Mazliah, journaliste vedette d’une des principales chaines de télévision, a invité Avital sur son plateau pour qu’elle s’explique sur ses allégations.   En guise de préambule la journaliste a salué le « courage » d’Avital sans que l’on puisse saisir en quoi il est courageux d’accuser un mort,  d’autant que ce genre de « révélation »  est plutôt populaire de nos jours. Mazliah s’est contentée de  présenter Avital comme « victime »  (et non pas comme plaignante), faisant l’impasse sur la présomption d’innocence due au disparu. Elle a bien entendu le droit de croire ce qu’elle veut,  mais un minimum de décence n’aurait pas nui à la qualité de son émission.

Guy Peleg, ce vigoureux zélote du politiquement correct, est un journaliste et commentateur spécialisé en matière juridique.  Il s’est exprimé à ce sujet en disant qu’il était enclin à croire Avital du fait qu’il ne voyait pas quel pourrait être son intérêt de formuler des accusations invérifiables. Il n’a cependant pas précisé dans quelle mesure il a cherché à vérifier.

Il y eut à l’époque une rumeur selon laquelle Avital et Peres entretenaient une liaison secrète, ce que les intéressés ont toujours nié.  Par ailleurs les deux ont été de farouches rivaux lors  des élections présidentielles de 2007, que Peres à fini par remporter.

Ces épisodes ont peut-être laissé des traces douloureuses chez Avital, qui maintenant éprouve le besoin de faire le point auprès du public.

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