Adèle Haenel, passionnément antisémite

Invitée sur France 5 pour présenter son livre, la militante d’extrême gauche Adèle Haenel disposait de la « carte blanche » que l’animateur réserve habituellement à l’un de ses invités. Elle en fait l’usage devant les caméras : « L’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine. »

Il aura suffi de quelques phrases pour qu’une émission littéraire du service public s’effondre en tribune de propagande. Pas de contradiction, pas la moindre nuance : Adèle Haenel assène un verdict, accuse Israël de génocide et la France de complicité, puis exige la sanction. Le plateau, servile, applaudit. La littérature n’aura servi que de paravent ; le service public, de caisse de résonance d’un réquisitoire que rien ne vient tempérer.

Adèle Haenel ne soumet aucune thèse à l’examen : elle décrète, du haut d’une autorité qu’elle s’est arrogée. Elle adopte le ton d’un tribunal révolutionnaire et prononce une sentence sans instruction, sans débat, sans l’ombre d’un doute. Une accusation maquillée en évidence. Elle ne démontre rien, elle désigne un coupable et l’y enferme ; elle n’argumente pas, elle excommunie.

Quant à la « complicité » de la France, le mot sert d’anathème. Il frappe d’infamie quiconque refuse de réciter son catéchisme — selon la mécanique de l’antijudaïsme chrétien, qui désignait le juif comme coupable par nature.

Dans une carte blanche bâtie sur la nécessité d’entendre la parole des victimes, pas un mot sur celles du 7 octobre. Pas un mot sur les massacrés. Pas un mot sur les violées. Pas un mot sur les séquestrés, torturés, agressés sexuellement. Pas un mot sur le Hamas — comme si le bourreau n’existait pas.

Voilà donc, mise à nu, l’imposture : intraitable quand les victimes nourrissent le récit qu’elle a choisi, frappée d’amnésie dès que ces victimes sont israéliennes. Adèle Haenel exige qu’on entende « la parole des victimes » — sauf lorsqu’elle est juive. Certaines souffrances, dans sa hiérarchie morale, ne méritent pas d’être retenues.

Autour d’Adèle Haenel siège Virginie Despentes, qui décrivait les assassins de Charlie Hebdo comme des « gars qui entrent avec leurs armes et choisissent de mourir debout plutôt que vivre à genoux ». Tania de Montaigne et Ananda Devi y apportent leur antiracisme de bazar ; Laurent Binet est passé de Hollande à Mélenchon ; Philippe Claudel y défend un humanisme migratoire éculé. Jaenada et Hassaine construisent une œuvre tournée vers les mêmes obsessions bienpensantes. Pas une voix de droite, pas une voix simplement non alignée : le service public n’a pas réuni un débat, il a convoqué un concile.

Israël, sommé de porter seul le crime absolu. Un théâtre moral de pacotille, où Adèle Haenel s’est nommée procureure — sans mandat, sans contradicteur, sans vergogne, antisémite.

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